De la démocratie comme droit de mourir (et de donner la mort)?

 

Shmuel Trigano

 

L’imbroglio dans lequel Israël est embourbé a quelque chose de kafkaïen. Une question lancinante obsède les rédactions et la classe politique. Les mainfestations de dizaines de milliers de personnes hostiles à Natanyahaou peuvent-elles légitimement se dérouler alors que la pandémie atteint le plus haut sommet du monde? Ne contribuent-elles pas à répandre le Corona?

D’un côté on interdit tout rassemblement pour des causes sanitaires, de l’autre on autorise ces énormes rassemblements sans masques ni distanciation sociale. Tout simplement parce que la manifestation serait un droit sacré de la démocratie! Le procureur de l’Etat, la Cour suprême sont même allés jusqu’à interdire de les interdire au ministre de l’Intérieur! En somme la démocratie est plus forte que le coronavirus. On touche ici à la limite de la conscience moderne, de l’Etat moderne. Hier soir le Procureur a fini par accepter l’interdiction de ces manifestations mais à condition d’instaurer un confinement total, c’est à dire de plonger tout le pays dans une ruine économique dont Israël pourrait ne pas se relever. Mais, atttention, il s’agit de sauver la démocratie!

C’est alors que se lèvent les religieux. On leur ferme leurs synagogues, on les stigmatise parce que leur milieu est parmi les plus contaminés comme le sont aussi les milieux arabes du fait des rassemblements qui leur sont propres. Le droit de prier en communauté serait-il moins respectable que le droit de manifester en masse? Ce qui est permis aux laïques haïssant Natanyahou serait-il interdit aux religieux aimant leur Dieu? Discrimination disent les uns, fascisme crient les autres.  Dictature nazie, ai-je entendu hier à la Télévision!

La faillite du gouvernement de coalition est totale mais les électeurs ont eu ce qu’ils méritent car ils n’ont pas su faire la différence par deux fois. C’est tout un système médiatico-juridique qui, pendant des années, a sapé l’autorité d’un Etat dont on voit aujourd’hui les défaillances. Faut-il se résigner aux deux milles morts que les épidémiologistes nous annoncent pour les semaines à venir? Après, nous aurons besoin d’un grand sursaut créatif, loin des sinistres drapeaux noirs qu’agitent les instigateurs des manifestations.

*Chronique sur Radio J, le 23 septembre 2020

Photos journal

3 Commentaires

  1. Quel parallélisme medical peut-on établir entre une manifestation hebdomadaire, localisée,qui concerne au plus 5000 personnes et des prières tri quotidiennes qui rassemblent des centaines de milliers d’individus dans tout le pays ? Quel comparaison peut-on faire entre une manifestation politique délibérée et des participations volontaires et individuelles à des rites dictés par la foi ? Peut-on médicalement comparer une manifestation à l’air libre et des milliers d’autres répétitives qui se déroulent en milieu confiné ? Y a-t-il une preuve,-une seule ! – qu’un individu soit sorti malade ou contaminé de ces manifestations politique, mis à part une célèbre manipulation ourdie par le Likoud ?
    L’exemplarité, parlons-en : des rabbins et bons des moindres, ordonnant ouvertement aux directeurs de Yéshivoths de cesser de tester leurs élèves. Les même Yéshivoths, infectées de 40 à 100% décrétées centres d’accueil de malades du Covid pour leur permettre de continuer leur besogne comme si de rien n’était. Les spécialistes – et pas de beaux parleurs- affirment que la population Harédie est à 25 % au moins porteuse du Covid. Ce sont des constats scientifiques.
    Alors, question : jusqu’où peuvent aller la mauvaise foi et les faux semblants ?

  2. Depuis 48 nous avons abandonné sur la route certaines de nos valeurs .

    Mais…..

    N’oublions pas que le ciment de notre Peuple est la Torah garant de notre unité .

    Ce lien est sacré .

  3. le taux de mortalité de toute façon, confinement ou pas, se situera in fine entre 0,5 et 0,8 pour mille de la population, à rapprocher du nombre total annuel de décès, de l’ordre de 1,1 à 1,5 % selon la malnutrition dans les zones concernées. Voilà bien de quoi agiter un Golem, qui fond à vue d’oeil à mesure que la population a un sursaut d’intelligence.

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