Mercredi, la municipalité de Jerusalem annonça la suspension du projet de construction de 1.500 logements dans le quartier Har Homa. Les officiels n’ont donné aucune explication à cette soudaine décision. Mais ce n’était pas nécessaire.

Evidemment la construction d’appartements destinés aux Juifs à Jerusalem a été bloquée dans l’espoir d’apaiser le président des USA Barack Obama.

Mais y a-t-il la moindre raison de croire qu’on peut l’apaiser ? Aujourd’hui, la ‘Maison Blanche’ dégaine des condamnations contre Israël plus vite que l’ONU.
 
Pour déterminer comment prendre en charge ce qui arrive, nous devons comprendre la nature de ce qui survient. D’abord nous devons comprendre que l’hostilité de l’administration a peu de choses à voir avec les actes d’Israël.

Comme Max Boot l’a expliqué mercredi dans le “Wall Street Journal”, l’animosité de l’administration à l’encontre d’Israël est fonction de deux objectifs stratégiques d’Obama, tous deux évidents depuis qu’il a pris ses fonctions : réaligner la politique des USA au Moyen Orient à l’égard de l’Iran et des alliés traditionnels d’Israël et des Etats arabes sunnites, et mettre fin à l’alliance stratégique des USA avec Israël.

Au cours de six années écoulées, nous avons observé que Obama a graduellement, mais constamment pris des mesures pour faire avancer ces deux objectifs. Envers l’Iran, il a montré  une détermination imperturbable vers un compromis avec le terrorisme, la prolifération nucléaire, la répression des droits de l’homme, et la construction de l’empire des mollahs.

Entamées en novembre dernier, alors que la date finale des pourparlers entre les USA et ses partenaires approchait, les tentatives d’Obama pour apaiser Téhéran ont monté en flèche.
 
Obama est prêt à abandonner toute prudence dans un effort désespéré pour convaincre le dictateur iranien Ali Khamenei de signer un accord avec lui. Le mois dernier, l’administration des US a publié un rapport top secret sur les installations nucléaires d’Israël. La semaine dernière, le directeur de la sécurité nationale d’Obama James Clapper a publié une évaluation annuelle de la menace du terrorisme nucléaire qui n’a pas mentionné l’Iran et le Hezbollah.

Cette semaine, l’administration a accusé Israël d’espionner les pourparlers avec l’Iran pour révéler aux membres du Congrès les détails de l’accord nucléaire qu’Obama et ses conseillers ont tenté de leur cacher.

Obama-et-les-juifs

Dans le contexte régional, l’administration n’a rien eu à dire concernant la prise de contrôle par l’Iran du détroit de Bab el-Mandeb et du Golfe d’Aden cette semaine. Avec les adjoints de Houthi contrôlant désormais cette voie maritime stratégique, et avec sa propre maîtrise du détroit d’Ormuz, l’Iran est prête à exercer un contrôle naval sur ces deux nœuds gordiens  d’accès au pétrole arabe.

L’administration des USA assiste les adjoints shiites iraniens dans leur bataille pour vaincre les forces de l’Etat Islamique dans la ville irakienne de Tikrit. Elle n’a rien dit des massacres shiites de sunnites survenus sous son contrôle.

Parallèlement à cette patience infinie pour Téhéran, l’administration Obama a traité Israël avec une hostilité hérissée et toujours croissante. L’hostilité s’est manifestée entre autres choses par des fuites stratégiques d’information hautement classifiée ; par l’exécution d’un embargo sur des exportations d’armes pour Israël en temps de guerre ; par la fin d’un accord de 40 ans de fourniture à Israël de combustible à une époque d’urgence ; en reprochant à Israël de l’absence de paix ; par l’expression d’une tolérance et d’une compréhension envers le terrorisme palestinien ; par la fourniture indirecte d’un soutien à la guerre économique de l’Europe contre Israël, et l’apport indirect d’un soutien au mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) en accusant constamment Israël de mauvaises intentions et de malhonnêteté.

Puis il y a l’ONU. Depuis qu’il a pris ses fonctions, Obama a menacé de retirer son soutien à Israël à l’ONU. Jusqu’à  aujourd’hui, l’administration des USA a opposé son veto à une résolution anti-Israël au conseil de Sécurité de l’ONU et convaincu les Palestiniens de ne pas en soumettre une autre au vote.

Dans les mois précédents ces actions, l’administration a exploité la vulnérabilité d’Israël pour extorquer des concessions massives en faveur des Palestiniens.

