Devarim: le langage universel de la Torah (vidéo)

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Au début de la Haggada de Pessah nous récitons : « kol dikhfiney téiyfsah kol dikhfiney téveyi khol »  c’est-à-dire :  quiconque – en a besoin –   entre et fasse Pessah avec nous et que quiconque en a besoin  entre et mange.  

C’est cette image qui vient à nos esprits lorsque nous lisons que Moshé Rabbénou  traduisit la Torah en 70 langues de manière à ce que quiconque le désire d’entre les Nations puisse comprendre ce qui a été dit explique Samuel Raphaël Hirsch.

La Torah est donc mise à la portée de quiconque éprouve le besoin d’épancher sa soif de comprendre à la source du discours divin.

Ce cinquième livre du Pentateuque : Devarim nous expose la situation du peuple telle qu’elle se présente avant d’entrer dans le pays. Dans le calendrier juif, nous nous trouvons à la veille de Tishâ BeAv (Dimanche 11 août 2019).

Ce shabbat est désigné comme « shabbat hazon » eu égard à la haftara qui dévoile les périodes sombres de l’Histoire du peuple juif.

Le peuple se retrouve  ici rassemblé pour cette dernière “étape” avant l’entrée dans le pays que D. a décidé de donner à ce peuple qui a traversé la mer rouge et le désert avec toutes les épreuves qui ont jalonné ces quarante années de pérégrinations.

Souvent le discours de Moïse, plus grand prophète de tous les temps sera un discours de réprimande ou de mise en garde.

Voici donc que Moïse s’apprête à montrer à cette assemblée que l’une des premières bénédictions et promesses faites à Abraham auquel D. promit une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel s’est réalisée : Moïse leur dit : Voyez !  Vous êtes devenus aussi nombreux que les étoiles du ciel !  Cette bénédiction rejoint aussi celle que Jacob avait faite à ses enfants et ses petits-enfants   lorsqu’il leur dit

המלאך הגואל אותי מכל רע יברך את הנערים ויקרא בהם שמי ושם אבותי אברהם ויצחק  וידגו לרוב בקרב הארץ c’est-à-dire:” ‘hamal’akh ‘hagoëlotimikol râ yevarekheth

‘haneârim  veyekaréba’hemshemiveshemavotay Avra’hamveYitshakveyidegoularovbekérèv ‘haaretz” [1].

Quel est donc le rapport entre le commandement que D. a donné à l’homme lors de sa création : croissez et multipliez ou  פרו ורבו (prou ourebou) et la bénédiction faite à Abraham d’être aussi nombreux que les étoiles du ciel ou encore d’être aussi nombreux que les poissons de la mer ?

Les Hazal (Hakhamim du Talmud de mémoire bénie) font ce rapprochement de manière très simple et très schématique d’après ce qu’ils enseignent dans les traités talmudiques de Yébamoth, de Ketouboth et même de Sanhédrin : dans le traité de Ketouboth 2a nous trouvons un postulat : “בתולה נישאת ביום הרביעי ואלמנה ביום החמישי” Une jeune fille vierge se mariera un mercredi et la veuve un jeudi.

La question va se poser de savoir pourquoi  en serait-il ainsi pourquoi le jour des noces ne peut-il être indifférent ? 

Les raisons sont  assez simples  à saisir. En effet :  D. a créé les poissons le cinquième jour soit un jeudi et Il les a bénis en leur donnant une fonction très à l’abri du regard : se multiplier et fructifier dans l’eau.

C’est pourquoi, pour protéger les secrets contenus dans l’union d’un homme et d’une fille vierge il est conseillé de célébrer cette union un mercredi afin qu’au cours de l’union véritable de cet homme et de cette fille, la transformation de la jeune-fille en femme aura lieu et, la femme deviendra un “keli” un outil qui va servir de “moule” aux futures générations et cette union va réunir les conditions de la création où l’homme et la femme ont été créés ensemble.

De même que les Sages font remarquer que les 4 femmes de Jacob ont formé le “creuset”[2] dans lequel a été conçu le peuple. En se mariant dans la nuit de mercredi à Jeudi, la jeune-femme va recevoir la bénédiction de se multiplier comme des poissons alors que lorsque la veuve ou la divorcée se marie dans la nuit du jeudi au vendredi, la bénédiction va reposer sur l’homme auquel est attaché le commandement de se multiplier.

Dans les parashioth précédentes, nous avons compris que l’importance du livre de Bamidbar reposait sur la parole mais, dans devarim bien qu’il s’agisse aussi de paroles il va s’agir d’écouter שמע ישראל   Ecoute Israël, écoute ces paroles que D. t’adresse et, tente de te conduire en épouse fidèle et aimante lorsque D. t’enjoins de faire certaines choses qui peuvent ne pas être comprises par l’homme.

Israël doit reprendre son rôle de Femme vertueuse telle qu’elle apparaît dans les poèmes allégoriques du Cantique des Cantiques ou des Proverbes.

Caroline Elisheva REBOUH


[1] – Il s’agit de versets tirés du livre de la Genèse qui constitue la bénédiction  donnée par Jacob à ses petits-enfants, les fils de Joseph, bénédiction où le patriarche leur promet qu’ils vont croître et multiplier comme les poissons de la mer.

[2]– le mot “ברזל” est formé des initiales des 4 femmes de Jacob : Bil’ha, Rahel, Zilpa et Léa.

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