La destitution du Premier Ministre très apprécié renforce Erdogan et ébranle les marchés
Les sources occidentales, américaines et européennes décrivent le démissionnaire Davutoglu comme une « voix modérée » dans l’Administration du Président Recep Tayyip Erdogan. Ils disent que les Etats-Unis et les pays européens se sont tournés, de nombreuses fois, vers le Premier Ministre dans un effort pour pondérer la politique d’Erdogan sur les principales questions, comme la guerre en Syrie, l’afflux de réfugiés syriens vers l’Europe, la guerre contre Daesh et la politique turque envers les Kurdes, en Turquie, en Syrie et en Irak.
La décision de Davutoglu de démissionner à la fin du mois signifie que les Américains et les Européens perdent le principal responsable turc qui avait la volonté de servir de médiateur entre eux et Erdogan.
Ces sources ont insisté sur le fait qu’une des principales raisons de la décision de Davutoglu de démissionner concerne sa position plus modérée sur la question kurde. Elles pensent que si Erdogan poursuit sa politique radicale envers les Kurdes de Turquie, qui sont concentrés dans la partie Sud du pays, la situation pourrait se détériorer pour déboucher vers une guerre civile.
Dépouillé d’une grande partie de son autorité, le Premier Ministre Ahmet Davutoglu a annoncé le 5 mai qu’il ne se représenterait pas à la tête du parti, qu’il ne pouvait donc plus exercer son poste, renforçant encore l’emprise du Président Recep Tayyip Erdogan sur les leviers du pouvoir.
Le choc provoqué par cette annonce, désigné comme une « Révolution de Palais » par l’opposition à Erdogan, a propagé de la nervosité sur les marchés, la lire perdant presque 4% de sa valeur initiale contre le dollar.

Le Premier Ministre Ahmet Davutoglu s’exprime au cours d’une réunion de l’AKP, à Ankara le 3 Mai. /AFP/Adem Altan
Davutoglu, qui est hautement estimé, a déclaré, à la suite d’une réunion du Comité Central Exécutif du parti régnant du Développement et de la Justice (AKP), que le parti tiendrait un congrès extraordinaire le 22 mai et qu’il ne se présenterait pas pour un second mandat.
Davutoglu a déclaré qu’après « des consultations avec ses amis », y compris avec Erdogan lui-même, « J’ai décidé qu’il serait mieux que nous changions de dirigeant du parti… pour la continuation de l’Unité du Parti de l’AKP ».
Tous deux ont gouverné dans une alliance sous tension depuis qu’Erdogan a remporté la Présidence en 2014 et que Davutoglu l’a remplacé en tant que Premier Ministre.
La semaine dernière, Davutoglu a été dépouillé de son autorité de désigner les responsables provinciaux de l’AKP, un geste perçu comme une façon de réduire l’emprise de Davutoglu sur la base du parti et de cimenter l’influence d’Erdogan.
« Ce qui vient de se produire est un putsch de Palais. Davutoglu aurait dû résister », a déclaré Kemal Kilicdaroglu, chef du principal parti d’opposition, le Pari Républicain du Peuple (CHP).
Soner Cagaptay, Directeur du Programme de Recherche sur la Turquie, au Washington Institute, affirme que ce geste n’était que la dernière phase en date de l’évidage des Institutions turques par Erdogan.
« Cela démontre à quel point l’essentiel du pouvoir est concentré entre les mains d’une seule personne », a t-il déclaré à l’AFP, ajoutant qu’Erdogan exerce actuellement plus de contrôle que quiconque dans toute l’histoire moderne de la Turquie démocratique.
Davutoglu a conclu en disant qu’il « quitte ses fonctions sans reproche,colère ni ressentiment contre quiconque. Personne n’a entendu ni n’entendra le moindre mot de ma bouche, de ma langue ou de mon esprit contre notre Président ».
Les détracteurs du pouvoir ont souligné toute l’ironie de cette dernière déclaration, puisque le fait de critiquer ou d’insulter le Président est un crime en Turquie et d’une telle gravité que le gouvernement a agi des milliers de fois, en punissant d’amendes ou d’emprisonnement quiconque ose dire quoi que ce soit qui puisse sembler défavorable à l’encontre du dictateur Erdogan.

Jeudi 5 Mai 2016 | Posté par WorldTribune
Ouster of Turkey’s highly-regarded prime minister strengthens Erdogan, shakes markets
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Je penses que justement c’est beaucoup mieux ainsi…
Car « sans fusible », Erdogan devient responsable de TOUS !!!
Et donc, qu’au prochaines élections, Erdogan ressortira très affaibli…
pour toutes ses erreurs, hypocrisies et « conneries » passés !
Merci, Monsieur Erdogan, vous êtes sur la bonne pente…
Quelle ressemblance, des frères jumeaux !
les turcs ont ce qu’ils méritent