Déterminant d’agir au sol, au risque de concéder des pertes

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Dissuasion : de la nécessité d’agir au sol, au risque de concéder des pertes

Analyse: le discours d’Aviv Kochavi, mercredi, contenait des avertissements indirects visant non seulement le public israélien, mais aussi l’Iran, le Hezbollah et le Hamas ; c’était une tentative de faire comprendre que dans le prochain conflit, le front intérieur subira des tirs intenses et que l’armée pourrait endurer de grandes pertes

 

Gal Perl Finkel|
Publié le: 26.12.19, 23:37

 

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kochavi, a déclaré mercredi que l’armée israélienne se préparait vigoureusement à une campagne militaire.
Sa conférence au Centre interdisciplinaire d’Herzliya semblait viser à la fois l’attention des citoyens israéliens et les oreilles de l’Iran, du Hezbollah et du Hamas.

הרמטכ"ל אביב כוכבי

Le chef d’état-major de Tsahal Aviv Kochavi
( Photo: unité du porte-parole de Tsahal )
Il a cherché à ajuster les attentes du public, tout en envoyant simultanément un message de dissuasion à l’ennemi.
Le groupe terroriste libanais soutenu par l’Iran, le Hezbollah, a considérablement augmenté ses capacités militaires depuis la dernière guerre avec Israël en 2006. Aujourd’hui, le groupe compte entre 120 000 et 150 000 missiles et drones ainsi que quelque 45 000 0combattants en service régulier et de réserve ( commandos) qui ont acquis leur expérience militaire opérationnelle en Syrie et construit des complexes fortifiés dans le sud du Liban.
Ils ont également amélioré leur technologie de missile de précision.
Kochavi a déclaré qu’Israël ne permettrait pas à ses ennemis d’obtenir de telles armes. “Il y aura des cas où nous pourrions courir le risque que nos frappes de contre-attaque nous mènent au bord de la confrontation, voire de la guerre totale”, a-t-il averti.
Le chef de l’armée a clairement indiqué que Tsahal riposterait avec une puissance de feu intense. Mais la puissance de feu ne suffirait pas à elle seule.
“Un élément clé du succès de toute opération militaire réside dans la destruction des ressources de l’ennemi, car si vous progressez et atteignez un certain point sans détruire les dépôts de roquettes, les missiles antiaériens et les infrastructures de l’ennemi, l’ennemi décentralisé qui se cache dans les zones urbaines continuera d’agir presque comme si la manœuvre contre lui n’était pas efficace du tout “, a-t-il dit.
Il s’agissait d’une tentative de faire savoir au public israélien que le front intérieur serait soumis à des tirs intenses et que l’armée subirait potentiellement de grandes pertes.
Tout cela joue un rôle important dans la préparation d’un conflit militaire à grande échelle. Il est important de se rappeler, cependant, que l’une des parties vitales de la conduite d’un conflit militaire est de fixer des objectifs clairs et réalisables, et c’est le travail de Tsahal et de l’échelon politique.
De plus, une grande partie des préparatifs d’une confrontation est d’avoir des forces terrestres compétentes.

