La communauté internationale ne peut plus dire «Nous ne savions pas». Les mots sont ceux de Michael Kirby, président d’une Commission d’enquête de l’ONU qui vient de rendre ce lundi un premier rapport accablant sur le régime nord-coréen. Meurtres, tortures, violences sexuelles : la Corée du Nord a commis et commet toujours aujourd’hui de nombreux crimes contre l’humanité, selon cette commission créée en 2013 qui appelle le Conseil de sécurité à saisir la Cour Pénale Internationale pour que les responsables de ces crimes rendent des comptes.
Le rapport propose la mise en place par l’ONU d’une structure de suivi pour permettre de continuer à enregistrer les violations et de préparer les moyens de demander des comptes à ceux qui en sont responsables.
Interrogé sur le nombre de personnes qui pourraient être tenues responsables des crimes commis en Corée du Nord, le président de la Commission Michael Kirby, a indiqué qu’«il pourrait y en avoir des centaines», soulignant par ailleurs que le numéro 1 nord-coréen Kim Jong-Un avait lui aussi «une grande part de responsabilité».
Comment agir ? La commission met en cause «la réponse inadéquate» toutes ces dernières années de la communauté internationale face à ces crimes et demande que la «communauté internationale accepte la responsabilité de protéger le peuple de la Corée du nord».
«A la fin de la Seconde guerre mondiale, tant de gens ont dit: Nous ne savions pas», a déclaré l’Australien Michael Kirby en présentant son rapport à la presse à l’ONU à Genève. «Maintenant, la communauté internationale sait», a-t-il poursuivi à propos des crimes contre l’humanité dénoncés dans le rapport. «Il n’y aura pas la possibilité d’excuser une défaillance d’action en disant: Nous ne savions pas».
La Chine a réagi avant même la publication officielle du rapport de la commission d’enquête, en désapprouvant par avance une saisine de la CPI. «Je n’ai pas vu moi-même ce rapport, mais notre position à ce sujet est claire: les questions relatives aux droits de l’homme doivent être résolues grâce à un dialogue constructif sur un pied d’égalité», a déclaré à la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying. «Soumettre ce rapport à la CPI n’aidera pas à résoudre la question des droits de l’homme dans un pays donné», a ajouté le porte-parole.
Le Parisien.fr Article original
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