Antisémitisme : l’étudiante harcelée “lâche l’affaire”

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Harcèlement antisémite : l’étudiante de Bobigny « lâche l’affaire »

Sa plainte a été classée sans suite et le juge qu’elle a saisi a ordonné une expertise psychologique. « Épuisée », elle renonce à son combat judiciaire.

Par Nicolas Bastuck

Quand Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, a dénoncé dans un communiqué « des faits profondément inacceptables », rappelant que « les mots pouvaient aussi tuer », ce fut pour elle un immense soulagement. « J’ai cru à ce moment que c’était gagné : j’avais été entendue, on me prenait au sérieux, j’avais eu raison de dénoncer de tels agissements, des propos aussi abjects. »

C’était le 20 octobre 2018. Inscrite en 2e année à la (Seine-Saint-Denis), Rose*, 20 ans, étudiante de confession juive, avait osé briser l’omerta. « Traumatisée » par les blagues de plus en plus douteuses et stigmatisantes d’un certain nombre de camarades de sa promotion, elle avait porté plainte pour « harcèlement moral à caractère antisémite ».

« On ne va pas se laisser traiter comme du bétail »

Il y eut d’abord cette photo floutée d’un étudiant juif, postée sur Facebook et ainsi légendée : « Ça gaze ; Torah pas ton année ; il est moins concentré qu’en camp de concentration ; il chauffe son bain à 39-45 degrés. » Puis il y eut les saluts nazis d’une des organisatrices du week-end d’intégration des P2 (deuxième année). Et ces discussions permanentes sur Messenger, où il était question des « reptiliens juifs », de « feujs qui craignent le feu », des « juifs » pour lesquels « rien n’est gratuit ». « C’est allé en crescendo, se souvient Rose. Ça revenait tout le temps, on était mis à toutes les sauces ! »

Un jour, elle explique sur un forum où une cagnotte est lancée pour un anniversaire, qu’elle ne pourra y participer, étant « un peu juste financièrement ». La réponse fuse : « La juiverie n’est jamais finie. » « Il brûle wesh ce sale juif », lit-elle un autre jour. « Et puis, ils se sont mis à faire un classement des Juifs de l’amphi. Moi, j’avais atteint le niveau 75, on me présentait comme prête à tout pour défendre ma communauté. Un camarade, “impliqué, mais prêt à traîner avec des goys (non juifs) », s’était vu attribuer le niveau 31.

En bas du tableau, un étudiant était décrit comme « Juif de niveau 2, prêt à trahir son camp ». Je me suis dit : cette fois, ça suffit ! On ne va tout de même pas se laisser classer comme du bétail, comme en 1940 ! »

« Le cancer de la promo »

Rose saisit la présidence de l’université, médiatise son action et porte plainte. « La doyenne a été juste formidable, évoque-t-elle. Elle a pris les choses au sérieux et saisi la commission de discipline. Je pleurais tous les jours dans son bureau, elle m’a vraiment soutenue. » En cours, c’est autre chose… Rose passe pour celle qui « plombe l’ambiance ».

On la dissuade de participer au week-end d’intégration, au risque de se faire « trasher ».

Par une camarade, elle apprend qu’on l’a surnommée « le cancer de la promo ». Elle raconte : « J’allais à la fac avec la boule au ventre. Ma mère m’accompagnait jusque dans l’amphi et je n’osais même plus aller seule aux toilettes. Au resto U, je déjeunais seule. J’étais la traîtresse, on m’avait complètement ostracisée. À 21 ans, j’étais devenue un cadavre social. »

Un copain accepte de témoigner en sa faveur. Les autres préfèrent se taire, craignant les représailles. Elle dit : « C’était devenu difficile d’être mon ami. » Devant la salle R 47, une pétition est lancée : « Non, nous n’avons pas été témoins de faits ou propos antisémites. » On lui rapporte que lors du fameux week-end d’intégration, dont le thème était les dieux de l’Olympe, un étudiant déguisé en dieu de l’avarice est arrivé, hilare, avec une kippa sur la tête.

