La religion est meilleure pour la santé mentale

Une étude menée par l’université hébraïque de Jérusalem met en lumière l’impact de la religiosité, du sens de la vie et des habitudes numériques sur la santé mentale. En analysant les réponses de 3 000 adultes juifs israéliens issus de divers milieux, les chercheurs ont identifié que le sentiment profond de donner un sens à sa vie et la réduction du temps passé sur les réseaux sociaux sont des facteurs déterminants pour diminuer les risques d’addiction, d’anxiété, de dépression et de stress post-traumatique. Cette étude, réalisée dans un contexte de guerre prolongée en Israël, offre une perspective précieuse sur la résilience psychologique face à des traumatismes collectifs et à une exposition constante à des contenus en ligne perturbants.

Les participants religieux ont déclaré moins de symptômes liés aux troubles mentaux et aux addictions que les non-croyants. Toutefois, les chercheurs soulignent que la religiosité en elle-même n’explique pas entièrement cette protection. En effet, une fois pris en compte le sens de la vie et les pratiques numériques, l’effet protecteur de la religiosité s’estompe, sauf pour la consommation problématique de substances. Cela suggère que d’autres dimensions de la vie religieuse, comme les normes sociales partagées et le soutien communautaire, jouent un rôle spécifique dans la prévention des abus d’alcool et de drogues.

Le travail de l’équipe dirigée par des psychologues de l’université hébraïque met en avant trois facteurs clés : un sens fort de la vie, une utilisation modérée des réseaux sociaux, et une moindre exposition à des contenus en ligne violents ou haineux. Ces éléments apparaissent comme les meilleurs prédicteurs d’une meilleure santé mentale. La recherche souligne aussi que les pratiques religieuses, telles que la prière régulière ou les responsabilités familiales, peuvent structurer le temps et limiter les occasions de comportements addictifs, mais ce n’est pas la seule explication. Le sens profond ressenti dans ces activités semble être le moteur principal de cette résilience.

Les chercheurs insistent sur le fait que le sens de la vie n’est pas une caractéristique figée, mais une ressource psychologique qui peut être développée. Elle peut émerger de l’engagement dans des relations, des responsabilités, des activités créatives ou communautaires, qu’elles soient religieuses ou non. Par ailleurs, ils recommandent une consommation plus consciente de l’information, en évitant le « doom-scrolling » – cette habitude de faire défiler sans fin des contenus anxiogènes – et en privilégiant des sources fiables et des moments dédiés à la consultation des actualités.

Cette étude ouvre la voie à une meilleure compréhension des mécanismes de protection mentale dans un monde numérique saturé d’informations souvent traumatisantes. Elle invite à repenser les stratégies de prévention en santé mentale, en valorisant le développement du sens personnel et des habitudes numériques saines, indépendamment des croyances religieuses. Enfin, elle souligne la nécessité de recherches futures pour approfondir les liens entre religiosité, résilience psychologique et comportements numériques, notamment dans des contextes de crise prolongée comme celui vécu en Israël.

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