Des normes humaines à deux vitesses pour Alep et Gaza 

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IDF paratroopers in Gaza during Operation Protective Edge. Photo: Wikipedia.

Des parachutistes à Gaza au cours l’Opération Bordure Protectrice. Photo: Wikipedia.

Ne nous y trompons pas, le carnage qui se déroule à Alep, juste ne ce moment, représente le plus total déshonneur de toute la Communauté Internationale.

Le Gouvernement syrien et les forces russes qui le soutiennent utilisent des gaz chimiques, des barils de bombes et des explosifs de plus en plus puissants pour prendre des hommes, des femmes, des enfants innocents pour cible. Alors que les combattants rebelles se sont, indubitablement, barricadés dans la villes derrière des positions fortifiées, il apparaît clairement que la population civile est la première victime de ce conflit.

Alors qu’ion note bien quelques formes timorées de condamnation, de la part de l’ONU, où sont donc passées le manifestations bruyantes dans les rues des capitales européennes et où est donc passée la frénésie médiatique à propos de cette honte absolue?

Si c’état Israël qui était impliqué, ou si Tsahal avait tiré ne serait-ce qu’un seul missile sur Alep [certains leaders chiites pro-iraniens disent qu’il l’a fait],  pense que la réplique des médias fabricants d’opinion aurait été fort différente.

La condamnation du Régime Assad et de la Russie de Poutine, par la Communauté Internationale, n’est rien si on la compare au niveau de vitriol lancé contre Israël, à cause de son opération infiniment plus retenue (et totalement justifiée) de 2014 contre le Hamas à Gaza.

Malheureusement pour les 250.000 résidents d’Alep, la ville n’est pas attaquée par Tsahal. Il n’y a pas de flyers laegués pour avertir les civils d’évacuer les zones sur la ligne de feu. il n’y a pas de méthode pour “cogner sle toit”, où des engins non-explosifs sont envoyés sur les toits des bâtiments pris pour cibles, afin de donner aux civils un temps pour fuir. Et, à en juger par le nombre de victimes civiles et par l’étendue des destructions en Syrie, il n’y a que très peu, voire pas la moindre préoccupation pour le bien-être ou la mort des civils innocents.

Alep est un témoignage et un testament des doubles standards ou normes à deux vitesses en jeu, dans la prétendue conscience occidentale, quand il s’agit du traitement des opérations militaires israéliennes. Tsahal devrait être tenue à des normes bien supérieures à celles des armées syriennes et russes.

Et c’est pourquoi The Sunday Times of London a attiré mon regard récemment. Un récit des événements s’intitulait : “Les bombes incendiaires gigantesques de Poutine brûlent Alep”. Proche de celui-ci, on voyait un article intitulé : “L’équipement d’un drone de la Royal Air Force – britannique-  détourne un missile, afin de sauver des civils, quelques secondes avant leur mort, sinon, assurée”. 

La dissonance est frappante entre ces deux récits. D’un côté, nous avons le déploiement présumé, de la part de la Russie, d’une arme “capable de faire exploser une boule massive de flammes à travers de vastes zones d’Alep”. De l’autre côté, la diffusion d’une vidéo des Forces Royales Aériennes britanniques, montrant un missile de drone destiné aux terroristes de Daesh, mais détourné de sa trajectoire à la dernière minute pour éviter de tuer des civils, victimes colatérales.

Un camp est en train de bombarder par le feu de façon indiscriminée, alors que l’autre agit délibérément pour éviter des pertes civiles.

La RAF a bien senti, évidemment, que son histoire constitue un récit positif, qui démontre que ses escadrilles de drones agissent à la fois, de façon conforme à l’éthique et en conformité avec les lois internationales. En quoi serait-ce nouveau? Israël a diffusé de nombreuses vidéos d’incidents où des missiles prenant pour cibles des terroristes du Hamas ont été détournés à cause de la présence de civils palestiniens. Donc pourquoi des efforts identiques fourins par Israël ne mériteraient-ils pas de figurer dans les nouvelles? On est d’accord, le Sunday Times est un journal britannique couvrant les informations sur l’armée britannique, mais la presse du Royaume-Uni n’a jamais été trop timorée sur le fait de consacrer de nombreux articles à Israël et aux Palestiniens.

