La visite en Tunisie du responsable du Hamas Ismaïl Haniyeh a suscité l’irritation des représentants palestiniens officiels à Tunis, rivaux du mouvement islamiste au pouvoir à Gaza, qui estiment avoir été totalement tenus à l’écart, a-t-on appris samedi de source palestinienne.
Le chef du gouvernement islamiste de la bande de Gaza effectue une visite de cinq jours en Tunisie à l’invitation des nouvelles autorités islamistes tunisiennes dans le cadre d’une tournée régionale.
Le Hamas est le mouvement rival du Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas qu’il a chassé du pouvoir à Gaza en 2007. Le Fatah continue de diriger la Cisjordanie et est considéré internationalement comme le seul représentant officiel des Palestiniens. Les deux mouvements palestiniens ont entrepris l’an dernier une difficile réconciliation.
« Les Palestiniens (pro-Abbas) sont furieux. Ni le gouvernement, ni le ministère des Affaires étrangères, ni le parti Ennahda ne les ont tenus informés des dates et du programme de la visite de M. Haniyeh, alors qu’ils auraient dû y être associés », a déclaré à l’AFP une source palestinienne.
« Cela ne sert pas les efforts de réconciliation en cours entre le Fatah et le Hamas », a indiqué une autre source au journal arabophone Le Maghreb, qui évoque en Une une « erreur politique ».
M. Haniyeh a été accueilli en grande pompe jeudi à l’aéroport de Tunis par des responsables islamistes tunisiens, dont le Premier ministre Hamadi Jebali et le chef du parti Ennahda Rached Ghannouchi.
Aucun représentant palestinien n’était présent, et selon la source, l’ambassadeur Selman Herfi a quitté la Tunisie la veille de l’arrivée de M. Haniyeh. L’ambassade palestinienne a confirmé samedi que son représentant était « à l’étranger ».
« Il n’y a aucun problème », a déclaré M. Haniyeh à l’AFP à Sidi Bouzid (centre), où il se trouvait samedi. « Nous, peuple palestinien, on se rencontre à l’intérieur et à l’extérieur de la Palestine », a-t-il dit, tout en confirmant qu’aucun contact n’avait eu lieu avec les représentants officiels palestiniens en Tunisie.
Selon la source palestinienne, les représentants officiels à Tunis se sont également émus que M. Haniyeh ne visite pas le cimetière de Hamman-Chott, à 15 km au sud de Tunis, où 68 personnes avaient été tuées le 1er octobre 1985 lors d’un raid de l’aviation israélienne.
Tunis a abrité l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat de 1982 à 1994.
Plus généralement, la presse et des représentants de l’opposition tunisienne se sont interrogés sur le sens de la visite du représentant du Hamas. « M. Haniyeh visite-t-il la Tunisie ou un parti politique (Ennahda) ? » a demandé l’élu du Parti démocrate progressiste (PDP) Iyad Dahmani sur la radio Shems FM.
Interrogée par l’AFP, une source gouvernementale a précisé que le chef du gouvernement du Hamas était « l’invité de la Tunisie et du parti Ennahda ».
Le premier jour de sa visite a été consacré à des rencontres officielles avec le président tunisien Moncef Marzouki, le Premier ministre Hamadi Jebali et le président de l’Assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar.
M. Haniyeh devait ensuite visiter des lieux de culte et des villes symboliques de la révolution tunisienne jusqu’à son départ, prévu lundi.
Le chef du Hamas, qui effectue une tournée pour la première fois hors de la bande de Gaza depuis la prise du pouvoir du Hamas dans ce territoire palestinien, s’est rendu en Egypte, au Soudan, en Turquie, et doit après la Tunisie visiter le Qatar et Bahreïn.
TUNIS, 7 jan 2012 (AFP)
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