Une amie juive l’alerte : « Ton nom circule sur les forums. » « Ils ne se sont pas excusés, ils ont continué au contraire à me pourrir la vie », relate-t-elle. Sur son compte WhatsApp, la même amie finit par se confier : « Je n’ai pas envie de me mettre la promo à dos, je ne supporterai pas d’être rejetée. S’ils apprennent que j’ai fait les collages (captures d’écran), je me tire une balle. » Elle dit encore : « J’ai réalisé que j’étais le petit coq que l’on envoyait au combat parce que j’étais vaillante. En réalité, j’étais juste à bout, épuisée et dépressive. »

« Ce n’était pas à moi de partir… »

Un mois après son dépôt de plainte, la doyenne la convainc de changer d’établissement. « Elle m’a expliqué que la vie d’étudiante, ce n’était pas ça. J’en pouvais plus, ce n’était plus vivable, alors j’ai accepté de partir. Le cœur gros, car cette fac, je l’avais choisie. Dans les hôpitaux qui lui sont rattachés, on soigne des étrangers, des gens de toutes conditions, ce qui correspondait à mon idéal de la médecine… Ce n’était pas à moi de partir. »

Aujourd’hui, Rose poursuit son cursus à Paris-Descartes, dans le quartier huppé de l’Odéon. « J’y suis heureuse, je m’y sens bien, j’y ai des amis et je n’ai pas le sentiment d’être montrée du doigt même si tout le monde, ici, connaît mon histoire. »

Et pourtant… Le « combat » qu’elle a mené « contre la bêtise », « la méchanceté » et « la haine de l’autre » lui laisse « un goût amer ». Elle qui croyait que la justice allait « prendre le relais » se dit « déçue », « découragée » et « pour tout dire extrêmement peinée » par la tournure des événements. Alors voilà : après un an de procédure, Rose a décidé de « lâcher l’affaire ».

De guerre lasse, « fatiguée de voir [sa] parole sans cesse mise en doute » alors qu’elle a « fourni toutes les preuves », « des dizaines de captures d’écrans » saturées de propos injurieux. « Je ne me sens plus de répondre encore à des questions, j’en ai ras le bol, je suis épuisée », soupire-t-elle.

« J’ai tout de suite senti qu’ils n’avaient pas envie”

Elle se souvient : « C’était la première fois que je déposais plainte et j’ai tout de suite eu un mauvais pressentiment. Dès la première minute, j’ai senti qu’on n’allait pas me prendre au sérieux, que les choses allaient être longues et fastidieuses, que j’allais être déçue. Qu’on n’avait pas envie, en fait… »

Il y eut d’abord cette première audition, un mois après son dépôt de plainte, au commissariat de Bobigny. « À peine arrivées avec ma mère, la policière qui nous a accueillies m’a dit d’emblée que j’avais de la chance d’être convoquée si vite, que j’aurais attendu beaucoup plus longtemps si mon affaire n’avait pas été médiatisée. » Au seul témoin qui a accepté de parler, l’un des enquêteurs aurait dit : « Tu es sûr qu’il n’y a pas une histoire de cul (sic) derrière tout ça ? »

« On s’est vite rendu compte que la police n’avait pas envie d’enquêter là-dessus, qu’elle le faisait parce que le parquet s’y sentait lui-même contraint », intervient Me Antonin Péchard, l’avocat de Rose. « Et ce que nous redoutions est arrivé : en janvier 2019, le parquet de Bobigny nous a informés de sa décision de classer l’affaire sans suite, faute de preuves suffisantes. »

Un étudiant exclu

Entre-temps, la procédure disciplinaire lancée par l’université contre huit étudiants avait été reportée ; l’audience s’est finalement tenue en mars. « Et là, ce fut l’horreur, rapporte Rose. On avait envoyé toutes les pièces à la commission, mais, dans le dossier, il n’y avait que trois copies de mails qui se battaient en duel. J’ai dû enchaîner huit interrogatoires successifs, mon avocat ne pouvait pas intervenir alors que ceux des mis en cause me bombardaient de questions. » Me Péchard : « C’était elle, la coupable, la fauteuse de troubles, l’empêcheuse de tourner en rond. Mes confrères, et c’est de bonne guerre, ont plaidé l’absence de poursuites judiciaires. » Sur les huit étudiants poursuivis pour « troubles au bon fonctionnement de l’université », un seul sera sanctionné : la peine d’un an d’exclusion, dont dix avec sursis, est prononcée.