Obama a contraint Benjamin Netanyahou à annoncer son soutien à un Etat palestinien en septembre 2009. Il usa de la menace de l’ONU pour obliger Netanyahou à donner son accord à des négociations fondées sur les lignes d’armistice de 1949, à nier  aux Juifs leurs droits de propriété sur Jerusalem, la Judée et la Samarie, et à libérer de prison un grand nombre de meurtriers terroristes.

Après la victoire du camp nationaliste lors des élections de la semaine dernière, Obama a fait monter au pinâcle la crise des relations qu’il a avait instiguée. Il l’a fait pour deux raisons.

D’abord, la date limite pour la signature d’un accord nucléaire avec l’Iran est à la fin mars. Obama voit en Netanyahou l’opposant le plus efficace et le plus affirmé à l’accord en vue.

De la façon dont Obama le voit, Netanyahou menace sa diplomatie nucléaire avec l’Iran parce  qu’il possède une capacité unique pour faire part de ses préoccupations sur l’accord aux législateurs des USA et au Peuple américain, et pour les mobiliser pour se joindre à lui dans l’opposition aux actions d’Obama.

Les lettres adressées par 47 Sénateurs au régime iranien expliquant les limitations constitutionnelles au pouvoir présidentiel pour conclure des traités sans l’approbation du Sénat, comme la lettre à Obama de 367 Membres du Parlement exprimant leurs préoccupations graves et urgentes sur le contenu de l’accord qu’il cherche à conclure, sont des preuves du succès de Netanyahou.
 
La seconde raison pour laquelle Obama est parti en guerre contre Israël, c’est parce qu’il considère les résultats de l’élection en Israël comme une opportunité pour vendre ses positions anti-Israël et pro-Iran au public américain.

Si Netanyahou peut convaincre les Américains de s’opposer à Obama sur l’Iran, celui-ci croit qu’en accusant Netanyahou de détruire les chances de la paix et en le traitant de raciste, Obama sera capable de gagner un soutien suffisant du public à sa politique anti-Israël pour intimider les législateurs Démocrates pro-Israël afin d’accepter sa politique pro-Iran.

A cette fin, Obama a annoncé que sa menace d’abandonner Israël à l’ONU est devenue désormais une certitude. Il n’y a pas de processus de paix, dit Obama, parce que Netanyahou a la témérité de souligner qu’il n’est pas question pour Israël de risquer la transformation de la Judée et la Samarie en une nouvelle base terroriste. Par conséquent sans l’officialiser, Il a tout fait pour abandonner le processus de paix et rejoindre le train anti-Israël en marche à l’ONU.

Suivant la décision d’Obama d’abandonner le soutien à une paix négociée entre Israël et les Palestiniens, les modes de conciliation destinés à montrer la bonne foi d’Israêl, comme le gel des constructions juives, ne sont plus pertinents. Abandonner des projets de construction d’appartements dans des quartiers juifs comme Har Homa, ne fera aucune différence.

Obama est parvenu à un point de sa présidence où il est prêt à donner l’expression totale de son plan pour mettre fin à l’alliance stratégique entre les USA et Israël.

Il pense qu’en procédant ainsi, ce sera à la fois une fin pour lui-même et un moyen de parvenir à réussir dans sa tentative de rapprochement avec l’Iran. 

Avec une réalité aussi sombre, Israël doit développer des moyens pour minimiser les dommages qu’Obama peut provoquer.

Israël doit s’opposer à la politique d’Obama tout en préservant ses relations avec ses partisans américains. Procéder ainsi assurera qu’il est en position de renouer son alliance avec les USA immédiatement après qu’Obama aura quitté ses fonctions.

Concernant l’Iran, une telle politique exige qu’Israël agisse avec les alliés arabes méprisés des USA pour contrôler l’expansionnisme et la progression nucléaire de celle-ci. Cela exige aussi d’Israêl de galvaniser une puissante opposition à l’objectif d’Obama de remplacer Israël par l’Iran comme principal allié de l’Amérique au Moyen Orient en lui permettant de développer des armes nucléaires.

De même pour les Palestiniens, Israël doit considérer l’abandon par Obama du processus de paix comme une opportunité pour améliorer notre position diplomatique en remettant à l’heure  nos relations avec les Palestiniens. Depuis 1993, Israël a été piégé dans la promesse chimérique d’une “solution à deux Etats”.
 
A la fin 2000, la majorité des Israéliens a admis qu’il n’y a aucun moyen de parvenir à une solution à deux Etats. Il n’y a pas moyen de faire la paix avec l’OLP. Mais du fait de l’aversion des dirigeants successifs de risquer une crise dans les relations avec Washington, aucun n’a osé abandonner la stratégie échouée à deux Etats.

Désormais, Obama lui-même déclarant mort le processus de paix en le remplaçant par une politique de pure hostilité envers Israël, Ce dernier n’a rien à gagner en soutenant une politique qui lui reproche l’absence de paix.
 
