LFI à l’Assemblée Nationale : Des législateurs face à la justice.

Condamnations, interpellations, enquêtes ou polémiques pénales : plusieurs élus ou figures de La France insoumise ont été impliqués ces dernières années dans des affaires judiciaires ou des controverses liées à la justice. Des situations individuelles mais qui, mises bout à bout, alimentent un angle d’attaque récurrent contre le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. La dernière en date est la députée européenne Rima Hassan mise en garde à vue hier.

L’affaire la plus connue reste celle d’Adrien Quatennens. L’ancien député du Nord, longtemps considéré comme l’un des visages montants de La France insoumise, a été condamné pour violences conjugales après avoir reconnu avoir giflé son épouse lors d’une dispute. Cette condamnation avait provoqué une crise interne au mouvement et un débat national sur la gestion de cette affaire par la direction du parti. Autre épisode très commenté, celui du député de Loire-Atlantique Andy Kerbrat. En octobre 2024, il a été interpellé à Paris alors qu’il achetait de la 3-MMC, une drogue de synthèse. L’élu a reconnu les faits et expliqué souffrir d’addiction. L’affaire avait immédiatement provoqué une tempête politique et médiatique, d’autant plus qu’elle concernait un parlementaire en exercice. Le député du Vaucluse Raphaël Arnault a lui aussi vu son passé judiciaire ressurgir lors de son entrée à l’Assemblée nationale. Avant son élection, il avait été condamné à une peine de prison avec sursis pour des faits de violences lors d’une altercation militante. Fondateur du groupe antifasciste Jeune Garde, dissous par les autorités, il reste une figure controversée du militantisme politique. À Marseille, le député Sébastien Delogu a également été cité dans plusieurs affaires. Il a notamment été condamné pour des faits de violences remontant à une période antérieure à son mandat et a fait l’objet de perquisitions dans le cadre d’une enquête liée à la diffusion de documents internes d’une entreprise. Ces procédures ont contribué à entretenir les critiques de ses opposants.

Polémiques et trajectoires personnelles

Certaines controverses ne relèvent pas directement d’une condamnation judiciaire mais ont malgré tout alimenté le débat politique. C’est le cas du député Louis Boyard, ancien chroniqueur de l’émission TPMP, qui a lui-même raconté dans plusieurs interviews avoir vendu de la drogue dans sa jeunesse afin de financer ses études. Cette révélation avait suscité de nombreuses réactions dans le monde politique. Une autre affaire récente concerne Rima Hassan. L’élue n’est pas députée à l’Assemblée nationale mais eurodéputée. Elle a été placée en garde à vue dans le cadre d’une enquête liée à des propos publiés sur les réseaux sociaux, une procédure judiciaire toujours en cours à ce stade. De la drogue de synthèse aurait été retrouvé dans son sac.

Un argument politique utilisé par les adversaires de LFI

Pris séparément, ces dossiers concernent des situations personnelles et des temporalités très différentes. Mais leur accumulation est régulièrement utilisée par les adversaires politiques de La France insoumise pour dénoncer ce qu’ils présentent comme une contradiction entre le discours moral porté par le mouvement et les parcours de certains de ses représentants. Du côté de LFI, on insiste au contraire sur le fait que ces affaires ne peuvent être généralisées à l’ensemble du groupe parlementaire. Les responsables du mouvement rappellent que, comme dans tous les partis politiques, certains élus peuvent être confrontés à des procédures judiciaires sans que cela définisse une formation politique dans son ensemble. Cependant, cette accumulation paraît quand même curieuse. Une ou deux affaires pourraient ne pas poser de problème mais dans le cas présent cela fait beaucoup et le mouvement insoumis ne met pas d’ordre lorsqu’il découvre une nouvelle affaire. Aucun autre parti n’est dans cette situation. Reste que dans un paysage politique où les affaires judiciaires occupent une place croissante dans le débat public, ces épisodes donnent une mauvaise image de nos responsables politiques. Nos députés qui représente le pouvoir législatif devraient avoir un devoir d’exemplarité et ne pas avoir eu de problème avec l’autorité judiciaire.

De Rima Hassan à Raphaël Arnault, la contre-offensive victimaire de LFI

DIVERSION. Après le retour du cofondateur de la Jeune Garde à l’Assemblée et la garde à vue de l’eurodéputée propalestinienne, le parti mélenchoniste fait bloc et tente d’imposer son propre récit.

La meilleure défense, c’est l’attaque. Voilà l’adage mis en pratique tout au long de la semaine par La France insoumise, empêtrée dans un tourbillon de polémiques. Ce jeudi, Rima Hassan a été placée en garde à vue pour « apologie du terrorisme » en raison d’une récente publication – depuis supprimée – sur le réseau social X dans laquelle elle fait sienne une citation de Kōzō Okamoto, l’un des trois auteurs du massacre (26 morts) perpétré le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de libération de la Palestine à l’aéroport israélien de Lod-Tel Aviv.

Selon le parquet, la fouille de ses effets personnels a également révélé « la présence de matières s’apparentant d’une part à du CBD [un dérivé du cannabis vendu légalement en France, NDLR] et, d’autre part, à de la 3MMC [une drogue de synthèse], sur lesquelles elle a été interrogée ». Une procédure distincte pour « transport », « détention » et « usage de stupéfiants » a été ouverte.