« J’étais venue avec un gros gâteau empoisonné et on s’en est pris à la cerise qui était au-dessus. J’ai trouvé ça dérisoire et ahurissant », commente Rose.

Son avocat l’encourage à poursuivre. Face à l’inertie du parquet, il dépose plainte et se constitue partie civile devant le doyen des juges d’instruction du tribunal de Bobigny. « Au moins, comme ça, on pourra avoir accès au dossier d’enquête », plaide-t-il. Il consigne la somme de 300 euros le 14 mars. Et puis, plus de nouvelles. Une relance, puis deux… Le 3 septembre, un mail tombe enfin sur la boîte du cabinet : en guise de premier acte, le magistrat ordonne une expertise psychologique.

« Pas pour les auteurs, non, pour moi ! » s’étrangle Rose, qui avait déjà vu un psychiatre de l’unité médico-légale après son audition au commissariat – elle n’a eu aucun retour de cet examen. D’un rire nerveux, elle lit à voix haute l’ordonnance du juge : « Ordonnons de procéder à l’examen psychologique de la victime. Il conviendra notamment de déterminer si elle souffre d’anomalie mentale et psychiatrique ; si elle a un degré d’intelligence normale ; si elle est particulièrement influençable ou impressionnable ; d’apprécier le ressentiment que les faits ont pu avoir sur son psychisme, sa personnalité et sa vie sexuelle et de présenter toutes les observations utiles. » Elle relève la tête et relit la dernière phrase en détachant chaque syllabe : « Vous avez bien entendu : un-im-pact-sur-ma-vie-se-xu-elle  ! Rien à voir  ! »

« J’ai compris qu’on n’en sortirait pas »

Elle dit : « En lisant ça, j’ai failli tomber de ma chaise. Avant même d’entendre ce que j’avais à dire et de considérer les preuves que j’avais à apporter, on voulait s’assurer que je n’étais pas une folle, ou une menteuse. J’ai trouvé ça pas correct et de mauvais augure pour la suite de la procédure. » Elle ajoute : « J’ai compris que mon affaire ne serait jamais traitée, qu’on n’en sortirait pas. C’est à ce moment que j’ai demandé à mon avocat de tout arrêter. » Elle pousse un long soupir : « Tout ça pour ça… »

Ainsi donc, Rose a décidé de jeter l’éponge. « Dans ma tête, j’ai déjà gagné, car je suis heureuse dans ma vie. Si j’ai fait tout ça, c’est aussi pour les autres, ceux qui subissent l’antisémitisme ordinaire et ne peuvent pas se permettre de faire comme moi, de le dénoncer. Je souhaitais vraiment aller au bout, car ce qui s’est passé, c’est grave, surtout de la part de futurs médecins. Mais j’ai des examens à passer et une vie à mener, je veux tourner la page. En fait, je suis fatiguée. » Pour un peu, elle s’en excuserait…

« Une défaite du droit et de la morale »

« L’incrimination de harcèlement antisémite a fait son entrée dans le Code pénal en 2017 ; à travers cette histoire, nous avons tenté une première judiciaire pour libérer la parole de ceux qui sont ostracisés en raison de leur origine ou de leur confession, notamment les lycéens et les étudiants », témoigne Me Péchard.

« Pierre Desproges disait que l’on pouvait rire de tout, mais pas avec tout le monde. Nous défendons cette conception de l’humour, mais en l’espèce, où est l’humour  ? Il n’y avait rien de drôle dans toutes ces paroles outrageantes et blessantes ; ma cliente n’y a lu que de la haine et de l’obsession. J’admire son courage et je ne peux que m’incliner devant sa décision. La justice est censée protéger les plus faibles, mais dans cette histoire, c’est le contraire qui s’est passé. J’y vois une défaite du droit, de la justice et de la morale. »

 

*Le prénom a été modifié.
Source : lepoint.fr

27 COMMENTS

  1. Un peu d’histoire des juifs de Tunisie .

    Un tout petit peu .

    Le quartier de Hara constituait jusqu’en 1857 le ghetto de Tunis (fermé durant la nuit). En 1270, en conséquence de la défaite de Louis IX de France, qui entama la huitième croisade à Tunis, la cité de Kairouan fut déclarée sainte : les Juifs y vivant durent alors la quitter ou se convertir. Dès lors et jusqu’à la conquête du pays par la France, Juifs et chrétiens eurent l’interdiction de passer une nuit dans cette ville et ne purent y accéder durant la journée que sur permission spéciale du gouverneur.

    Lors de la prise de Tunis par les Espagnols en 1535, de nombreux Juifs se firent prisonniers et vendus comme esclaves dans plusieurs pays chrétiens. Après la victoire des Ottomans sur les Espagnols en 1574, la Tunisie devint une province de l’Empire ottoman. Sous les deys et les beys successifs, les Juifs jouèrent un grand rôle dans les échanges commerciaux avec l’étranger.

    Au début du XVIIIe siècle, le statut politique des Juifs de Tunis s’améliora grandement grâce à l’influence croissante des agents politiques des puissances européennes. Durant la même période, des familles d’origine espagnole ou portugaise établies à Livourne quittèrent la Toscane pour s’installer à Tunis, divisant ainsi la communauté entre Juifs tunisiens et Granas. De plus en plus nombreux au cours du XVIIe siècle, ces derniers prirent une large part aux activités de la population juive et participèrent à la création des premières industries. Ils parlaient italien et n’avaient pas ou peu de relations avec les Juifs autochtones qui eux parlaient le judéo-arabe et s’habillaient à l’orientale. La méfiance réciproques et les incompatibilités de mœurs étaient à la source de la séparation des deux communautés.

    Au XIXe siècle, la Tunisie s’ouvrit progressivement aux influences européennes. Dans ce contexte, Ahmed I Bey inaugura une politique de réformes. En vertu d’un accord signé en 1846, les Juifs de Toscane qui s’étaient établis en Tunisie à une date récente obtinrent le droit de conserver la qualité de Toscans sans limitation de temps. Cette disposition encouragea beaucoup de Juifs de Livourne à venir s’installer en Tunisie où ils constituèrent une minorité étrangère placée sous la protection du consul de Toscane. En 1857, un cocher juif fut condamné à la peine de mort pour blasphème et exécuté le 24 juin. La rigueur de la peine souleva une vive émotion et les consuls de France et d’Angleterre en profitèrent pour demander à Mohammed Bey de s’engager dans la voie de réformes libérales. Les troupes de Napoléon III occupèrent La Goulette et l’obligèrent à proclamer le Pacte fondamental, le 10 septembre, selon lequel tous les Tunisiens, sans distinction de foi, jouirent des droits égaux.

    Holocaust / les juifs de Tunisie

  2. @ Asher Cohen
    Amouyal

    J’ai connu aussi ce genre de situation .

    En 61 aprés Bizerte j’avais 18 ans , j’avais quitté Tunis avec une valise et 350NF en poche : j’avais un visa d’un mois car j’étais de nationalité tunisienne .

    Naturellement je pense comme vous que la place des Juifs est en Israël car nous n’avons aucun avenir nulle part ailleurs .

    En espérant que le Ministére de l’intégration puisse aider certains de nos coreligionnaires qui sont dans une situation précaire avec des enfants en bas âge .

    • @Bonaparte
      Quand en juillet 1962, j’ai vu mes parents fuir sur les routes de l’exode avec une valise à la main, j’ai pensé à l’Exode de la Hagadah que mon père nous lisait chaque année pour Pessah, j’ai compris que même en Algérie nous avions été des Juifs en exil et que nous partions vers une autre terre d’exil qui était la France où nous serions toujours des étrangers. Certes l’Etat Juif avait été proclamé depuis 14 ans, mais pourquoi nos parents choisissaient-ils alors d’entrer dans cette France post-vichyste, c’est une question à laquelle n’ayant pas vécu la période vichyste je n’ai pas la réponse. Leur génération pensait toujours comme les Juifs sans patrie d’avant 1948. Je pense que tous les Juifs, séfarades comme askénazes, ont une mémoire millénaire d’exode et de passage d’un pays à l’autre, alors fuir la France ne sera qu’une répétition, même-si comme l’écrit Amouyal, c’était ” une main devant une main derriere ”.