Les efforts israéliens visant à minimiser les pertes civiles ne bénéficient d’aucun article et sont même ignorés par la presse, au lieu de quoi Israël se retrouve régulièrement au tribunal de l’opinion publique, qui est dirigé par des médias paresses ou hostiles ou les deux.

Aussi, Israël fait il l’objet, non seulement, de normes différentes que les déplorables armées russes et syriennes, mais même de normes différentes des autres armées occidentales.

Si et quand le conflit syrien toucherait à sa fin, quelqu’un sera -til tenu pour responsable pour ce qui apparaîtra très certainement, au sens propre, pour d’authentiques crimes de guerre et crimes contre l’humanité? Y aura t-il une commission d’enquête et un rapport du style de celui de Goldstone? La Cour Pénale Internationale diffusera t-elle des inculpations? Etant donnée l’implication russe et le manque de projection de puissance globale de la part des Etats-Unis, il est plus qu’improbable que quiconque soit jamais tenu pour responsable de ce véritable carnage à grande échelle.

La prochaine fois qu’éclate le moindre conflit ouvert entre Israël et le Hamas, est-ce que les paramètres du jugement auront changé, à cause du carnage d’Alep ou d’autres régions de Syrie? Ou est-ce qu’Israël seul continuera d’être tenu à des normes de comportements à la grande différence de toutes les autres armées du monde?

La probabilité est plutôt que rien ne changera, dans la façon dont Israël est traité et on nous laissera conclure que, en définitive, le monde ne sera scandalisé que parce qu’Israël se défend ainsi que ses citoyens, sans le moindre égard pour les normes éthiques qu’adopte son  comportement impeccable, l’erreur restant humaine.

29 septembre 2016 10:35 AM

avatarPar Simon Plosker

Simon Plosker est rédacteur-en-chef d’HonestReporting (www.honestreporting.com).

Adaptation : Marc Brzustowski

2 Commentaires

  1. 485 manifestations organisées en France contre Israël durant les 3 semaines de combats à Gaza ayant fait 1.500 morts dont la moitié de combattants du Hamas qui utilisaient la population comme bouclier.

    Zéro manifestation organisée en France depuis le déclenchement de la guerre en Syrie il y a 5 ans ni depuis des mois que la Russie commet ces bombardements massifs de villes entières. Les morts civils se comptent par centaines de milliers et les réfugiés en millions.

    Que font nos maghrébins islamisés si prompts à verser des larmes au premier palestinien blessé ou tué ? Seul des arabes tués par des juifs déclencherait-il chez eux une réaction lacrymale ?…

  2. Le parallèle à faire serait plutôt celui entre les bavures de la coalition qui ne provoquent aucune condamnation et celles qu’aurait pu commettre Tsahal à Gaza.

    L’autre parallele à faire pourrait être celui entre l’utilisation des civils par les ‘rebelles’ a Alep d’un coté et par le hamas à Gaza de l’autre.

    Mais puisqu’il est convenu de condamner Assad et la Russie, alors on s’en tient à des comparaisons qui relèvent du fanatisme idéologique.

    Exemple :

    56 morts civils, dont 11 enfants

    Désormais assiégé, l’est d’Alep, contrôlé par les insurgés, a encore été visé mardi par de violents bombardements aériens, selon un correspondant de l’AFP.

    A quelque 100 km d’Alep, des avions de la coalition ont mené à l’aube des frappes alors que les habitants fuyaient les combats dans le village d’al-Toukhar, près du fief djihadiste de Minbej, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH.

    « Il y a eu au moins 56 morts civils, dont 11 enfants, et des dizaines de blessés, dont certains grièvement atteints », a précisé Rami Abdel Rahmane qui s’appuie sur un vaste réseau de sources médicales et de militants à travers la Syrie.

    « C’est vraisemblablement une erreur », a-t-il estimé.

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