Elections : un large consensus sur la diplomatie et la Défense

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Les résultats des Elections israéliennes font la démonstration d’un large consensus autour des questions de diplomatie et de défense

En fait, au-delà d’un âpre rhétorique de circonstance, on peut discerner un large consensus en Israël sur les politiques diplomatiques et de défense du gouvernement sortant.

 

Un soldat se tient près d'une batterie de canons près de la frontière de Gaza, le 28 mars 2019

Un soldat marche en direction d’une batterie de canons près de la frontière de Gaza, le 28 mars 2019. (crédit photo: AMIR COHEN / REUTERS)

La récente campagne électorale israélienne a été houleuse et désagréable. Il s’agissait principalement d’un référendum sur la question de savoir si Benjamin Netanyahu devrait continuer à occuper le poste de Premier ministre. Ce sont sa personnalité et ses problèmes juridiques, et non sa politique, qui ont été au centre des attaques de l’opposition.

En fait, au-delà de la rhétorique sévère, on peut discerner un large consensus en Israël sur les politiques diplomatiques et de défense du gouvernement sortant.

Le Likoud et le parti Bleu-Blanc ont presque totalement ignoré la question palestinienne au cours de la campagne électorale. Et lorsqu’ils ont évoqué le dossier, les lieutenants généraux de Bleu-Blanc (Benny Gantz, Moshe Ya’alon et Gabi Ashkenazi) ont constamment cherché à prouver qu’ils n’étaient pas «de gauche» et n’envisageaient aucun retrait de Cisjordanie.

Le Parti travailliste – toujours identifié, dans l’esprit de beaucoup, à l’échec du processus d’Oslo – a largement évité la question, également. Seul Meretz, à l’extrême gauche du spectre sioniste, s’est plaint de l’absence de focalisation sur les plans de paix.

Le lancement, prévu dans les semaines ou les mois à venir, de «l’accord du siècle» par l’équipe du président des États-Unis, Donald Trump, n’a pas non plus suscité de réel débat au cours de la campagne électorale. Les électeurs israéliens (et peu d’entre eux, d’ailleurs) ne connaissent pas les grandes lignes du plan de Trump, mais ils savent tous quelle sera la réponse palestinienne – un rejet immédiat, comme cela a été le cas avec les plans de paix précédents.

En effet, les Israéliens ne se font aucune illusion sur l’Autorité palestinienne. Ils sont plus ou moins d’accord avec la politique pratiquée par Netanyahu et soutenue par l’appareil de la défense : la «gestion de conflits». Cette approche vise à limiter les souffrances des deux côtés, liées à la situation actuelle, en employant la politique de « la carotte et du bâton » tout en évitant de dangereuses grandes manœuvres diplomatiques.

Les médias ont beaucoup parlé de la colère du sud d’Israël face à l’inaction de Netanyahou envers le Hamas, mais son parti a remporté une victoire décisive dans toutes les villes de ces régions touchées.

Les dirigeants de la coalition Bleu-Blanc n’ont pas, non plus, annoncé une politique différente de celle de Netanyahu sur la gestion de la bande de Gaza dirigée par le Hamas. Il existe, en fait, un accord remarquable dans les milieux décisionnels selon lequel, malgré les provocations violentes de Gaza, Israël ne devrait pas chercher à conquérir à nouveau Gaza. Une opération militaire visant à s’emparer de Gaza pourrait mettre fin aux tirs de missiles du Hamas et à d’autres attaques terroristes, mais elle engendrerait un ensemble de nouveaux périlleux problèmes. Les partis qui ont préconisé une opération en profondeur contre le Hamas n’ont pas très bien réussi leur percée, lors des élections.

IL SEMBLE que l’électorat israélien soit favorable à l’approche prudente adoptée par les divers gouvernements Netanyahu au cours de la dernière décennie, qui consiste à « tondre le gazon » à Gaza de manière limitée uniquement lorsque cela est vraiment nécessaire. Cette approche définit des objectifs politiques et militaires limités, reflétant l’hypothèse selon laquelle Israël se trouve dans un conflit prolongé et insoluble. L’utilisation de la force dans de telles circonstances ne vise pas à atteindre des objectifs politiques impossibles, mais plutôt à restreindre les capacités de l’ennemi lorsque cela est nécessaire, dans le but de dissuader temporairement l’ennemi et de forger des périodes de calme le long des frontières israéliennes.

Alors que de nombreux Israéliens en ont assez des attaques du Hamas, seuls les partis d’extrême droite qui ont participé à cette élection ont formulé des critiques virulentes à l’encontre de la politique du gouvernement et ont plaidé en faveur de l’invasion de Gaza et de l’éradication de cette organisation terroriste. Par exemple, la position dure adoptée par le Parti de la Nouvelle Droite à Gaza ne lui a pas épargnée une élimination politique.

Une énorme majorité d’Israéliens a approuvé les gestes diplomatiques de Trump pendant la campagne – la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan et la désignation du Corps des gardes de la révolution islamique d’Iran en tant qu’organisation terroriste étrangère.

Bleu et Blanc a compris que Trump essayait d’aider son ami Bibi Netanyahu, mais n’a pas critiqué les manœuvres américaines en raison du large consensus israélien sur l’importance stratégique du plateau du Golan et sur l’impératif de le maintenir sous souveraineté israélienne.

De même, la plupart des Israéliens sont d’accord avec Netanyahou pour dire que l’Iran constitue une grave menace pour la sécurité nationale d’Israël. Ils se sont félicités de la décision des États-Unis d’intensifier les pressions sur le régime islamiste de Téhéran.

La proximité entre Netanyahu et Trump n’a suscité aucune critique de la part du public, bien au contraire, elle attire plutôt des éloges au Premier ministre. Il a eu la prévoyance de devenir ami avec le chef de la nation la plus forte du monde et d’influencer sa pensée. Et il ne fait aucun doute dans l’esprit des Israéliens que de bonnes relations avec les États-Unis sont un pilier de la sécurité nationale d’Israël.

Plus généralement, les prouesses diplomatiques de Netanyahou dans le développement de liens étroits avec la Russie, l’Inde, le Brésil et les pays de la Méditerranée orientale, ainsi que sa réputation dans certaines parties du monde arabe, figurent clairement parmi ses plus grandes réussites électorales.

Cependant, il est clair que la proximité entre Netanyahu et Trump (et avec certains dirigeants populistes en Europe et au-delà) pose problème à de nombreux juifs américains, dont les penchants libéraux sont bien connus. Une fois les élections passées, le Premier ministre Netanyahu devrait essayer de se réconcilier avec des éléments centristes de la communauté juive américaine, afin de renforcer le soutien bipartite à Israël et d’aider à enrayer le déclin de l’opinion favorable à Israël parmi les démocrates.

La cohésion nationale est un élément essentiel pour qu’Israël puisse relever avec succès les graves défis de sécurité nationale à venir. Heureusement, cette élection montre que les questions de défense et de diplomatie entraînent un large consensus salutaire. Aussi moche que puisse avoir été la campagne de 2019, il est tout simplement faux de présenter Israël comme un pays profondément divisé sur ces questions.

 

PAR EFRAIM INBAR
 16 AVRIL 2019 20:00


Avec l’aimable autorisation de l’auteur. Le Professeur Efraïm Inbar est président de l’Institut pour la stratégie et la sécurité de Jérusalem (jiss.org.il) et membre du Forum du Moyen-Orient.

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1 COMMENT

  1. Si les démocrates US continuent à faire des petites députées musulmanes au Congrès , cela va être difficile pour ISRAEL !!! les juifs démocrates vont se convertir au ” Mahométantisme ” !!! Quand on n’est pas ancré dans la foi , ça arrive vite !!
    Pour l’instant , on est ravi , les israéliens n’ont pas perdu leur Bon Sens !!!

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