Un mandat d’arrêt pour «meurtres de masse» a été lancé contre le président ukrainien destitué, qui a été localisé en Crimée dimanche soir. Il est depuis parti «pour une destination inconnue».Depuis trois jours, le président ukrainien cherche désespérément un lieu de refuge à l’intérieur de l’Ukraine. Selon le récit de sa cavale qu’en fait le ministre de l’Intérieur par intérim, Arsen Avakov, Ianoukovitch aurait d’abord quitté Kiev par hélicoptère le vendredi 21 février en direction de Kharkov, dans l’est du pays, où avait lieu un congrès du parti des Régions, sa propre formation politique, comme cela était prévu à son agenda officiel.

Il était accompagné du chef de son administration présidentielle, Andreï Kliouev.

Le lendemain, le samedi 22, après avoir passé la nuit dans la résidence présidentielle de la ville, il est reparti, toujours en hélicoptère, en direction de l’aéroport de Donetsk, son fief politique, situé dans la région du Dombass.

Là, en compagnie de sa sécurité, il serait monté dans un petit avion d’affaires avant de recevoir une interdiction de décollage de la part des services des frontières. «L’avion n’avait pas ses autorisations en ordre.

Quand les responsables sont arrivés pour vérifier les documents, ils ont été accueillis par des hommes armés qui leur ont proposé de l’argent pour pouvoir décoller sans autorisation», a déclaré le porte-parole des gardes-frontières, ajoutant que cette offre a été refusée.

Viktor Ianoukovitch a finalement quitté l’aéroport pour repartir à Donetsk, où il a passé quelques heures, avant, tard le soir, de partir en voiture, sans protection officielle, en direction de la Crimée.

Les résidences officielles délaissées au profit de sanatoriums

C’est là qu’il serait arrivé le dimanche 23, en s’arrêtant dans un des nombreux sanatoriums de la région, «délaissant manifestement» les résidences officielles qui auraient pu l’accueillir. «Après avoir pris connaissance des mesures prises au parlement ukrainien» à son encontre, il a «précipitamment» quitté le sanatorium en direction de l’aéroport de Sébastopol, en Crimée.

Il était alors 23 h 50, dimanche soir.

Il n’est pas arrivé jusque là-bas, et s’est arrêté alors dans une résidence privée. Là, il aurait demandé aux membres de ses services de sécurité «qui était prêt à l’accompagner plus loin».

«Une partie de ces derniers a souhaité rester là», selon le récit du ministre de l’Intérieur, et ces hommes auraient remis leurs armes aux services de police locaux. Depuis, conclut le ministre, Viktor Ianoukovtich est «parti dans une direction inconnue».

Le site internet Liga.net rapporte quant à lui, des témoignages d’habitants de Sébastopol qui auraient vu le président en compagnie de marins russes. La flotte russe stationne en effet dans ce port de Crimée.

Un mandat d’arrêt a été lancé contre Viktor Ianoukovitch pour «meurtres de masse», a déclaré ce lundi le ministre de l’Intérieur par intérim sur son compte Facebook. Les 82 morts pendant les heurts entre manifestants et policiers la semaine dernière sont imputés à la gestion de la crise par l’ex-président et sa majorité.

Pierre Avril Avec Isabelle Raynaud/ Le Figaro.fr Article original

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