Au cœur du QG secret iranien en Syrie ©

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A l’intérieur de la Maison de Verre ((Maqar-e Shishe’i en Farsi) : L’Iran ‘dirige sa guerre secrète en Syrie, qui lui coûte des milliards depuis un QG de maîtres-espions top secret près de l’aéroport de Damas’

  • Des sources au sein des gardiens de la Révolution iranienne ont transmis des renseignements à des militants anti-régime qui ont ensuite transmis ces informations au MailOnLine. 
  • Téhéran ‘dirige les opérations en Syrie à partir d’un QG près de l’aéroport de Damas’, surnommé ‘La Maison de Verre” (Maqar-e Shishe’i en Farsi).
  • Ces renseignements affirment qu’il y a 60.000 combattants sous le commandement iranien en Syrie et non 16.000 comme on le pensait. 
  • Ces affirmations sont déclarées “crédibles selon les experts des renseignements, suggérant que l’Occident a largement sous-estimé l’influence de l’Iran. 
  • IL’Iran a dépensé des milliards – probablement environ 100 milliards de $ en matériel lourd et en soutien pour Assad depuis 2011. 
  • Ces informations surviennent un an après que les puissances aient signé un accord nucléaire très controversé avec l’Iran 

 

L’Iran renforce le régime syrien depuis un QG secret à Damas, surnommé “La Maison de Verre” – et commandée par énorme armée secrète en soutien à Assad, selon des fuites des renseignements transmis par des militants anti-régime au MailOnLine.

Le Conseil National de la Résistance d’Iran (CNRI) affirme que le guide suprême du régime théocratique, Ali Khamenei a dépensé des milliards en matériel lourd pour son allié Bachar al Assad au cours de ces cinq dernières années et  que ses officiers supérieurs dirigent les opérations sur le terrain depuis un immeuble de cinq étages tout près de l’aéroport de Damas.

Ce QG iranien qui joue un rôle central dans le soutien au régime Assad aux côtés de la Russie, abrite des opérations des renseignements et du contre-espionnage et dont les voûtes se sont construites à coup de millions de dollars de liquidités fournis par Téhéran, selon le CNRI. 

Ces allégations sont contenues dans un dossier de rapports  qui ont apparemment fait l’objet de fuites, de la part de sources importantes au sein du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne, ensuite rassemblés par des activistes dissidents qui s’opposent au régime iranien.

Le dossier – qu’on ne peut pas vérifier de façon totalement indépendante, mais qui est décrit comme “crédible” par des experts des renseignements – donne de la substance aux affirmations audacieuses que l’Iran contrôle la plus vaste force combattante en Syrie ; dispose de bases militaires à travers tout cet Etat éclaté ; que l’Iran a amassé un trésor de guerre bien plus impressionnant qu’on pouvait le craindre en soutien au Président syrien.

Support: Syrian president Bashar al Assad is being supported by the Iranian regime of Ali Khamenei

Ali Khamenei, Supreme Leader has invested heavily to shore up the splintering Syrian state

Les troisième et quatrième étages sont apparemment occupés par l’unité des renseignements des Gardiens de la Révolution, qui agence le commandement global du QG. Ces zones sont interdites d’accès même pour les officiers les plus importants de l’armée.

Au rez-de-chaussée, on dit qu’il y aurait une cafétéria et une clinique privée dotée de 20 lits pour le personnel blessé, parmi les hauts -gradés de l’armée, alors que le premier étage abrite le département de la propagande des Gardiens de la Révolution, des zones de repos et des salles de prière, selon ces renseignements diffusés.

Le sous-sol contient les départements du contre-espionnage et de logistique et on dit qu’il renfermerait des millions de dollars en liquide.

Quand les soldats des Gardiens de la Révolution arrivent en Syrie, le QG leur donne une carte blanche contenant un code spécial, qui leur est repris quand ils quittent le terrain.

Si les affirmations des activistes sont exactes, cela voudrait dire que le régime fondamentaliste de Téhéran et ses supplétifs chiites sont bien plus puissants qu’on ne l’a estimé. Les analystes occidentaux ont jusqu’à présent évalué letotal des forces chiites à à peine 16.000 hommes.

Les dissidents affirment que l’Iran commande à présent environ 60.000 hommes de troupe chiites : 15.000 hommes de plus que les troupes britanniques avaient envoyé en Irak en 2003 – alors que l’Armée d’Assad a été réduite à environ 50.000 hommes.

En outre, la milice libanaise du Hezbollah, qui dispose du’ne structure de commandement indépendante,mais opère en étroite coordination avec l’Iran, dispose d’environ 7 à 10.000 hommes présents dans le pays, selon eux.

Le CNRI est un mouvement d’opposition en eixl qui se consacre à chercher à renverser le régime des Mollahs. Il a fréquemment diffusé des renseignements précieux à propos du régime par le passé et, bien qu’on ne puisse affirmer avec certitude que tout ce que diffuse ce mouvement est exact, en 2002, il a révélé, de manière qui a fait sensation, l’existence des sites nucléaires secrets de Natanz, Arak, en Iran central, ce qui a rendu les Occidentaux plus prudents, à l’époque,dans leurs négociations avec l’Iran.

