Profondément émue d’être désormais franco-israélienne.

L’écrivaine française Rachel Khan a officiellement fait son alyah, concrétisant un projet qu’elle décrit comme un rêve d’enfance. Elle livre ici l’émotion de sa nouvelle nationalité.

Je pense aujourd’hui à mes grands-parents, à ma famille Herck de Pologne, entièrement anéantie par les nazis. Je pense à Achille, le cousin de ma mère, assassiné à l’âge de deux ans parce qu’il était juif. Je pense à Rivka, Inda, Avraham. Je pense à ma mère, enfant cachée en France. Je pense à Drancy, Compiègne, Beaune-la-Rolande, Pithiviers.

Pour certains, l’aliyah est un départ.

Pour moi, c’est un lien.

Je ne quitte pas la France.

La France m’a éduqué, transmis des principes, une devise, donné une langue, une littérature, le goût du débat, de l’expression, de la laïcité, de l’universalisme, une exigence intellectuelle et l’amour de la liberté.

Israël me donne aujourd’hui une nationalité qui répare une histoire familiale brisée. C’est intime, Israël me relie à mes ancêtres, à une mémoire retrouvée, à une terre où le peuple juif écrit son histoire au présent.

Je veux être un pont entre ces deux démocraties. Un pont où circulent les idées, l’art, la recherche, l’innovation, l’écologie, la culture et l’espérance.

Mon histoire est afro, yiddish, française et désormais israélienne.

Je ne veux renoncer à aucune de ces parts de moi. Je veux les faire dialoguer.

C’est ma manière de faire mon aliyah.

Chacun a la sienne.

Rachel Khan

JForum.fr

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire