L’Union européenne va sanctionner trois Iraniens accusés d’aider le régime syrien dans la répression des manifestations, dans le cadre des sanctions renforcées contre Damas qu’elle prépare, ont indiqué mercredi à l’AFP des diplomates.
« Il y a un accord de principe » des experts des 27 pays de l’Union européenne, a indiqué l’une de ces sources.

Les sanctions renforcées contre la Syrie, dont le principe avait été annoncé lundi par les ministres européens des Affaires étrangères, doivent être formellement approuvées jeudi par les gouvernements de l’UE, avant une entrée en vigueur vendredi.

Elles imposent un gel des avoirs en Europe et une interdiction de voyager dans l’UE à au total sept personnes, dont trois Iraniens que l’UE accuse de fournir des équipement militaires pour aider le régime syrien à réprimer les manifestants, selon les diplomates. Les quatre autres sont des responsables syriens.

Les sanctions renforcées concernent aussi quatre entreprises syriennes liées au régime du président Bachar al-Assad, selon les sources diplomatiques.

Les noms des personnes et entreprises concernés ne seront rendus public que vendredi.

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a démenti mercredi que son pays recevait l’aide de l’Iran ou du Hezbollah libanais contre les manifestants qui contestent le régime. Il a aussi assimilé les sanctions de l’UE à une « guerre » contre la Syrie.

La répression a fait depuis le 15 mars plus de 1.300 morts parmi les civils et entraîné l’arrestation de plus de 10.000 personnes, selon des ONG syriennes. Elle a aussi poussé à l’exode des milliers de Syriens vers la Turquie et le Liban.

L’Union européenne a déjà adopté un premier train de sanctions contre 23 caciques du régime syrien, dont le président Assad.

Lundi, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton s’était dite « déçue » par les propositions de réformes faites par le président Assad dans son dernier discours.

Dans une déclaration commune, les ministres européens des Affaires étrangères ont estimé que la « crédibilité et le leadership » de Bachar al-Assad « dépend des réformes » annoncées.

La Grande-Bretagne et la France font partie des pays qui tiennent le discours le plus dur à l’égard de Damas en Europe.

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a appelé le président syrien à choisir entre les réformes et « se retirer » du pouvoir. Pour son homologue français Alain Juppé « le point de non retour a été atteint » pour Bachar al-Assad qui ne peut à ses yeux être l’homme de la démocratisation du pays.

Mais l’UE a beau renforcer ses sanctions, « aussi longtemps que nous avons le silence du Conseil de sécurité de l’ONU nous sommes dans une situation difficile », a reconnu cette semaine le chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt.

« A ce jour, le silence du Conseil de sécurité peut être considéré comme une tolérance indirecte à l’égard de ce qui se passe en Syrie et c’est inacceptable », a-t-il souligné.

BRUXELLES, 22 juin 2011 (AFP)

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