      • @Asher Cohen

        Je comprends vos parents qu’ils aient choisi la France .
        En ce qui nous concerne la moitié des Juifs tunisiens ont choisi aussi la France .
        Pourquoi ?
        Parcequ’avant le protectorat nous vivions dans un ghetto appelé la Hara et étions victimes de toutes sortes de discriminations .
        L’arrivée de la France fut une libération pour les Juifs , nous pouvions nous installer dans les nouveaux quartiers et fréquenter les écoles de la Mission culturelle française .
        La France malgré Vichy nous a émancipés .
        Donc il était normal de nous tourner vers la France pour fuir la Tunisie , nous en agios appris la langue , son histoire et sa géographie alors que nous ne connaissions pas celles de la Tunisie .
        Remarque : 50% des Juifs tunisiens se sont installés quand même en Israël et le reste pratiquement en France .
        Les arabes ne nous ont jamais pardonné ce choix . Il faut préciser que quelques Juifs de ” gauche ” avaient choisi le parti de l’indépendance de la Tunisie , ils ont vite déchanté fâce aux nationalistes et à la création de l’état d’Israël .
        Comme vous le voyez n’en voulez pas à vos parents d’avoir choisi la France d’autant que vous aviez un avantage sur nous et les marocains , vous aviez bénéficié du Décret Crémieux / Même si cela est une autre histoire .

        • Asher je vais vous faire sourire mais c’est la vérité .

          Quand j’étais gamin et que je regardais les photos de mon livre de géographie je rêvais de la Normandie et des Alpes .
          Vraiment la France nous faisait fantasmer .

          • Ils parlent tous de La Goulette , ils me font marrer .
            Qu’avait elle d’extraordinaire ?
            Il y avait le Casino et le block où on allait pêcher .
            C’est vrai que le soir ça grouillait de monde et les restaurants étaient excellents : je pense à Bichi et à Kahloun .
            Mais Kherredine et Gammarth étaient bien plus agréables , je ne parle même pas de Carthage .
            Ils ont fait de La Goulette la 7 iéme merveille du monde .
            C’est vrai je l’avoue on est excessifs en tout . Mais bon on est fait ccomme çà , on ne peut pas avoir que des qualités . ah ah

          • @Bonaparte
            Quand j’étais enfant en Algérie, je regardais les paysages français dans mon livre de géographie et souhaitais aller en France pour “voir la vraie neige”. Dans les années 50 les sionistes ne se souciaient-pas de nous faire apprendre l’Histoire de notre peuple, ni la géographie de notre Etat Juif. Nous étions des exilés en Algérie, soumis à la culture et l’histoire d’un pays qui n’était pas le nôtre, alors que de 1942 à 1945 mon père avait combattu contre la France alliée de l’Allemagne. Dès la classe de 6ième, j’avais collé sur la première page de mon cahier la carte de l’Etat Juif, état étriqué à l’époque avec Jérusalem coupée en 2 par un no man’s land, mais même petit, l’existence de cet état me rassurait quand je subissais l’antisémitisme des francaouis. J’ai payé très cher le don du Judaïsme Algérien en 1961 à De Gaulle par les sionistes.

        • @Bonaparte
          Après 1962, j’ai vécu plusieurs années dans la misère, dans un taudis dans le Nord de la France. Nous n’étions qu’à 17 ans de l’époque vichyste et je subissais antisémitisme, discriminations et persécutions gratuites des francaouis ratés et haineux. Je ne vois-pas en quoi ma vie aurait-été pire en Israël en 1962? Je ne vois-pas en quoi la France aurait “émancipé” mes parents puisqu’en 1962 ils n’avaient même-pas le certificat d’études primaires? Comment pouvaient-ils décider rationnellement entre la France et Israël? Je ne vois-pas non plus en quoi l’infâme Décret Crémieux aurait été un bénéfice puisqu’en 14-18 mes arrière grand-parents et grand-parents ont été mobilisés à combattre pour une puissance étrangère et pour une cause qui ne nous regardait-pas, et pour laquelle des milliers de Juifs d’Algérie sont morts? De plus, dès le 7 octobre 1940, les français ont abrogé cet infâme décret, aryanisé les biens et entreprises de mes parents et grands-parents, interné les Juifs dans les camps du Sahara, et mon père combattait alors contre la France, et purement en tant que Juif. Il est clair qu’après 1945, mes parents devaient débrancher la prise électrique d’avec la France et déjà quitter l’Algérie. Les arabes, nous en étions très loin, même si mes parents savaient parler en arabe avec les employés. En tous cas, à Oran, au-moins de 1958 à 1962, je ne me rappelle-pas avoir vu un seul arabe dans ma classe, ni même dans l’école.

