Belgique : intervention policière « inacceptable » et salut nazi

Les faits remontent à février 2018 ; l’interpellé est mort et sa veuve déplore la lenteur de la justice après la diffusion d’une vidéo inédite

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Drapeau de Belgique, à Bruges. (Crédit : stormwatch153 via iStock)

Drapeau de Belgique, à Bruges. (Crédit : stormwatch153 via iStock)

Le ministère belge de l’Intérieur a promis jeudi de faire toute la lumière sur une intervention policière « inacceptable » pour maîtriser un passager en 2018 à l’aéroport de Charleroi (sud), au cours de laquelle une fonctionnaire en uniforme a effectué un salut nazi, a déclaré un porte-parole à l’AFP.

Un homme de nationalité slovaque, Jozef Chovanec, était tombé dans le coma après un arrêt cardiaque au cours de cette intervention et il était mort quelques jours plus tard à l’hôpital.

L’affaire remonte à la nuit du 23 au 24 février 2018, quand ce passager sur le point d’embarquer à Charleroi pour un vol à destination de Bratislava avait été interpellé par la police et placé en cellule en raison d’un comportement agité.

Elle a refait surface mercredi car une séquence vidéo inédite a été diffusée par un média belge, à l’initiative de la veuve de la victime dénonçant la lenteur de la justice à déterminer les causes exactes du décès.

Sur ces images de vidéosurveillance, visionnées par l’AFP, on peut voir l’homme saignant abondamment du visage après s’être tapé la tête contre un mur, au bout de plusieurs heures de privation de liberté.

Il s’ensuit une intervention pour le maîtriser puis le menotter, lors de laquelle l’un des fonctionnaires de la police fédérale (six au total interviennent) s’assoit sur l’homme plaqué à plat ventre sur un matelas.

Certains semblent s’amuser de la situation et une policière, debout légèrement en retrait, effectue brièvement un salut hitlérien, toujours selon ces images d’une caméra placée dans la cellule.

« Les images sont choquantes, le comportement des policiers est inacceptable », a déclaré à l’AFP Erik Eenaerts, porte-parole du ministre de l’Intérieur Pieter De Crem.

Il a assuré que M. De Crem, à ce poste depuis décembre 2018, avait découvert ces images mercredi seulement, tout comme la direction de la police fédérale.

« On a demandé à la police fédérale de faire la clarté à 100 % sur cet incident et de mener une enquête disciplinaire parallèlement à l’enquête judiciaire en cours », a ajouté le porte-parole.

Selon la procureure de Charleroi, Sandrine Vairon, une juge d’instruction avait été saisie de l’enquête dans la foulée de la plainte avec constitution de partie civile déposée le 27 février 2018 par la veuve de M. Chovanec.

L’enquête a été ouverte pour « coups et blessures volontaires » car à ce moment-là M. Chovanec n’était pas décédé, a affirmé Mme Vairon à l’AFP.

« C’est un fait, monsieur est décédé, il y aura une requalification juridique c’est évident », a ajouté la procureure, sans préciser si des policiers avaient déjà été inquiétés dans l’enquête.

Quant à la policière auteure du salut nazi, « elle a été déplacée et mise dans un service où elle ne rentre pas en contact avec le public », selon Erik Eenaerts (Donc ni mise à pied ni expulsée d’u corps de police réputé « démocratique »).

Le numéro deux de la police fédérale belge, André Desenfants, a annoncé qu’il quittait ses fonctions le temps d’une enquête interne. M. Desenfants était en fonction à l’époque, contrairement au numéro un de la police fédérale Marc De Mesmaeker.


Belgique : scandale après la diffusion des images de la mort d’un homme aux mains de la police

Les faits se sont produits le 23 février 2018 à l’aéroport de Charleroi, où un passager slovaque au comportement jugé agité avait été brutalisé par la police.

Les faits se sont produits le 23 février 2018 à l’aéroport de Charleroi, où un passager slovaque au comportement jugé agité avait été brutalisé par la police.

André Desenfants était en fonction à l’époque, contrairement au numéro un de la police fédérale Marc De Mesmaeker. « Je ne peux pas tolérer certaines choses que j’ai vues », a-t-il dit jeudi, en assurant qu’il n’avait découvert les images qu’à la suite de leur diffusion dans les médias. Il a demandé lui-même à être écarté de ses fonctions.

Les faits se sont produits le 23 février 2018 à l’aéroport de Charleroi, où un passager slovaque au comportement jugé agité avait été brutalisé par la police. Sur les images de vidéo-surveillance, que nous avons décidé de ne pas montrer et rendues publiques par les avocats de la veuve de la victime, on voit des agents de la police fédérale maîtrisant sans ménagement Jozef Chovanec, 40 ans, dans une cellule.

Au début des images, la victime se frappe plusieurs fois très violemment la tête sur un mur.

Seize minutes sur sa cage thoracique

Un policier s’est notamment appuyé sur sa cage thoracique pendant 16 minutes, ce qui n’est pas sans rappeler les circonstances de la mort de George Floyd aux Etats-Unis. Un des agents est également filmé faisant un salut nazi. Jozef Chovanec était décédé quelques jours après.

Face à la polémique, le Syndicat National de Police et de Sécurité (SNPS) a apporté jeudi des précisions sur le salut nazi. Selon lui, l’agente en question montre à son supérieur, qui n’est pas visible, le geste que la victime a adressé plusieurs fois aux policiers lors de son arrestation en les qualifiant de « Gestapo ». « Nous sommes donc loin de la salutation volontaire nazie d’un agent fasciste », assure-t-il.

« Atmosphère horrible »

« Les images dont nous disposons sont incomplètes et éparses, mais elles semblent indiquer que Jozef Chovanec était dans un état de confusion, s’infligeant à lui-même des coups et avait besoin d’aide », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

« La manière dont la police est intervenue est injustifiable. Nous demandons que soit menée une enquête approfondie sur les faits et sur l’atmosphère horrible qui semblait régner lors de l’incident », ajoute-t-il.

« Ce qui s’est passé est intolérable »

Le 23 février 2018, Jozef Chovanec devait prendre un vol pour Bratislava. Ne trouvant plus son billet d’embarquement, il a forcé le passage pour entrer dans l’avion, bousculant une hôtesse. Remis dehors par l’équipage, la police l’avait interpellé sur le tarmac.

 

Le ministre belge de l’Intérieur, Pieter De Crem, a lui exprimé jeudi son indignation après la diffusion des images. « Ce sont des images extrêmement choquantes. Ce qui s’est passé est intolérable, avec des mesures d’une violence hors de toute proportion », a déclaré le ministre.

M. De Crem attend la fin de l’instruction judiciaire ouverte à la suite du décès de la victime mais il a toutefois demandé à l’Inspection générale de la police d’ouvrir un dossier sur deux faits : le salut hitlérien et le « signe du diable » fait en direction de la caméra de surveillance.

 

lavoixdunord.fr

 (Articles attenants en cours)

2 Commentaires

  1. «  » » » »Face à la polémique, le Syndicat National de Police et de Sécurité (SNPS) a apporté jeudi des précisions sur le salut nazi. Selon lui, l’agente en question montre à son supérieur, qui n’est pas visible, le geste que la victime a adressé plusieurs fois aux policiers lors de son arrestation en les qualifiant de « Gestapo ». « Nous sommes donc loin de la salutation volontaire nazie d’un agent fasciste », assure-t-il. » » » » » » » » » »

    je n’ ai pas assez de qualificatifs admiratifs!
    grandiose, trouvaille geniale, imagination debridée, couverture de la bande poulaga, alors je me demande, comme n’ importe qui, est ce que ce malheureux au lieu de s’ appeler Jozef s’ était appelé Youssef, ne serait pas toujours en vie et les flics virés de leur commissariats et condamnés

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