כוח צה"ל בזמן לחימה

Les forces de Tsahal opérant dans la bande de Gaza
( Photo: Gil Nechushtan )
Le commandant général du sud du GOC, le général de division Herzl Halevi, a récemment introduit une méthode de test qui examine l’état de préparation des unités de combat à une éventuelle campagne dans la bande de Gaza.
Herzl Halevi, à droite d’Aviv Kochavi
Halevi était à la tête de la brigade de parachutistes lors d’une guerre à Gaza en 2008-09, connue sous le nom d’Opération Plomb Durci, et lors de l’Opération Ceinture Noire, le mois dernier qui a vu Israël liquider le commandant du Jihad islamique Baha Abu Al Ata, sans provoquer plus de deux jours d’échange de roquettes.
Cependant, une campagne à grande échelle à Gaza est une opération beaucoup plus complexe qui nécessite des forces hautement entraînées et quelques jours de combats réussis ne peuvent pas attester du succès d’un conflit étendu impliquant des manœuvres dans des zones urbaines surpeuplées.
Le chef du Commandement du Nord de Tsahal, Amir Baram, a adopté l’idée de Halevi et a également lancé une série d’exercices et de tests dans lesquels tous les bataillons suivront une formation simulant une campagne le long des frontières nord d’Israël.
Major-Général Amir Baram, commandant du Nord
Bien qu’en raison de l’impasse politique actuelle, la plupart des plans du chef de Tsahal aient dû être suspendus, des rapports ont révélé que Kochavi et le ministre des Finances Moshe Kahlon ont convenu d’un plan d’allocation de centaines de millions de shekels pour obtenir des systèmes de défense aérienne capables de déjouer toute attaque potentielle de missiles que l’Iran pourrait lancer sur Israël.
Avec tout le respect que je dois à nos capacités de défense, cependant, les guerres sont gagnées grâce à des opérations offensives et une éventuelle campagne dans le nord nécessitera des forces terrestres qualifiées et meurtrières pour l’ennemi.
Bien que l’introduction de ces tests soit un pas dans la bonne direction, des investissements considérables dans les éléments de combat au sol sont nécessaires. C’est là et seulement là que réside la clé d’une campagne rapide et décisive.
L’entraînement, cependant, ne peut pas remplacer l’expérience d’un combat réel. C’est pourquoi les combats transfrontaliers occasionnels à Gaza peuvent être exploités pour apprendre à contrôler un combat derrière les lignes ennemies. De tels raids sapent les capacités de l’ennemi, créent un sentiment de persécution et contribuent à renforcer la puissance et l’esprit de combat.
Bien que de telles actions puissent conduire à une escalade de la violence et du nombre des victimes, elles remettent Israël aux commandes et lui permettent de réorienter la dynamique dans la direction nécessaire.
La volonté d’agir envoie un message à l’ennemi qui, contrairement à l’image d’Israël en tant que pays qui ne lance que des frappes aériennes et n’est pas prêt à absorber des pertes, la volonté d’exercer la force et de risquer ce prix pour assurer la paix à ses citoyens, renforce la dissuasion d’Israël et peut retarder une confrontation majeure, ou alternativement, nous permettre d’en contrôler une lorsqu’elle se produit enfin.
Gal Pearl Finkel est l’auteur d’un blog sur la sécurité et coordonne le programme militaire et stratégique de l’INSS.
Première publication: 23:37, 12.26.19
Adaptation : Marc Brzustowski

9 COMMENTS

  1. Israel a fait une énorme erreur en 1967 en prenant du territoire sans en expulser la population en meme temps. La grande partie de la population arabe est bien partie en 1948, pourquoi n’avoir pas fait la meme chose avec la population arabe de Judée Samarie en 1967 ?
    Le problème est que les juifs répètent des prières comme des robots, sans les appliquer (ou sans y croire ?). Exemples des prières de Roch Hachana :
    Prenez un peu de poireau et dites :
    Puisse être Ta volonté, Éternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères, que soient abattus nos ennemis, ceux qui nous haïssent et tous ceux qui nous veulent du mal.

    Prenez de la betterave et dites :
    Puisse être Ta volonté, Éternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères, que disparaissent nos ennemis, ceux qui nous haïssent et tous ceux qui nous veulent du mal.

    Alors, quand est-ce que l’armée juive appliquera la religion juive a la lettre ?

  2. Selim moi c’est un concept plutôt dépassé pour une armée comme Tsahal.
    Avec ses avions, ses hélicoptères, ses drones, ses mortiers et autres canons guidés par GPS, il est possible d’atteindre des objectifs sans pour autant et pour un moment mettre des troupes au sol.
    Seulement après avoir atteint de nombreuses cibles et affaibli l’ennemi qu’une armée moderne fait intervenir au sol.
    Ce n’est plus la deuxième GM.
    Tsahal étant à un niveau largement supérieur en matériel, pourquoi ne pas profiter de cette avance.

    • Voyez simplement les opérations à Gaza : en règle ordinaire, on peut se permettre quelques cibles même vides qui servent d’avertissement : pour une réelle opération, 2009, 2012, 2014, à un moment donné, il n’y a plus d’alternative et il faut entrer pour punir.

      Idem, au Liban en 1982, 1993, 2000, 2006… et la prochaine : évidemment qu’une supériorité aérienne est un must, les drones etc. et qu’il n’est pas question d’y renoncer, jamais, même les Russes présents en proximité. Mais, au bout du compte, il y a toujours des opérations aéroportées, au sol, les tanks entrent, on peut même perdre des véhicules… (d’où l’invention du Trophy et autres boucliers) etc.

      L’avance technologique, les blindages, systèmes sans pilote, la puissance de feu réduisent considérablement les pertes, les sacrifices, mais ne les annulent jamais complètement. Parce qu’il s’agit toujours de protéger les civils et les familles à l’arrière et pour ça on est obligés de monter “de l’avant”, au front. Une défense totalement hermétique et automatisée n’est pas pour demain.