La suggestion que l’Iran dispose d’autant de soldats sur le champ de bataille : 16.000 troupes iraniennes commandant 45.000 mercenaires chiites d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan, du Liban, ainsi que des Palestiniens et des Baloutches, un groupe minoritaire des trois frontières afghanes, pakistanaises et iraniennes – va probablement provoquer une certaine anxiété dans la région et en Occident, qui allège les sanctions contre le régime, après avoir signé un accord nucléaire très controversé.

Kamal Alam, chercheur et analyste à l’Institut Royal des Services Unifiés (RUSI) affirme que ces renseignements révélés sont “totalement plausibles”.

“Je me rend très régulièrement en Syrie et je visite les champs de bataille et j’ai vu comment les Iraniens tentent de garder leurs opérations aussi secrètes que possible”, dit-il.

“Leurs hommes de troupes tendent à parler arabe plutôt que farsi en public et généralement ils ne portent pas d’uniformes iraniens. Cela rend plutôt difficile aux observateurs de savoir combien ils sont exactement dans le pays”.

Les Analystes sont contraints d’utilisent des estimations conservatoires (prudentes) sur le nombre de troupes, selon Alam, parce que Téhéran, qui s’inquiète de ne pas déclencher l’alarme aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger – ne diffuse aucun tableau statistique fiable.

En outre, le Président syrien Assad, qui dirige une administration se prétendant laïque,minimise le soutien iranien pour éviter de donner l’impression qu’il n’est plus qu’n pantin du régime islamiste, dit-il.

Activists have claimed that Iran now leads 10,000 more troops in Syria than Assad himself. If true, that would mean that it is at least 15,000 higher than the force Britain led into the 2003 Iraq war

Des murs à l’épreuve des explosions forment un carré autour du périmètre, qui est gardé par des hommes de troupes lourdement armés. Selon le CNRI, plus de 1000 hommes travaillent au sein de la base secrète et tous doivent se soumettre à des interrogatoires et fouilles de sécurité intensifs.

un certain nombre de départements sont basés à l’intérieur, dont le contre-espionnage, la logistique, la propagande et le commandement mercenaire étranger; les redoutés services de renseignements iraniens, sont en charge de la base et on dit qu’ils occupent les deux étages supérieurs.

Le bâtiment contient aussi des salles de prière, une clinique de 20 lits pour les officiers supérieurs blessés et des installations qui détiennent des millions de dollars en cash, gardés au sous-sol.

Iranian Revolutionary Guards at the funeral of General Mohammad Ali Allahdadi, a commander killed in southern Syria

Des gardiens de la révolution iranienne aux funérailles du Général Mohammad Ali Allahdadi, un commandant de premier plan liquidé par Tsahal, avec le fils d’Imad Moughniyeh, Jihad et au moins cinq dirigeants importants du Hezbollah, le 18 janvier 2015.

Activists claim Tehran has divided Syria into five 'fronts' with bases in 18 locations from the north to the south - but this information could not be verified

Les activistes dissidents iraniens affirment que Téhéran a divisé en cinq fronts, avec des bases dans 18 localisations du nord au sud – cette information n’ayant pu être vérifiée.

Hezbollah fighters in Qalamoun, western Syria. Iranian opposition activists say they now have about 10,000 troops in the country

Combattants du Hezbollah sur le mont Qalamoun, en Syrie occidentale. Il y aurait 10.000 hommes de cette milice, selon les informations recueillies par les militants anti-régime.

Syria's President Bashar al-Assad visits Syrian army soldiers fighting in eastern Ghouta in Damascus, Syria, in June 2016

Le President Bashar al-Assad rend visite aux soldats de l’armée syrienne combattant dans l’Est de la Ghouta à Damas en Juin 2016

Survivors are pulled from a raging fire after Assad's aircraft bomb the Ansari neighborhood of Aleppo in July

Des survivants sont retirés des flammes qui font rage, après qu’un avion d’Assad ait bombardé le quartier d’ Ansari à Alep en juillet.

Les renseignements transmis au MailOnLine affirment que Téhéran a dépensé une somme de 100 milliards de dollars échelonnés dans le temps depuis 2011, dont du matériel lourd et tout le soutien nécessaire au régime Assad.

Cette évaluation présentée par le CNRI a surpris les anaystes occidentaux, qui estimaient jusqu’à présent que l’Iran avait juste dépensé 15 milliards de $ dans la guerre en Syrie.

Des millions de dollars en liquide sont régulièrement apportés sur la piste d’atterrissage iranienne avant d’être transférés au QG, selon les dissidents.

Ils seraient stockés dans les sous-sols sous la supervision du chef de la logistique, le Général de Brigade Seyyed Razi Mousavi, auparavant commandant des forces d’élite Al Qods en Syrie et l’argent est essentiellement employé à payer les salaires des combattants.

Ces révélations surviennent aussi juste après que Téhéran ait accordé la mesure extraordinaire d’offrir certaines de ses bases aériennes à la Russie afin de mener ses attaques aériennes en Syrie, faisant ainsi la démonstration de son rôle de plus en plus étendu dans le conflit.

Cela fait aussi suite aux reportages disant que l’Iran déploie ses systèmes de missiles russes S-300 sol-air, sur son site d’enrichissement d’unranium à Fordo, au Nord Ouest de l’Iran.

Le Dr Aniseh Bassiri Tabrizi, un spécialiste de l’Iran au RUSI déclare : “C’est très difficile de connaître les chiffres parce que l’Iran est très secret. 

Ce n’est, en revanche, pas un secret que l’Iran dispose d’une présence massive sur le terrain qui n’est pas exclusivement fondé sur des conseillers et des consultants. Ces données renforcent nos hypothèses et soupçons concernant l’implication iranienne en Syrie, mais cela nous amène bien plus loin qu’on ne le pensait concernant ces chiffres.

“Cela amplifie notre vision des choses, du fait de l’investissement lourd militaire, politique et financier en Syrie, que l’Iran ne retirera probablement pas ses troupes sur le terrain sans un changement majeur dans l’équilibre des forces.

Streets are reduced to rubble by Russian planes in Idlib, Syria, in July. Iranian forces are supported by Russian airpower

Les rues sont réduites en cendres par les avions russes à Idlib, en Syrie. Les forces iraniennes sont soutenues par les bombardiers russes. 

Une porte-parole du Foreign Office a déclaré au MailOnLine : “Le rôle de l’Iran dans le développement de l’instabilité dans la région, y compris par sonsoutien à des groupes supplétifs et au régime Assad, dans les activités souterraines des Forces Al Qods, demeurent une source de graves préoccupations”.

Les dissidents affirment aussi que Téhéran a enraciné ses forces militaires dans 18 localisations du nord au sud de la Syrie (voir Carte) montrant à quel point il a l’intention de contrôler de vastes bandes du pays, même si Assad était vaincu.

Les planificateurs militaires iraniens -agissant sous les ordres du Général Mohammad Jafaar Assadi, le commandant suprême des forces iraniennes en Syrie, récemment nommé, ont divisé la Syrie en cinq fronts, comprenant le Front Nord, le Front Est, le Front Sud, le Front du Commandement Central et le Front Côtier, selon le CNRI.

Des bases des gardiens de la Révolution ont été implantées dans chacun de ces secteurs qui, selon le CNRI peut accueillir plus de 6.000 hommes de troupes, ainsi que des armes lourdes, une puissance aérienne et des missiles anti-aériens.

Les experts disent que Téhéran est déterminé à protéger et à défendre ses lignes d’approvisionnement vers son allié du Hezbollah au Sud Liban et à s’étendre bien au-delà des limites de ce territoire central.

The civil defence inspects damage at a site hit by airstrikes in the rebel-held Douma neighbourhood of Damascus in July

A wounded boy lies in an ambulance after Assad's forces attacked the Ansari neighborhood of Aleppo in July

Une source des renseignements nous a dit : “L’Iran se met en position où, qu’Assad tombe ou pas, Téhéran reste dans la meilleure position possible pour dominer quel que soit le problème qui survienne ensuite”.

L’échelle d’engagement de Téhéran en Syrie est telle que la guerre ramène forcément ses taux de morts au pays, selon ce dossier. L’an dernier, 5.000 Iraniens étaient en action dans le pays. Aujourd’hui, ce nombre est de 16.000 hommes.

Des sources de sécurité ont relevé le niveau croissant de malaise exprimé publiquement en Iran à cause du nombre de morts subi. En réponse, Téhéran présente le conflit comme la ligne de front d’une guerre contre le terrorisme “takfiri” qui s’il n’est pas stoppé à l’extérieur, menacerait l’Iran à l’intérieur.

Victorious Syrian army soldiers in trucks shout slogans in support of Assad as they enter a village north of Damascus, Syria

Soldats syriens

Civilians walk past damages at a site hit by airstrikes in the rebel-held Douma neighbourhood of Damascus in July

A page of the leaked dossier claiming to reveal the secret command structure Iranian-controlled forces in Syria

 

 

Source : dailymail.co.uk

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Adaptation : Marc Brzustowski

2 COMMENTS

  1. […] Al-Zabadani, une ville située sur la route reliant Damas à Beyrouth, près de la frontière libanaise à l’ouest, a été prise en charge par le Hezbollah, qui a établi ses postes de commandement, ses camps d’entraînement, ses dépôts de munitions et de roquettes. À Al Kiswah, au sud de Damas, les missiles de Tsahal ont frappé le poste de commandement central de l’Iran en Syrie, connu sous le nom de «Maison de verre». […]

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