Seine-Saint-Denis : un chauffeur de bus de la RATP passé à tabac par un groupe d’individus à Épinay-sur-Seine

L’agression aurait été motivée après une manœuvre d’évitement d’un enfant dans le quartier Orgemont. Le chauffeur, âgé d’une trentaine d’années, se serait fait surprendre par le surgissement du bambin sur la chaussée, entraînant la colère de plusieurs témoins.
Les images sont édifiantes. Dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux lundi 4 juillet, on aperçoit un homme au t-shirt gris flanqué du logo vert de la RATP, poussé, traîné au sol et frappé à coups de poing et de pied par une demi-douzaine d’agresseurs en survêtement, au niveau de l’entrée latérale d’un bus. Le tout sous le regard médusé des passagers, impuissants.

La victime n’est autre que le conducteur de bus de la ligne 361, qui relie la gare d’Argenteuil à celle de Pierrefitte-Stains (Seine-Saint-Denis). Les faits se sont produits dimanche soir vers 19h25, au niveau de l’arrêt «Epinay-Orgemont», à Épinay-sur-Seine. Selon une source proche du dossier, l’agression aurait eu lieu après une manœuvre d’évitement d’un enfant dans le quartier Orgemont. Le chauffeur, âgé d’une trentaine d’années, se serait fait surprendre par le surgissement du bambin sur la chaussée. Bien qu’il l’ait évité de justesse, il aurait reçu une pluie d’insultes de la part de témoins de l’incident. Ce dernier aurait malgré tout continué sa route jusqu’au prochain arrêt, où plusieurs individus l’attendaient de pied ferme.
Le chauffeur est alors descendu du bus et a aussitôt été assailli par la petite bande, roué de coups et laissé inerte à même le macadam. Prévenus, la police et le Groupe de protection et de sécurité des réseaux (GPSR) sont rapidement intervenus, mais les agresseurs avaient déjà pris la fuite. La victime a quant à elle été prise en charge par sa hiérarchie et conduite à l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis, par les pompiers. Elle présentait une plaie saignante à la tête et des hématomes sur l’épaule gauche.
Une enquête a été ouverte et confiée aux enquêteurs du commissariat d’Epinay-sur-Seine. Par voie de communiqué, la RATP tient fait part de «sa grande émotion et de son indignation face à cet acte de violence commis sur l’un de ses agents.» Et de préciser que «l’entreprise accompagne et soutient l’agent dans toutes ses démarches dont le dépôt de plainte. La RATP condamne avec la plus grande fermeté cet acte de violence inacceptable.»

Plusieurs protections censées assurer la sécurité des machinistes

Cette violente agression n’est pas sans rappeler celle de Philippe Monguillot, à Bayonne, il y a deux ans presque jour pour jour. Le 5 juillet 2020, ce père de famille de 59 ans était sauvagement agressé par deux passagers, alors qu’il souhaitait contrôler leur titre de transport. À l’intérieur du bus, le ton était monté et après une première bagarre, le chauffeur avait été emmené hors du bus, où ses agresseurs l’avaient roué de coups. Une chute au sol après un coup de poing avait entraîné une fracture du crâne et une hémorragie. Transporté à l’hôpital, Philippe Monguillot était décédé après cinq jours de soins, provoquant une vive émotion à travers la France.
Les machinistes de la RATP bénéficient pourtant de plusieurs protections censées assurer leur sécurité dans l’exercice de leur fonction. Ainsi, ces derniers disposent d’une vitre anti-agression pour parer les attaques physiques ; d’une alarme discrète que l’agent peut actionner à n’importe quel moment. Cette dernière est directement reliée au PC sûreté qui peut déclencher une écoute d’ambiance afin de recueillir des informations et dimensionner la réponse avec l’envoi d’une équipe GPSR ou d’une équipe de Police ; de caméras embarquées (entre 6 à 12 en fonction du modèle de Bus). Le déclenchement de l’alarme discrète engendre automatiquement le blocage de l’enregistrement vidéo à un instant T. Ce dispositif permet, sur réquisition judiciaire, de pouvoir visionner les images au moment du déclenchement de l’alarme. Sans déclenchement de l’alarme discrète, l’enregistrement des images se fait en continu ; d’un service interne de sûreté (GPSR), fort de 1000 agents, qui intervient rapidement en coordination étroite avec les forces de l’ordre.
En outre, la RATP, en coopération avec Île-de-France Mobilités, a lancé une expérimentation, nommée «Évidence», pour tester le renvoi en temps réel au PC sûreté de la RATP des images issues de six caméras de vidéoprotection sur le réseau de surface (Bus) pendant trois mois, de mars à juin 2019, sur trois bus de la ligne 170 – l’une des plus sensibles du réseau. Lors d’une seconde phase de test, le dispositif a été déployé pendant un an à compter de juillet 2021 sur l’ensemble de la ligne 170, soit 30 bus, afin d’évaluer, sur le long terme, les bénéfices du dispositif. Celui-ci a pour objectif «de tester la levée de doute vidéo et la vidéo patrouille afin d’intervenir plus finement sur le réseau et ainsi augmenter la sécurité de nos voyageurs et de nos agents, précise la RATP. Les premiers résultats de l’expérimentation démontrent la pertinence du dispositif pour la sécurité de nos voyageurs et de nos machinistes grâce aux interventions, plus efficaces, des équipes GPSR.»
Par Nicolas Daguin www.lefigaro.fr/
Le chauffeur de bus souffre d’une plaie saignante à la tête et de plusieurs hématomes sur l’épaule gauche. Capture d’écran Twitter.

 

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