  3. Dans la jungle de la société française tous les coups sont permis, certes les coups de revolver et de fusil mitrailleur, mais pourquoi les coups de certificat de complaisance psychiatrique ne devraient-ils pas être permis?

    En Francaouie on n’hésita jamais à utiliser la prétendue science psychiatrique comme une arme et l’on émet, en toute impunité, des certificats de complaisance contre des gens qui ne savent pas se défendre, c’est très facile et sans risque. On attaque souvent des jeunes à la personnalité vulnérable, souvent suite à des abus de l’enfance, des traumatismes de guerre, ou de jeunes Juifs non encore libérés de la haine de soi juive, des jeunes souvent issus des plus faibles classes socio-économiques de la société, totalement ignorants des institutions et ne sachant-pas comment se défendre. Cela révèle la grande perversité de ces médicaillons soi-disant psychiatres, en réalité souvent criminels, et qui dans la classique société française d’inégalité de droits, ne risquent-pas la moindre journée de prison.

    Le cas de Paul Touvier, par exemple, montre clairement la perversité française et combien les droits fondamentaux des Juifs dans ce pays sont bafoués. Touvier, membre de la Milice durant la guerre avait fait assassiner 7 otages Juifs, totalement innocents, à Rilleux-la Pape. Après la guerre, il a été caché durant 40 ans de cavale dans les monastères, temples de l’hypocrisie et de la veulerie catholique. Le Président Pompidou l’a même gracié en 1971, sur pression des cathos, au mépris du sang des résistants morts au combat. Et avec tout cela, à son procès il ne se sentait aucunement coupable de ses crimes. En France, le sang des youpins ne vaut pas cher.

    Le francaoui ne peut pas accepter que le Juif puisse être mieux que lui ou plus intelligent, donc il va constamment le calomnier, le diffamer, attaquer sa réputation, etc.. Jeune interne des hôpitaux j’ai connu cette merde de la médicaillerie francaouie. J’étais très performant dans mon travail mais malheureusement entouré de médicaillons incapables de soigner et pétris de jalousie et de haine antisémite. Ne pouvant pas me trouver de faute professionnelle on a donc trouvé l’astuce des certificats psychiatriques de complaisance pour m’éliminer. Le problème est que je ne me suis pas laissé intimider et ai montré la criminalité des médicaillons et leurs détournements de l’argent de la sécurité sociale vers les comptes en Suisse. La police corrompue n’a pas hésité à trahir ma confiance, la classique lâcheté française, en me privant de plusieurs mètres cubes de dossiers de travail, bibliothèque etc.. et la Justice pourrie a catégoriquement refusé de me les faire restituer, pour essayer de me museler, couvrant ainsi pendant des décennies la criminalité et la gabegie des médicaillons, au mépris des intérêts de la société civile. J’ai même notifié au Préfet un rapport contestant la santé mentale des policiers corrompus, j’attends toujours, depuis 20 ans, d’être convoqué en correctionnelle pour expliciter mes conclusions.

    Tout ceci pour dire que si j’avais effectué mes études médicales en Israël ou aux US, je n’aurais pas subi cette merde antisémite enragée. Seulement j’étais enfant en décembre 1961, quand Ben Gourrion a donné à De Gaulle 120.000 Juifs d’Algérie, déjà écrasés par 130 ans de colonisation francaouie et d’humiliations, pour qu’il en fasse les larbins dociles des collaborateurs pervers et de leur descendance.

    J’espère que mon exemple incitera les jeunes Juifs à préférer effectuer leurs études médicales en Israël ou aux Etats-Unis plutôt que perdre son temps, énergie et argent en francaouie antijuive.

