Des chercheurs identifient une nouvelle région du cerveau impliquée dans la fluidité de la parole

Des chercheurs de l’université de médecine de New York ont découvert une nouvelle région cérébrale qui serait impliquée dans le contrôle auditif de la parole. Un mécanisme fortement perturbé dans certains troubles neurologiques et psychiatriques.

Les études scientifiques ne manquent pas de nous fournir des éclairages multiples sur le langage. Par exemple, des recherches en neurosciences révèlent que « notre cerveau n’a pas besoin « d’empiler » les sons pour comprendre les phrases ». D’autres s’adonnent à mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent sa production. C’est dans cette optique que des chercheurs de l’Université de New York (Etats-Unis) se sont intéressés à cette capacité qui nous permet d’assurer en permanence la fluidité de notre parole. Cette sorte de mécanisme de retour du son de notre voix à nos oreilles nous permet d’adapter cette dernière pour la rendre plus limpide. Dans une étude publiée le 3 février 2022 dans Plos Biology, ces chercheurs américains ont mis le doigt sur une nouvelle région cérébrale impliquée dans ce contrôle de la rétroaction auditive.

« Le cerveau génère une estimation »

Avant d’énoncer une phrase quelconque, le cerveau tenterait d’abord de se faire une idée du résultat. Puis, grâce au mécanisme de rétroaction auditif, lorsque la parole est énoncée, le cerveau viendrait comparer sa prévision avec ce qui a été dit afin de gommer toutes les impuretés dans l’objectif de là rendre la plus souhaitable possible.

Un écho plus ou moins retardé

Pour mieux comprendre ce mécanisme, des chercheurs de la NYU Grossman School of Medicine ont alors enregistré l’activité de zones cérébrales spécifiques de la parole de personnes en train de lire à haute voix. Afin de mieux cerner les régions cérébrales impliquées dans ce fameux mécanisme de rétroaction de la parole, les chercheurs l’ont artificiellement retardé grâce à un dispositif qui permettait d’agir sur le délai avec lequel l’enregistrement vocal de ce qui était lu revenait aux oreilles du lecteur.

Une technique de perturbation du retour vocal qui leur a permis d’altérer la fluidité de lecture à haute voix des participants. Appelée « rétroaction auditive retardée », cette méthode – déjà connue pour être utilisée dans le traitement contre le bégaiement- a permis aux scientifiques d’apercevoir ce qui se passait dans le cerveau lorsque celui-ci emploie le fameux mécanisme de correction du discours en temps réel. Résultat ? Les neuroscientifiques ont identifié une région cérébrale qui semble fortement connectée au cortex auditif et jusqu’à-là inconnue dans le contrôle auditif de la parole : le gyrus précentral dorsal.

Le gyrus précentral dorsal, marqué en rouge, traverse la partie haute du cerveau. Crédit : RAZVAN V. MARINESCU

 

Connue habituellement pour son implication dans le contrôle des mouvements volontaires, cette structure du cerveau – traversant sa partie haute – n’avait auparavant jamais été reconnu comme jouant un rôle dans le contrôle en temps réel de la parole. Elle se serait montrée particulièrement active lorsque le discours des participants était volontairement perturbé par le retour vocale de leur propre voix retardé. Une confusion pour les participants, mais une preuve pour les auteurs que cette région nouvellement découverte serait déterminante dans le maintien de la fluidité de la parole.

Par Nicolas Mahaut www.sciencesetavenir.fr
LE GYRUS PRÉCENTRAL DORSAL SERAIT UNE RÉGION DU CERVEAU FORTEMENT IMPLIQUÉ DANS LE CONTRÔLE DE LA FLUIDITÉ DE LA PAROLE. ADEEN FLINKER (CC BY 4.0, HTTPS://CREATIVECOMMONS.ORG/LICENSES/BY/4.0/)

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