Après Bolton : Pompeo est-il le dernier homme d’aplomb?

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L’ÉLIMINATION DE BOLTON PAR TRUMP FAIT DE POMPEO  LE DERNIER HOMME DEBOUT

Bolton est entré dans l’administration dans le cadre de la deuxième série d’embauches après que la première équipe de Trump a semblé fragile au printemps 2018.

Le secrétaire d'Etat américain Pompeo s'entretient avec le conseiller en sécurité nationale Bolton avant l'adhésion d'un Abe-Trump

Le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, John Bolton, est le dernier haut fonctionnaire d’une longue série à être limogé de l’ administration Trump.

Congédié sans cérémonie mardi, il a rejoint Rex Tillerson, Jim Mattis, HR McMaster et d’autres départs très médiatisés.

Pour les partisans d’une position dure face à l’Iran, la destitution radicale de Bolton pourrait indiquer que le président Donald Trump adoptera une position plus modérée, mais avec le secrétaire d’État Mike Pompeo à la barre des sanctions contre l’Iran, il est difficile d’imaginer un changement majeur.

Bolton a rejoint l’administration dans le cadre de la deuxième série d’embauches après que la première équipe de Trump a semblé fragile au printemps 2018. Il a été nommé le 22 mars 2018, une semaine après l’appel de Pompeo alors à la CIA, le 13 mars pour diriger le département d’État. Il a fallu attendre avril pour confirmer Pompeo à son poste.

Bolton était perçu comme un faucon à l’égard de l’Iran, et il avait été nommé ambassadeur auprès de l’ONU sous George W. Bush en 2005. Il a été présenté comme celui qui essayait de «pousser» l’Iran à la guerre, accusé d’être «va t-en guerre”. Il n’est pas tout à fait démontré que cela soit exact, mais la perception est souvent aussi importante à Washington qu’à Téhéran. Lorsque Trump a annulé les frappes iraniennes le 20 juin à la suite de la chute d’un drone américain, il était clair que l’agenda de Bolton pourrait se retrouver sur le grill, à un moment donné.

Au cours de la dernière année, des rumeurs ont circulé à propos des dissensions d’interprétation entre Trump et Bolton, selon lesquelles les deux hommes étaient presque décrits comme suivant des agendas distincts. C’était étrange pour un conseiller à la sécurité nationale censé être proche du président. Dans les derniers jours du mois d’août, le Washington Post a rapporté que Bolton avait été écarté de la politique afghane (en raison de son refus de négocier avec les Taliban). Mais Trump a annulé les pourparlers de paix avec les hautes personnalités talibanes, de toute façon, alors on ne sait pas trop ce que cela signifie. CNN a rapporté il y a quatre jours que Pompeo et Bolton ne se parlaient plus.

Il semble maintenant que Trump, qui entrera en campagne pour 2020, aura besoin d’une nouvelle équipe. Il a perdu le secrétaire à la Défense James Mattis en décembre 2018 à cause de sa politique syrienne. Patrick Shanahan, qui devait remplacer Mattis, n’a duré que six mois. Jason Greenblatt, qui était censé faire pression en vue du «deal du siècle» avec les Palestiniens, s’en va également. Zalmay Khalilzad, l’envoyé spécial pour l’accord avec l’Afghanistan, risque de ne plus être à la barre beaucoup plus longtemps. S’il s’agissait d’un épisode de Survivor, il serait temps de rassembler les tribus dispersées. Dans une administration qui semble parfois ressembler un peu plus comme si elle avait été conçue pour la télé-réalité, à l’ère de la politique dirigée par les médias sociaux, ces choses comptent.

McMaster, le prédécesseur de Bolton et un profil de poste très compétent, qui est en grande partie passéaux oubliettes, alors qu’il était l’homme qui a stabilisé le navire pendant la première année du mandat de Trump, est emblématique de ce syndrome de la porte tournante. Il a remplacé Michael Flynn, qui a dû partir en raison d’un scandale russo-turc dans les premiers jours de l’administration. Il est facile d’oublier que le deuxième chef d’état-major de Trump, John Kelly, est parti en janvier. Comme McMaster, il a cherché à stabiliser les choses. Mick Mulvaney est toujours chef de cabinet par intérim.

La grande question est de savoir si le départ de Bolton érodera également le programme de Pompeo, ou si Pompeo assumera simplement plus de pouvoir, à partir de maintenant. Passé de la CIA à au Département d’État, il a éclipsé les deux précédents. Il a également formé une équipe compétente avec Brian Hook pour le seconder face aux questions iraniennes, et Jim Jeffrey pour s’occuper des questions turques, de Daesh et de la Syrie, aux côtés de Joel Rayburn, secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Levant.

En matière de politique étrangère, qu’il s’agisse de la Chine, de l’Arabie saoudite, de la Turquie, de la Russie, de l’Iran ou de la Syrie, Pompeo s’est révélé s’imposer comme centre de gravité. Mais le Washington Post rapporte qu’il envisage peut-être un avenir politique. Il pense pouvoir être candidat au Sénat. Mais pourquoi le ferait-il, alors qu’il est le rocher (ou le pilier) de l’administration?

Bolton a fréquemment mis en garde l’Iran, affirmant qu’il ne faut pas prendre la prudence pour de la faiblesse, avertit que l’Iran payerait toute erreur de l’enfer et qu’il y aura «de graves conséquences». Il a également averti les pays étrangers de ne pas se mêler de la politique américaine au Venezuela. Son départ sera perçu à Téhéran et à Caracas comme indiquant que les tendances plus isolationnistes de Trump ont triomphé. Cela risque d’être inexact, et ces pays ne devraient pas tester les États-Unis, comme l’ont appris les Taliban.

PAR SETH J. FRANTZMAN

 

 11 SEPTEMBRE 2019 00:39

3 COMMENTS

  1. TRUMP agit avec ses collaborateurs de haut rang, comme s’il s’agissait de salariés qui se font virer pour “résultats insuffisants” dans des entreprises privées.
    Si Pompeo est lourdé ou qu’il démissionne, un nouveau remplaçant en pleine période pré-électorale risque de donner le tournis à ceux qui suivent la politique de la plus grande puissance du globe.
    Avec un peu de recul, Bolton avait raison de préconiser une politique dure envers le pays terroristes avec qui il ne voulait surtout pas engager de dialogue, contrairement à TRUMP.
    S’il se trompe avec l’Iran comme il l’a fait avec la Syrie et l’Afghanistan, les dégâts seront considérables.
    Et dire que le chaos actuel est le résultat désastreux du calamiteux Obama dont personne ne parle…..

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