      Tout le reste n’appartient qu’à une vaste illusion de guerre sans risque, de guerre zéro mort, de guerre de roman de gare.

  3. Pendant la dernière guerre de 39/45 les alliés ont bombardé des villes allemandes et même françaises sans se soucier des civils. Pourquoi Israël devrait s’embarrasser une fois encore de ces considérations morales ?

  4. Israel est entouré de barbares sanguinaires , ces degenerés ne connaissent que la loi du plus fort et Israel doit etre le plus fort selon l imaginaire de ces gens : cela implique des defaites cuisantes et de lourdes pertes : bref l exact contraire de la strategie employée par Tsahal depuis 40 ans , le dome de fer a ete conçu plus pour proteger les arabes d une riposte sanglante que pour proteger les israeliens qui , eux disposent d abris fiables , cette reflexion sur la philosophie d Israel en dit long sur l inadequation entre celle ci et la mentalité des barbares locaux

  5. Euh…
    Pourquoi devrait-il être un passage obligé que nos fils et filles, encore, aillent risquer leur vie,… plutôt que celles des boucliers humains exhibés par nos ennemis ?
    Si l’ONU n’a pas fait son travail, et pas fait respecter les résolutions de cessez-le-feu lors de la dernière guerre au Liban, c’est sur SA responsabilité entière. Les armements, les tunnels, les milices, la finulle aveugle, c’est sous la bénédiction onullesque ! Qui préfère ne faire que condamner systématiquement Ysraël, qui cristallise 99% des condamnations planétaires !
    Pas UN de nos gosses ne doit risquer sa vie sur des mines, et des pièges ici et là. Au diable le hezb et tous ces groupuscules terroristes. La guerre éthique, c’est à double sens.
    Si le Seigneur des Esprits a gratifié Son peuple d’un tel génie technologique, c’est pour qu’il s’en serve.
    Que toutes ces nations européennes et autres, qui ont pris le parti Antisémite d’un état “palestinien” qui ne vise QUE la substitution d’Ysraël, récoltent ce que le Seigneur des Armées leur a promis, lors des tests finaux, inscrits en clair dans les Textes prophétiques.
    Nous y sommes.

    • Aucune guerre ne se fait jamais uniquement depuis les cieux. C’est comme ça. Gagner la guerre, c’est empiéter (et non survoler) sur le territoire de l’ennemi, détenir ce qui lui est le plus cher au monde, sa notion de patrie ou de pays, contrôler ses routes, Et lui mettre les deux épaules à terre. Ca date de la nuit des temps.

      Liban 2006 Incursion jusqu’au Litani, Gaza 2014 : sdestruction des tunnels souterrains (donc encore pire), 1967 : libération de Jérusalem, au corps à corps, baïonnettes et couteaux par les paras jusqu’à l’expulsion et la fuite du dernier combattant ennemi…

      Ca n’empêche pas de tout faire pour épargner les vies de ses semblables en marquant gravement l’ennemi au front.

      • Et puis il vaut mieux aller chercher les 150.000 missiles du Hezbollah que les prendre sur la tête!!!
        Et faire exploser leur fortifications, leurs munitions, bref les foutre à poil pour des années (jusqu’à ce que ces crétins recommencent évidemment, avec leur connerie congénitale…).

      • Shavouah Tov.
        Gagner la guerre, vraiment, c’est dissuader l’ennemi d’essayer, pour toujours, de (nous) la faire. Pour le moment, dans ce postulat, nous l’avons toujours perdue, puisque “l’arbitre” arrête le match sans compter jusqu’à dix.
        Nos guerres ne sont que défensives, et pas en vue de conquête, ou de libération de territoires.
        Il faut que nos ennemis soient convaincus que la chandelle est bien trop chère pour les risques engagés. Tant que nous laissons des morts sur le terrain, c’est pour nous une défaite, car nous sommes peu nombreux.
        Zéro mort est l’objectif.
        Et c’est seulement cela qui inspirera la terreur aux ennemis pour qu’ils renoncent, définitivement, à nous exterminer.
        Nos préoccupations, lors des conflits précédents étaient d’éviter les dommages collatéraux…
        Certes.
        Mais plus au prix des nôtres.
        L’armistice (alevaï) n’est plus le but,alors que nous n’avons obtenu, le plus souvent, que des cessez-le-feu.
        La finalité, c’est l’arrêt de la belligerance.

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