Lors d’une conférence de presse le lendemain, l’élue propalestinienne, accompagnée de Me Vincent Brengarth, a développé sa stratégie : balayer l’ensemble des accusations tout en les retournant contre les forces de l’ordre et les médias. Le post mis en cause ? Une simple « citation reprise » et « à aucun moment une quelconque apologie ou provocation ». Les produits retrouvés dans ses affaires ? Du CBD « utilisé à des fins médicales », rien de plus.

« Toutes les informations qui font référence à la détention de drogues sont fausses et ont été sciemment relayées dans le seul but de me nuire », martèle la parlementaire de 33 ans, qui dénonce un « harcèlement judiciaire » et un « contournement irrégulier » de son immunité parlementaire. Son avocat va jusqu’à sous-entendre que lesdites substances auraient pu être placées… par la police elle-même : « Quand l’inventaire a eu lieu, la valise était déjà ouverte. » Dans la foulée, les caciques de LFI ont entonné en chœur le même refrain, obtenant l’ouverture d’une procédure pour « violation du secret de l’enquête ».

Comme lors de chaque tempête, l’état-major de LFI a soutenu avec vigueur son soldat

Deux jours avant cette nouvelle affaire en resurgissait une autre avec le retour dans l’hémicycle du député Raphaël Arnault, aux abonnés absents depuis le meurtre de Quentin Deranque à Lyon mi-février. Malgré les appels à la démission, le cofondateur de la Jeune Garde, groupuscule antifasciste dont plusieurs membres – y compris certains de ses anciens collaborateurs – sont mis en examen, est d’abord sorti du silence auprès du média en ligne Blast. Un entretien-fleuve complaisant dans lequel l’élu du Vaucluse (lui-même déjà condamné pour « violences volontaires en réunion ») enchaîne les diatribes contre la « violence politique de l’extrême droite » et accorde une grâce totale à son ex-assistant impliqué dans l’affaire, Jacques-Élie Favrot, qui n’aurait « jamais voulu ça » et pour lequel « cela doit être particulièrement dur ».

Comme lors de chaque tempête, l’état-major de LFI a fait le service après-vente et soutenu avec vigueur son soldat. La cheffe du groupe à l’Assemblée, Mathilde Panot, affirme qu’il a « toute sa place » au Palais-Bourbon. Le « Lider Maximo » Jean-Luc Mélenchon juge même que son « courage honore » l’ensemble de son mouvement…

Vincent Brengarth, l’avocat de Rima Hassan, a déjà défendu un terroriste au procès Paty

Vincent Brengarth, l’avocat de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, a défendu Abdelhakim Sefrioui, prédicateur islamiste jugé pour son rôle dans l’assassinat en octobre 2020 du professeur Samuel Paty.

Ce vendredi 3 avril, à l’occasion d’une conférence de presse, l’avocat de Rima Hassan a commenté la garde à vue de sa cliente pour apologie du terrorisme. Vincent Brengarth a estimé que celle-ci était « parfaitement illégale » et constituait « un contournement d’une immense gravité ». Il en a profité pour évoquer une « disproportion » totale du traitement judiciaire réservé à sa cliente, convoquée jeudi en raison d’un tweet. Elle y citait des propos d’un membre de l’Armée rouge japonaise impliqué dans un attentat meurtrier en Israël en 1972.

Mais le nom de Vincent Brengarth apparaît depuis plusieurs mois, voire plusieurs années dans les médias. En effet, il est l’un des avocats d’Abdelhakim Sefrioui, prédicateur islamiste jugé pour son rôle dans l’assassinat en octobre 2020 du professeur Samuel Paty. L’homme a été condamné en appel à une peine de 15 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste, autant qu’en première instance. Au mois de mars 2026, il a annoncé qu’il allait se pourvoir en cassation.

« Point de crime ou de délit sans intention de le commettre »

Avant le procès en appel, la défense d’Abdelhakim Sefrioui demandait son acquittement, au nom de la « cohérence » et du droit. Ses avocats affirmaient que la figure du militantisme islamiste n’avait pas l’intention, malgré sa campagne de haine en ligne, de mettre en péril la vie de l’enseignant. En réclamant 20 ans de réclusion criminelle contre le militant islamiste, le parquet général « vous demande de faire en sorte que l’association de malfaiteurs terroriste devienne une infraction non intentionnelle », avait plaidé Maître Vincent Brengarth.

« Point de crime ou de délit sans intention de le commettre. Attention à ce glissement ! », martelait le conseil de l’homme de 66 ans. Selon l’avocat, son client ne connaissait pas Abdoullakh Anzorov, djihadiste tchétchène de 18 ans qui a assassiné Samuel Paty parce qu’il avait montré des caricatures du Prophète Mahomet lors de son cours sur la liberté d’expression.

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2 Commentaires
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Nicole

Il était temps que le Code Pénal soit appliqué – non mais ils attendaient après la « 5ème dimension « ????????
Encore occupés à paaaaaaarler, hésiteeeeeeer ???

Richard

Le privilège rouge!