- Agressions et plaintes : Le syndicat de police espagnol et les autorités judiciaires font état d’une quinzaine d’enquêtes ou plaintes ouvertes pour des faits d’agressions sexuelles et de viols.
- Profil des victimes : Plusieurs victimes sont des jeunes filles mineures, dont certaines prises en charge à l’hôpital de l’enclave.
- Pression humanitaire : La saturation des structures d’accueil, l’isolement de certains mineurs non accompagnés et la promiscuité dans les campements de fortune renforcent les risques pointés par des ONG comme Save the Children et l’UNICEF.
- Interpellations : Plusieurs suspects ont été interpellés et placés en détention provisoire ou renvoyés au Maroc par le Tribunal supérieur de justice d’Andalousie.
- Transferts : Le gouvernement espagnol a initié des transferts d’environ 500 mineures particulièrement vulnérables de Ceuta vers la péninsule ibérique pour assurer leur prise en charge.
Mineures, femmes isolées : les agressions sexuelles se multiplient dans l’enclave saturée.
Devant le commissariat de la Policia Nacional de Ceuta, une file déborde d’un trottoir sans ombre. Une policière a coupé la circulation, y compris aux piétons. Interdiction de photographier sur le passage Colon, en plein centre de l’enclave, à une centaine de mètres de La Ribera, la seule plage un peu chic encore fréquentée par les locaux.
Là, ils sont des dizaines, tous très jeunes, avec une surreprésentation d’adolescentes, le regard dans le vide, souvent habillées d’un seul tee-shirt couvrant à peine le haut de leurs cuisses. Dans leurs mains, parfois un sac plastique, ou rien du tout. Ils attendent d’être appelés, auditionnés, enregistrés. La plupart restent silencieux. Quelques-uns dorment assis contre le mur. C’était il y a deux semaines, cinq jours après l’arrivée massive de migrants qui avait fait céder la frontière avec le Maroc. Un mot se chuchotait : « violaciones », viols.
À l’hôpital universitaire de Ceuta, les victimes arrivent au compte-gouttes. Une catastrophe sanitaire dans le désastre migratoire. En une semaine, au moins cinq filles de moins de 14 ans ont été prises en charge pour des faits compatibles avec des violences sexuelles. Un jeune garçon aussi. Le reste se devine : les centres d’accueil sont pleins, les mineurs sont partout, certains disparaissent du radar pendant des heures ou des jours, se terrant dans les falaises ou – déjà – dans les petites constructions de tôle, de carton et de toile qu’ils ont bâties à proximité immédiate du littoral.
Les mineures pourraient tomber aux mains de réseaux de traite
Depuis le début de la crise, le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a nié l’évidence. L’Unicef a été l’une des premières organisations à mettre le sujet sur la table. En milieu de semaine, le directeur de l’ONG, José Maria Vera, a alerté sur les risques qui pèsent sur les mineures : au-delà des violences sexuelles, les plus vulnérables pourraient être exploitées ou tomber aux mains de réseaux de traite. « Certaines d’entre elles sont très jeunes, et le fait d’être sans véritable projet migratoire constitue un traumatisme », a-t-il souligné, pointant également « les responsabilités qui incombent en premier lieu à la ville autonome de Ceuta, puisque c’est là qu’ils sont arrivés » et appelant à « une coresponsabilité du gouvernement ».
Le leader de l’opposition, Alberto Nuñez Feijoo, chef du Parti populaire, s’est rendu dans l’enclave pour réclamer un conseil de sécurité en urgence et le rapatriement au Maroc des quelque 10 000 ressortissants encore présents « avec ordre et sans conflit ». Sanchez, lui, a choisi l’inverse : 500 mineures non accompagnées ont déjà été transférées vers la péninsule Ibérique. Cette fois, ce sera bel et bien sur le continent européen.
JForum.Fr et le JDD
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