L’ex-Premier ministre Dominique de Villepin a estimé mercredi que la politique était « impuissante » en France, plaidant pour un gouvernement d’ouverture resserré, avec au passage un hommage à la IVe République.
« L’homme ou la femme politique qui arrivera à l’Elysée (en 2012) n’a pas les outils pour gouverner », a déclaré le possible candidat à l’élection présidentielle devant l’association des journalistes parlementaires (Ajp).
« Pas plus que celui qui est arrivé en 2007, 1995, 1981 », a-t-il précisé.
« Nous sommes un pays où la politique est impuissante. Il n’y a pas de fatalité à cela », a poursuivi M. de Villepin, demandant une « concentration de l’activité ministérielle » autour de dix ministres et la création de huit grandes régions métropolitaines.
« Cherchez dix grands ministres. Je ne suis pas sûr qu’ils existent à droite. Il faut déborder chacun des deux camps. C’est ça l’esprit de la République », a ajouté M. de Villepin.
« Je suis beaucoup moins dur que le sont certains avec la IVe République. Elle a inventé le système des gouvernements par projet. Je préfère un gouvernement qui dure huit mois et qui prend trois réformes, qu’un gouvernement qui dure cinq ans et qui ne nous offre guère de perspectives », a-t-il dit.
« L’avantage des majorités à géométrie variable, c’est que l’on sait vers où l’on va », a estimé l’ex-Premier ministre.
M. de Villepin a aussi rendu hommage à Jacques Chaban-Delmas « qui avait compris qu’il fallait équilibrer le pouvoir et la société ».
L’ex-ministre des Affaires étrangères a plaidé pour une « grande conférence régionale » sur l’Afghanistan et une « solution politique » en Libye, où « il faut gagner la paix », et jugé qu’il fallait des sanctions envers la Syrie. Le 14 juin, il s’était prononcé pour une résolution des Nations unies dans ce sens.
L’ex-ministre de l’Intérieur a souhaité « une police territoriale pilotée par le maire sur recrutement national ».
PARIS, 22 juin 2011 (AFP)
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