Un Jordanien de 52 ans est décédé mardi à l’aube après s’être immolé par le feu la veille à Amman pour des raisons économiques, le premier décès de ce genre en Jordanie, a-t-on appris auprès des services de la sûreté générale et de membres de sa famille.
Ahmad al-Matarneh « s’est immolé lundi après-midi dans le centre-ville et a été hospitalisé immédiatement », a indiqué la Sûreté générale dans un communiqué, en précisant qu’il présentait « des brûlures sur 80% du corps ».
« Il est décédé mardi à l’aube à l’hôpital », a-t-elle ajouté.
L’homme, employé à la mairie d’Amman pendant 22 ans, avait été mis à la retraite anticipée en juin. Ayant 15 personnes à charge, il avait des problèmes financiers, ont indiqué des membres de sa famille à des médias jordaniens.
Selon eux, il avait tenté de se suicider deux fois auparavant, devant la mairie et le palais royal.
La mairie a affirmé avoir payé à Ahmad al-Matarneh une indemnité de 8.000 JOD (11.260 dollars) et lui avoir accordé un prêt locatif de 30.000 JOD (42.000 dollars). Mais cet homme de 52 ans était lourdement endetté et n’arrivait plus à s’en sortir, d’après sa famille.
La Jordanie, confrontée à une crise économique, fait face depuis janvier 2011 à un mouvement de protestation réclamant des réformes politiques et économiques, ainsi que la fin de la corruption.
Le Printemps arabe a débuté en Tunisie en décembre 2010, après l’immolation par le feu à Sidi Bouzid (centre-ouest) d’un jeune vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, excédé par des humiliations policières répétées.
Sa mort avait déclenché dans le pays un mouvement contre le chômage et la vie chère, avant de s’étendre dans le monde arabe, notamment en Egypte, au Yémen et en Libye.
Le Printemps arabe a conduit à la chute des présidents tunisien et égyptien, Zine El Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak, à la mort du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, et à un processus de transition politique au Yémén.
AMMAN, 10 jan 2012 (AFP)
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