© 2009 AFP (Miguel Medina)
Deux jours après le déclenchement de la polémique entourant Brice Hortefeux, l’Elysée est venu samedi à la rescousse du ministre de l’Intérieur qui a exclu d’éventuelles excuses pour ses propos controversés.Deux jours après le déclenchement de la polémique entourant Brice Hortefeux, l’Elysée est venu samedi à la rescousse du ministre de l’Intérieur qui a exclu d’éventuelles excuses pour ses propos controversés.

Interrogé vendredi sur les propos ambigus de son ministre à un jeune homme d’origine arabe, Nicolas Sarkozy avait répliqué qu’il n’avait « pas de temps à perdre » avec cette polémique.

Mais face à l’ampleur prise par cette affaire, des proches du chef de l’Etat sont montés samedi au créneau pour défendre Brice Hortefeux qui est lui-même revenu sur ses propos.

« Je suis scandalisé par l’exploitation hallucinante de cette affaire (…) outré par cette tentative de lynchage médiatique », a dénoncé le ministre à Libération en excluant de présenter des excuses. « Pour qu’il y ait excuse, il faudrait qu’il y ait culpabilité ou faute », a-t-il expliqué.

Une vidéo tournée au campus de l’UMP à Seignosse (Landes) montre M. Hortefeux posant avec un militant, Amine Benalai-Brouch, né de père algérien. Le ministre de l’Intérieur déclare: « il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ».
Le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, le 25 août 2009 à l’Elysée, à Paris

L’opposition a aussitôt dénoncé un dérapage raciste, certains réclamant la démission du ministre. Les jeunes du MoDem ont également demandé samedi son départ évoquant « une provocation de l’autorité sur une partie de la population ».

SOS racisme a pour sa part menacé de suspendre sa participation à la commission Jeunes-Police si le ministre ne dissipait pas le malaise « en revenant sur ses propos ».

Pour le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, il est « injuste » d’accuser Brice Hortefeux « de racisme ». Il est « toujours facile d’accuser en utilisant des propos hors de leur contexte », a-t-il dénoncé dans le Journal du Dimanche paru samedi.

« La seule personne qui a pu percevoir le contexte (…) est le jeune militant auquel (M. Hortefeux) s’adressait », a fait valoir le bras droit de M. Sarkozy. « Or, dit-il, il n’a pas été choqué ».

M. Benalia-Brouch a multiplié les interventions auprès des médias et diffusé une vidéo sur Internet pour dédouaner M. Hortefeux.

Henri Guaino, conseil spécial de M. Sarkozy, a estimé sur France Info que « la transparence absolue (était) le début du totalitarisme ».
Le député PS Jack Lang à l’Assemblée nationale, le 3 mars 2009

« Il n’y a plus d’intimité, plus de discrétion (…) On vole une phrase au hasard, on en fait un événement national, on la diffuse partout, on la commente sans d’ailleurs savoir de quoi on parle », a ajouté la plume du président.

« Le PS a utilisé tout cela comme un cache-sexe lui évitant de parler du seul vrai scandale de cette semaine: les fraudes électorales », a dénoncé à l’AFP le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez.

L’Unsa-police a également apporté son soutien au ministre qui, « sur le terrain, a toujours eu une éthique et a mené des combats similaires aux siens »

A gauche, après Jean-Christophe Cambadélis (PS), c’est Jack Lang (PS) qui a soutenu M. Hortefeux estimant que « l’incident a été monté en épingle et probablement mal interprété ».

Le recteur de la Grande mosquée de Paris Dalil Boubakeur a expliqué que le ministre « n’a eu que des paroles de respect et d’aménité pour toute la communauté musulmane de France dans (ses) contacts avec lui ».

Vendredi, le ministre de l’Intérieur avait très symboliquement participé à Clermont-Ferrand à un dîner de rupture du jeûne des musulmans d’Auvergne. M. Hortefeux doit recevoir dimanche le président de la Ligue des droits de l’Homme, Jean-Pierre Dubois, qui s’est étonné qu’il ait pu tenir de tels propos.

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