Facebook boycotte la haine palestinienne

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Facebook boycotte la haine palestinienne

Le 9 octobre 2019, le réseau social en ligne Facebook, a supprimé la page du site « Centre Palestinien d’Information » (réseau de presse palestinien qui diffuse des articles concernant les relations entre palestiniens et israéliens, avec une sensibilité « exclusivement palestinienne »). Pour Tomer Mozes et Gabriel Weizman, spécialistes israéliens en communication, ce site diffuse la propagande du groupe terroriste Hamas qui contrôle la Bande de Gaza depuis 2007. Naturellement, cette décision n’a pas manqué de froisser les 5 millions de palestiniens, adeptes quotidiens du CPI, mais rien n’y a fait : Facebook ne veut plus être l’instrument de la diffusion de messages haineux, anti-israéliens.

Le « Centre Palestinien d’Information » publie des articles d’actualité sur le Proche-Orient mais s’est spécialisé dans l’inversion des responsabilités : les actes terroristes menés par les palestiniens sont qualifiés « d’actes de résistance », pendant que les terroristes sont présentés comme des « résistants », ou des « martyrs de l’occupation » (lorsqu’ils se font éliminer par Tsahal). Pour sa part, le Hamas est repris sous l’appellation « mouvement de la résistance islamique », voire « les forces palestiniennes ». Inversement, l’Etat d’Israël, diabolisé, est repris sous le vocable « les autorités d’occupation », « les forces d’occupation », ou tout simplement « l’occupation » pendant que les israéliens sont mentionnés comme étant « des colons », « des extrémistes juifs », ou « des hordes de colons sionistes »…

La philosophie du CPI s’est, ainsi, organisée autour des thèmes classiques de l’idéologie terroriste Hamas : Israël n’existe pas. Il n’y a qu’une entité sioniste, colonisatrice des territoires appartenant aux palestiniens, ces derniers étant obligés de résister puisqu’ils sont les victimes d’une occupation qui serait injuste depuis la naissance de l’Etat d’Israël, (ou plutôt de la Nakba, c’est-à-dire « la catastrophe » pour les palestiniens).

En réalité, ce n’est pas tant l’information tronquée du CPI qui posait problème mais bien les commentaires qu’elle suscitait de la part des internautes commentant, quotidiennement, les inepties palestiniennes trouvées sur la page Facebook. La présentation victimaire des palestiniens par le CPI (générant des messages haineux ininterrompus sur l’Etat d’Israël), était devenue insupportable.

On pouvait, par exemple, lire sur les pages Facebook, « qu’il n’y a rien de plus lâche que d’attaquer ou de tuer un enfant » (en parlant d’Israël), ou encore que Tsahal est une « armée lâche et maudite, assassin d’enfants palestiniens », qui « ne mène pas une guerre aux palestiniens mais qui se livre à un génocide » (sic)… Ainsi, et pour les jeunes adeptes des thèses haineuses, le réseau Facebook était devenu « l’arme des faibles pour organiser la résistance à l’Etat d’occupation » (sic).

Ainsi, la plateforme Facebook permettait aux palestiniens de cracher leur haine d’Israël sous couvert du principe noble de la liberté d’expression. Ils disaient alors se contenter de critiquer « la guerre injuste que mène Israël aux palestiniens » (sic), « le siège horrible de la Bande de Gaza par Tsahal » (sic), ou encore « l’odieux apartheid et le racisme israélien » (sic)… Facebook était ainsi devenu le foyer d’une haine « anti-israélienne », et partant, « anti juive ».

L’Etat d’Israël a donc été contraint de trouver une parade à cette diffusion de propos nauséabonds, insultants et diffamants. En 2014, les suiveurs israéliens de l’information pro palestinienne se sont mis à travailler en étroite collaboration avec la direction de Facebook pour tenter de limiter leur diffusion, de l’arrêter, ou essayer de supprimer des pages entières.

La plateforme Facebook s’est, tout d’abord, chargée de prévenir les internautes, en cas de diffusion de propos haineux (ou destinés à intimider) mais ceux-ci ne comprenaient pas. L’Etat d’Israël a donc commencé à débusquer les vecteurs de haine pro-palestiniens, ce qui a permis à Tsahal d’entamer les arrestations d’internautes diffusant des messages incitant à la haine. Dès 2014, des centaines de terroristes en herbe sur internet ont côtoyé les geôles israéliennes mais ce n’est qu’en 2015, que Facebook s’est associée à une surveillance plus fine.

Un accord a, alors, été passé entre l’Etat d’Israël et Facebook pour stopper la diffusion des messages haineux, fondé sur l’article 144 D 2 du Code pénal israélien (1977) qui réprime « l’incitation à la violence et à la haine ». Ce texte a, alors, été utilisé à de nombreuses reprises, pour empêcher les médias sociaux de relayer les messages haineux.

Toutefois, compte tenu de l’ampleur des dégâts causés, l’Etat juif a été contraint d’engager une campagne d’explication, « la Hasbara », pour corriger et démentir les idées fausses répandues sur Israël. Cette communication a, une nouvelle fois, mis en relief le rôle de Facebook : le réseau social était devenu une plate forme pour la communication d’idées violentes, incitant voire justifiant le terrorisme. Progressivement, des internautes palestiniens se sont vus interdits l’accès par Facebook pour des durée allant jusqu’à 30 jours.

Finalement, c’est en septembre 2016 que le gouvernement israélien a annoncé son rapprochement avec Facebook pour « lutter contre l’incitation à la violence et au terrorisme ». L’objet de la collaboration portait alors sur les moyens de lutter contre l’incitation à la haine sur les réseaux sociaux.

L’accord a été passé sur la base des recommandations données par le Ministre des Affaires stratégiques et ministre de l’information, Gilad Erdan, et la Ministre de la justice, Ayelet Shaked. Un communiqué du Ministère de l’intérieur a alors précisé «  que les représentants du gouvernement ont convenu avec les représentants de Facebook de créer des équipes chargées de déterminer le meilleur moyen de surveiller et de supprimer les contenus incendiaires ». A compter de cette date, toutes les communications haineuses ont été filtrées par les responsables de la communication de Facebook mais aussi des responsables israéliens.

Il a alors été possible de limiter les communications haineuses palestiniennes, avec la fermeture de pages, (comme celle du CPI) ou l’interdiction temporaire ou définitive d’utilisateurs selon le processus suivant :

–         surveillance et commentaires des publications haineuses palestiniennes

–         signalement des individus se livrant à de telles publications

–         envoi par Facebook de recommandations concernant les comptes à bloquer

–         suppression ou interdiction de ces comptes

Compte tenu de sa popularité, le « Centre palestinien d’Infirmation » n’a pas immédiatement compris la raison de la suppression de sa page sur Facebook, d’autant qu’il n’en pas été informé. Il s’est imaginé victime de réseaux d’influence, ou d’une domination médiatique. Tel n’est pas le cas. Il s’agit juste de bon sens, d’humanité et de responsabilité individuelle. Facebook boycotte désormais la haine palestinienne et ne veut plus être le siège de messages haineux, destinés à retourner le cerveau des jeunes générations pour en faire des pantins articulés.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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