  4. Aucune solution possible ,aucun avenir ,pour les Juifs dans ce pays ( France ).
    Il y a la possibilité de partir ,elle n est pas prioritaire ,alors arrêtez de vous plaindre ! Continuez de Baisser la tête ,comme les autres !

  5. Il y a beaucoup plus grave:tous les jours, dans presque tous les médias et par de nombreux politiciens , de la désinformation concernant Israël , qui constitue de l’antisémitisme sur base de la definition de l’antisémitisme adoptée par le Parlement européen.
    Celui qui porterait plainte risquerait de gros problèmes.
    Quand une crapule vous marche sur le pied dans me métro en vous regardant méchamment, il faut répondre: pardon.

      • @Bonaparte
        En juillet 1962, nous avons fui l’Algérie, limités à une valise de 25kg par personne, mes parents n’avaient même-pas le certificat d’études primaires, et très peu de devises françaises. Il y a, pour les Juifs, des situations où, même sans argent, il faut partir, et dans le cas d’Israël ils ne seront ni les premiers, ni les derniers à y arriver un peu démunis.

        Après avoir traîné durant des décennies, il semble qu’Israël commence à se mobiliser pour faciliter l’alyah des Juifs de France, comme le montrent les documents en langue française du Ministère de l’intégration. J’espère que depuis déjà plusieurs années, les Juifs de France se sont faits à l’idée de fuir ce pays d’oppression qu’est la France.

      • @Bonaparte , je comprend votre propos , mais notre histoire recente a tous recele de multiples histoires de fuites en catastrophe ; on disait en algerie ” une main devant une main derriere ”
        Quand on se retrouve dans une situation desesperée , lorsque notre vie ou celles des membres de notre famille sont clairement menacés on se sauve vite et n importe comment .

        Donc je pretend que la France de 2019 est en passe de devenir une zone dangereuse pour les juifs ( et meme pour les autres) : doit on attendre d avoir le couteau sous la gorge ? C est toute la question , moi je suis partisan de l anticipation , chacun assumera son destin

    • Il faudrait, au moins, que les institutions juives viennent en aide à cette jeune fille qui a eu du courage et qu’elle ne se sente pas seule devant les affronts qu’elle a subis. Mais au delà des institutions juives, j’aimerais que “les politiques” se constituent en bloc contre ce racisme judéophobe, car si ces étudiants provoquent cette jeune fille en tant que juive, ils provoquent et harcèlent une française. L’état français ne doit il pas de protéger tous ses citoyens ?

  6. Quand les juifs auront compris que la France a tjr été antisémite et que si ils restent ils doivent en assumer les conséquences. Pleurer sur un site ne vous apportera aucune solution la seule qui doit mûrir ds vos têtes c’est la alya.

  7. revenez au pays, rentrez a la maison,( israel) c’est là votre vrai place aujourd’hui.
    ne craignez rien, l’eternel le dieu d’israel pourvoira. amen.

  8. Comme ces des lâches et qu’ils sont couverts par la justice ces normal pour ma part je regrette de ne plus être dispo mais démontre combien ce pays est antisémite regarder le s’enfoncer doucement dans la misère et sombrer dans l’infinie et de l’autre coter Israël qui est en effervescence messieurs les antisémites ces comme savous ne pourrez jamais rien changer malgré votre haineonreste vos bosses mdr

  9. La peur des Banlieues est si forte que l’Etat se couche face à des comportements qui détruisent la société française et l’idée universaliste de la France.

    Le pays ne s’en remettra pas. Un jour ou l’autre, comme l’a prévenu Gerard Collomb, les communautés seront face à face, cela s’appelle la guerre civile.

  10. La justice marche complètement sur la tête ici … et surtout dans le 93 !
    Honteux et scandaleux. C’est au ministère public de se saisir de cette affaire afin de remettre de l’ordre dans cette université complètement à la dérive.

  11. Rien à faire. Il faut changer de méthode. Il faut montrer au monde entier à quel point la France, “pays des droits de l’homme” est antisémite.

  12. Einstein disait que le monde était dangereux non seulement à cause des gens qui faisaient le mal mais aussi à cause de ceux qui voyaient le mal se faire et ne disaient rien.

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