Cette sexagénaire, admise pour une plaie au pied, a été découverte morte en salle d’attente six heures plus tard. Pour les syndicats, cette mort montre la saturation des hôpitaux parisiens.Pour les syndicats, ce décès doit faire s’interroger sur la saturation des urgences parisiennes, alors qu’en novembre dernier les urgences de l’Hôtel-Dieu ont dû fermer leurs portes.

Une femme de 61 ans est morte samedi dans la salle d’attente des urgences de l’hôpital Cochin et l’alerte n’a été donnée qu’au terme de six heures d’attente, a révélé mercredi la branche CGT de l’établissement.

Suivie à l’hôpital psychiatrique de Sainte-Anne, la patiente a été conduite à Cochin pour une plaie au pied.

Après une première observation, elle est installée vers 16h30 en salle d’attente dans un fauteuil roulant à proximité des soignants. Une demi-heure après son admission, elle est appelée plusieurs fois pour être examinée mais elle ne répond pas.

Son nom est rayé de la liste.

C’est seulement à 21 heures, quand l’équipe de nuit des urgentistes prend sa garde, que la sexagénaire est découverte inanimée. Les médecins pensent qu’elle s’est endormie mais réalisent que la patiente est morte.
«C’est grave mais des gens meurent tous les jours aux urgences»

La cause du décès n’a pas encore été établie mais la piste d’un arrêt cardiaque est avancée. Pour la CGT, cette mort n’est pas forcément la conséquence d’une erreur de prise en charge mais le syndicat se demande si cette femme serait toujours en vie si elle avait été soignée immédiatement. «Il n’est pas normal d’attendre six heures aux urgences mais c’est devenu un fait courant», a déploré Marise Dantin, secrétaire générale CGT de l’hôpital Cochin sur RTL.

La CGT pointe du doigt l’impact de la fermeture cet automne des urgences de l’Hôtel-Dieu: depuis novembre dernier les urgences de Cochin accueillent une trentaine de patients supplémentaires chaque jour avec un pic très net d’affluence le week-end.

Pour l’AP-HP, «il n’y a pas eu de faute de soins. Les choses ont été faites correctement: les effectifs étaient au complet et l’activité du service était dans la moyenne de celle observée ces dernières semaines». Et d’ajouter: «C’est grave mais des gens meurent tous les jours aux urgences». Pour la CGT, tous les services d’urgences parisiens sont au bord de l’implosion avec plus de 50.000 passages par an. Lundi, le nouveau patron de l’AP-HP

Martin Hirsch a promis de dresser à la fin de l’hiver le bilan de la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu.

20-02-2014/ Le Figaro.fr Article original

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