Quelle que soit la force avec laquelle Netanyahou déclare son allégeance à l’établissement d’un Etat palestinien au Coeur de l’Etat d’Israël, Obama continuera de lui reprocher ainsi qu’à Israël d’être le destructeur de la paix.

L’opinion prévalente de 23 années antérieures au sein de nos cercles dirigeants postule que si nous abandonnons le modèle à deux Etats, nous perdrons le soutien américain, en particulier le soutien américain libéral.. Mais la vérité est plus compliquée.

Inspirés par la Maison Blanche et la Gauche israélienne, les Démocrates pro-Israël ont désormais des difficultés à croire les déclarations de soutien de Netanyahou à l’établissement d’un Etat palestinien. Ceux qui défendent vraiment les valeurs libérales des droits de l’homme peuvent être convaincus de la légitimité de la conviction d’Israël : la paix est actuellement impossible et par conséquent, le modèle de solution à deux Etats doit être mis en veilleuse.

Nous pouvons conserver un soutien aussi bien chez les Républicains et les Démocrates en présentant une politique alternative sensée en l’absence d’une option à deux Etats.

Une telle politique est le modèle de la souveraineté israélienne. Si le gouvernement adopte une politique appliquant la souveraineté israélienne sur la Judée et la Samarie globalement – comme je l’ai recommandé, dans mon livre « La solution israélienne : un plan à Un Etat pour la paix au Moyen Orient », ou bien dans la première partie, section C, comme le ministre de l’économie Neftali Bennett le recommande, nos dirigeants seront en mesure de défendre leurs actions devant le public américain, y compris les Démocrates pro-Israël.

Israël doit fonder sa politique de souveraineté sur deux principes. D’abord, c’est une politique libérale qui assurera les doits civils des Palestiniens comme des Israéliens, et améliorera le standard de vie des Palestiniens.

Ensuite, une telle politique n’est pas nécessairement une « solution » permanente ou à long terme, mais c’est un équilibre stable pour aujourd’hui.
 
Exactement comme la décision d’Israël d’appliquer ses lois sur Jerusalem unifiée et les Hauteurs du Golan dans le passé ne l’ont pas empêché de mener des négociation concernant le transfert possible de zones aux Palestiniens et aux Syriens respectivement, de même une décision administrative d’appliquer la loi israélienne à tout ou partie de la Judée et de la Samarie ne bloquera pas la voie à des négociations avec les Palestiniens quand les conditions palestiniennes internes et régionales les rendront praticables. 

La politique de souveraineté est à la fois libérale et stratégiquement viable. Si le gouvernement l’adopte, la décision reconstruira la crédibilité d’Israël et préservera l’image d’Israël des deux côtés du spectre |politique] à Washington.

Jamais par le passé Israël n’a eu à traiter avec une administration américaine aussi ouvertement hostile. De fait jusqu’en 2009, l’idée même qu’un jour viendrait où un président américain préfèrerait une alliance avec l’Iran de Khamenei à ses alliances traditionnelles avec Israël et les Etats arabes sunnites : elle n’a jamais été envisagée. Mais nous en sommes là.

Notre situation actuelle est déplaisante. Mais ce n’est as la fin du monde. Nous ne sommes pas sans défense. Si nous agissions sagement, nous pouvons enrayer l’avance régionale et nucléaire de l’Iran. Si nous agissons audacieusement, nous pouvons préserver notre alliance avec les USA en adoptant une politique avec les Palestiniens qui pour la première fois depuis des décennies fera progresser nos intérêts et nos valeurs libérales sur la scène mondiale.

Par Caroline B. Glick, 27 mars 2015

Initialement publié dans le “Jerusalem Post”

jewishworldreview.com

Adaptation française de Sentinelle 5775 ©

1 COMMENTAIRE

  1. @ Caroline B. Glick

    je partage votre analyse sur Obama et ses projets funestes contre Israël; toutefois, la question qui se pose aujourd’hui, c’est celle de savoir comment fera Israël pour empêcher l’Iran de produire la bombe atomique pendant la période qui lui reste à accomplir à la Maison Blanche ? Déjà, en 2014, Obama avait envoyé une armada impressionnante dans le détroit d’Ormuz ; non pour empêcher l’Iran de bloquer le pétrole, mais pour empêcher Israël d’attaquer l’Iran; il aurait même menacé Israël de détruire son aviation en vol ! Voilà où nous en sommes de nos relations avec l’Amérique; cela devrait nous faire réfléchir sur le danger de mettre notre confiance entre les mains d’une seule puissance étrangère alors qu’il existe une multitude de possibilités d’équilibrer nos alliances stratégiques .

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