Le régime syrien est en train de « saper sa légitimité » en poursuivant la répression des manifestations au lieu de démocratiser le pays et les responsables auront à répondre leurs actes, affirment les dirigeants de l’UE dans un projet de déclaration vendredi.
« En faisant le choix de la répression plutôt que de tenir les promesses de réformes de grande ampleur qu’il a lui-même faites, le régime sape sa légitimité », souligne ce texte qui doit être formellement approuvé à la mi-journée par les chefs d’Etat et de gouvernement réunis en sommet à Bruxelles.
Cette formulation marque une montée en puissance de la condamnation de Damas par les responsables européens. De nouvelles sanctions de l’UE contre le régime et des sociétés qui lui sont liées sont entrées en vigueur ce vendredi.
Lundi encore, les ministres des Affaires étrangères de l’UE soulignaient seulement que la « crédibilité et le leadership » du président Bachar al-Assad dépendrait des réformes promises.
« Les responsables de crimes et d’actes de violence commis contre des civils auront a répondre de leurs actes », ajoute le projet de texte, agréé au niveau des hauts fonctionnaires et dont l’AFP a pris connaissance.
Les dirigeants y condamnent aussi « avec la plus grande fermeté la répression exercée par le régime syrien à l’encontre de sa propre population et les violences inacceptables et révoltantes dont elle continue de faire l’objet ».
Le nouveau train de sanctions européennes contre la Syrie vise sept personnes, dont trois Iraniens, et quatre sociétés.
Cette décision, adoptée la veille, a été prise « en raison de la gravité de la situation dans le pays », selon l’Union.
Les sanctions imposent un gel des avoirs en Europe et une interdiction de voyager dans l’UE à au total sept personnes, dont trois Iraniens que l’UE accuse de fournir des équipement militaires pour aider le régime syrien à réprimer les manifestants. Les quatre autres sont des responsables syriens.
Les sanctions élargies concernent aussi quatre entreprises syriennes liées au régime du président Bachar al-Assad.
Les Etats-Unis ont aussi accusé l’Iran de soutenir la répression des protestataires en Syrie.
Mais le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a démenti mercredi que son pays reçoive le soutien de l’Iran ou du Hezbollah libanais contre les manifestants qui contestent le régime. Il a aussi assimilé les sanctions de l’UE à une « guerre » contre la Syrie.
La répression a fait depuis le 15 mars plus de 1.300 morts parmi les civils et entraîné l’arrestation de plus de 10.000 personnes, selon des ONG syriennes. Elle a aussi poussé à l’exode des milliers de Syriens vers la Turquie et le Liban.
Les dirigeants européens apportent par ailleurs leur soutien dans leur déclaration aux efforts visant à faire condamner Damas par une résolution de l’ONU.
La France, avec la Grande-Bretagne, l’Allemagne et le Portugal, ont déposé un projet en ce sens assimilant la répression en Syrie à un crime contre l’humanité.
Des discussions sont en cours à New York pour tenter de dégager un majorité sur ce texte alors que Moscou a prévenu qu’il userait de son droit de veto.
« Le Conseil européen (forum des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, NDLR) soutient sans réserve les efforts diplomatiques déployés pour faire en sorte que le Conseil de sécurité des Nations Unies puisse prendre ses responsabilités et réagir de manière appropriée à la situation en Syrie », indique le projet de déclaration de l’UE.
BRUXELLES, 24 juin 2011 (AFP)
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