Comment Israël construit son industrie de cyberespionnage

Les vétérans de l’unité de renseignement de Tsahal s’arrachent sur le marché de la surveillance électronique.

Pas aussi connue que la NSA auprès du grand public, l’unité 8200 est pourtant considérée par le milieu comme l’une des meilleures agences de renseignement au monde.

8200 est une unité de renseignement d’élite de l’armée israélienne, en partie constituée, comme le reste de l’armée, de jeunes effectuant leur service militaire. Les conscrits sélectionnés pour servir dans cette unité prestigieuse doivent en contrepartie accepter d’y rester cinq ans, le double d’un service classique.

Une opportunité attractive pour les petits génies de l’informatique, puisque les anciens de 8200 s’arrachent dans l’industrie de la cybersécurité. D’après le grand quotidien Haaretz, parmi les 2.300 fondateurs de 700 entreprises de cybersécurité dans le pays, 80% sont passés par les services de renseignement de Tsahal.

Israël a ainsi créé un véritable pipeline, qui forme puis dirige les jeunes doués en informatique vers son industrie de la surveillance. À la manière d’un réseau d’anciens élèves d’une grande université, les ex-8200 forment de plus un réseau solide sur lequel s’appuyer à la fin de son service, explique au média Rest of World Raphael Ouzan, un entrepreneur passé par l’unité.

Clients sulfureux

Seulement, la puissance grandissante d’Israël dans le domaine de la surveillance ne plaît pas à tout le monde. En plus de participer à la surveillance étroite de la Cisjordanie et des Palestiniens en général, ces entreprises ont des clients internationaux sulfureux.

L’une des plus prestigieuses de ces entreprises israéliennes est NSO Group, la créatrice du logiciel d’espionnage Pegasus. Elle est accusée par Edward Snowden d’avoir contribué à la surveillance de Jamal Khashoggi avant son assassinat.

Une autre entreprise, Cellebrite, est capable d’accéder à des appareils verrouillés et de récupérer des données effacées. Sa technologie est utilisée par les polices russe, biélorusse, hongkongaise, indonésienne, américaine mais aussi française. De nombreux ex-8200 sont également débauchés par DarkMatter, une firme de renseignement privée émiratie.

D’après Eitay Mack, un avocat en droits humains, «le système de surveillance israélien est le nouvel Uzi», un pistolet-mitrailleur israélien qui avait connu une extraordinaire popularité. S’occupant d’ordinaire à traquer et tenter d’empêcher les ventes d’armes à feu, Mack se concentre désormais de plus en plus sur les ventes de technologie.

Les régimes autoritaires «n’ont plus besoin de tirer sur les manifestants, estime l’avocat. Avec de l’équipement israélien, ils peuvent empêcher les manifestations avant qu’elles ne prennent place.»

Repéré par Barthélemy Dont sur Rest of World 15/03/2021 à 7h59

https://korii.slate.fr/tech/comment-israel-construit-puissante-industrie-cyberespionnage-surveillance-unite-8200-tsahal

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