Le Hezbollah attend le feu vert de Téhéran pour attaquer Israël

Au Sud-Liban, les regards ne se tournent plus seulement vers la frontière israélienne. Ils remontent désormais beaucoup plus loin, jusqu’à Téhéran. Selon une source politique libanaise, le Hezbollah multiplierait les opérations militaires tout en attendant une décision iranienne avant de franchir un nouveau palier dans l’escalade. Dans cette partie d’échecs où chaque drone, chaque frappe et chaque déclaration peut modifier le rapport de force, une question domine : quelqu’un, quelque part en Iran, s’apprête-t-il à donner le feu vert ? Cette affirmation reste à ce stade celle d’une source libanaise et n’a pas été confirmée indépendamment.

Le week-end a donné un aperçu de ce que pourrait devenir une nouvelle confrontation. Dans la nuit de vendredi à samedi, un drone explosif du Hezbollah a frappé des militaires israéliens dans le secteur de la crête d’Ali al-Taher. Un officier et deux soldats ont été grièvement blessés. La réponse n’a pas tardé. L’armée israélienne a déclenché une série de frappes au Sud-Liban, visant notamment des infrastructures et des responsables du mouvement chiite. Israël affirme avoir éliminé plusieurs cadres du Hezbollah, dont un commandant de l’unité Badr. Les autorités libanaises ont fait état de onze morts dans les bombardements de samedi, parmi lesquels des civils.

Derrière les explosions se joue cependant une autre bataille, beaucoup plus silencieuse. Israël et le Liban tentent, sous médiation américaine, de mettre en œuvre un accord prévoyant le désarmement progressif des groupes armés non étatiques et le retrait par étapes des forces israéliennes du Sud-Liban. Le Hezbollah refuse de discuter de son désarmement tant qu’Israël reste présent sur le territoire libanais. Israël affirme de son côté qu’il ne se retirera pas tant que la menace représentée par l’organisation n’aura pas disparu. Le piège diplomatique se referme : chacun conditionne son prochain mouvement à celui de l’adversaire.

Selon la source libanaise, le Hezbollah chercherait précisément à faire échouer ce processus. Elle accuse également Benjamin Netanyahu de vouloir exploiter militairement la tension avant les élections israéliennes du 27 octobre. Cette dernière accusation relève toutefois de l’analyse politique et n’est étayée par aucune preuve publique. Ce qui est certain, c’est que le gouvernement israélien a durci son discours : après l’attaque du drone, les responsables israéliens ont prévenu que de nouvelles opérations pourraient suivre si le Hezbollah poursuivait ses attaques.

Washington tente pendant ce temps d’empêcher que la mécanique ne s’emballe. Les États-Unis maintiennent leur soutien au désarmement du Hezbollah, mais rappellent également qu’une présence israélienne permanente au Liban serait incompatible avec le cadre négocié.

Le Sud-Liban se retrouve ainsi suspendu entre négociations et reprise de la guerre. Rien ne prouve encore qu’un ordre iranien d’escalade soit imminent. Mais après le drone d’Ali al-Taher et les frappes qui ont suivi, la marge d’erreur s’est brutalement réduite. Dans ce face-à-face, le prochain message venu de Téhéran pourrait compter davantage que toutes les déclarations publiques.

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