© 2009 AFP (Gerard Julien)
Les autorités ont appelé au calme et mis en garde contre le « risque communautariste » lundi au Pontet, au lendemain d’une rixe en pleine rue entre des jeunes d’origine turque et marocaine qui a fait un mort et quatre blessés.Les autorités ont appelé au calme et mis en garde contre le « risque communautariste » lundi au Pontet, au lendemain d’une rixe en pleine rue entre des jeunes d’origine turque et marocaine qui a fait un mort et quatre blessés.

Quatre suspects d’origine turque, âgés de 16, 21, 22 et 49 ans, ont été placés en garde à vue dans cette affaire pour laquelle le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, s’est déplacé lundi dans le Vaucluse.

« De fortes présomptions » pèsent sur deux d’entre eux, a confirmé le procureur d’Avignon, Catherine Champrenault, lors d’une conférence de presse.

Le parquet a lancé un appel à témoins. Les enquêteurs étudient des vidéos tournées par des témoins.

Un escadron de gendarmerie mobile a été déployé pour la nuit dans cette petite commune de la périphérie avignonnaise, par crainte de représailles. Les deux communautés étaient conviées à une réunion lundi soir à la mosquée.

« Ce qui est arrivé est très symbolique de ce qu’il faut éviter », a déclaré Brice Hortefeux lors d’une réunion à la mairie avec des responsables d’associations turques et marocaines, en présence des acteurs locaux.

« Au départ, on a un différend sur un autoradio entre quelques uns et ça peut dégénérer en conflit entre communautés. Or, sur le territoire français, il ne peut pas et ne doit pas y avoir de conflit communautariste », a-t-il poursuivi, évoquant des précédents dans le Vaucluse depuis 2006.
Des gendarmes procèdent aux relevés d’indices, le 7 septembre 2009 sur les lieux de la rixe où un homme de 22 ans a été tué au centre du Pontet (Vaucluse)

Face au ministre, les responsables d’associations ont nié tout conflit communautariste, réduisant l’affaire à un conflit entre deux familles.
Quatre personnes étaient lundi en garde à vue après une rixe au Pontet, près d’Avignon. Brice Hortefeux était sur place. Durée: 1mn23

« On se connaît pratiquement tous. Ce n’est pas une bagarre entre deux personnes qui va mettre fin à notre bonne entente », a déclaré Necmi Altinbag, de l’association franco-turque d’Avignon et sa région.

« Si justice est faite, il n’y aura pas de représailles », a dit Mohamed Habibi, de l’association maghrébine Nouvelle génération.

« On n’a jamais vu ça en 30 ans donc il faut que ça cesse », a insisté Ludovic Augier, médiateur de la cité Joffre, trois tours voisines des lieux du drame et où trois des blessés habitent.

La bagarre qui a connu un « moment bref d’une extrême violence » selon un gendarme, a éclaté dimanche vers 17H30 dans le centre-ville. Jusqu’à 200 personnes ont été impliquées, selon le maire, Alain Cortade (UMP), une soixantaine de membres des forces de l’ordre parvenant à ramener le calme vers 23H00.

Un homme de 22 ans d’origine cap-verdienne est décédé d’un coup de couteau sous le coeur en voulant s’interposer dans la bagarre à laquelle il n’était pas mêlé. Quatre autres personnes ont été blessées à la tête et au poumon, dont trois frères d’origine marocaine qui étaient sortis de l’hôpital lundi soir.

Le quatrième, d’origine turque, a quitté l’hôpital contre avis médical et ne s’est pas fait connaître, selon le parquet.

Selon le parquet, un « antagonisme » existait entre les deux parties. Une personne d’origine turque avait déposé plainte le 24 août et une première bagarre avait eu lieu le lendemain.

Un des frères marocains blessés a indiqué à des journalistes après la réunion « qu’on ne pouvait pas réduire cette histoire à un vol d’autoradio ».

« Des tensions, il y en a tout le temps », a confié à l’AFP une infirmière qui préfère taire son nom, évoquant des « regroupements » fréquents dans le quartier.

« Avant, on était tranquille au Pontet, il n’y avait jamais d’histoire. Maintenant, la sécurité, on ne l’a plus », dit une employée d’un bar voisin. Pour elle, le changement coïncide avec l’ouverture de commerces de nuit tenus par les deux communautés, qui attirent la population des cités d’Avignon.

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