Le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Aboul Gheit a affirmé samedi que l’attentat contre une église d’Alexandrie visait tout le pays, pas que les Coptes, après un entretien avec son homologue française Michèle Alliot-Marie en visite au Caire.

Cet attentat qui a fait 21 morts dans la nuit du Nouvel an « visait à frapper l’Egypte et l’unité égyptienne, et à affaiblir le tissu national. Le peuple égyptien, chrétiens et musulmans, a eu le sentiment que c’était l’unité nationale qui était visée », a-t-il déclaré à la presse. Il a implicitement réfuté toute critique qui serait dirigée contre les autorités égyptiennes, affirmant que « la constitution égyptienne est extrêmement claire sur le droit à croire, à pratiquer sa foi et sa croyance et sur la responsabilité de l’Etat à protéger ses citoyens ».

Mme Alliot-Marie pour sa part a elle aussi assuré que « c’est l’Etat égyptien, avec ses caractéristiques de démocratie et de tolérance » qui était visé par les auteurs de l’attentat. Selon elle, la population égyptienne a réagi « exactement comme en France quand il y a des actes contre une mosquée ou une synagogue: il y a unité des gens qui disent « nous ne voulons pas que certains viennent porter atteinte à notre unité nationale » ». « Toutes nos démocraties, parce qu’elles sont tolérantes et affirment dans leurs textes et dans les déclarations de leurs gouvernements la liberté de pensée et d’exercice du culte, sont contestées par les terroristes », a-t-elle poursuivi.

Mme Alliot-Marie a souligné la nécessité de « travailler ensemble pour savoir comment nous renforcer dans la lutte contre (…) le terrorisme ». Lors de son arrivée au Caire vendredi, elle avait estimé que cet attentat montrait « qu’aucun pays, quels que soient ses efforts en matière de sécurité, ne peut s’estimer à l’abri du fanatisme ». Il est temps de « réaffirmer ensemble notre attachement à la liberté religieuse, à la liberté de conscience, au libre exercice de culte », avait-elle déclaré, en indiquant que ce sujet était « un des enjeux » de sa visite au Caire.

Ce dossier a occupé au moins la moitié de ses entretiens samedi avec le président Hosni Moubarak et M. Aboul Gheit, a-t-on indiqué dans l’entourage de la ministre.

Mme Alliot-Marie devait quitter le Caire dans l’après-midi pour se rendre à Amman.

La ministre avait, quelques jours après cet attentat, demandé à l’UE de travailler à une position coordonnée sur la question de la sécurité des chrétiens d’Orient, et le président Nicolas Sarkozy avait dénoncé « ce qui ressemble de plus en plus à un plan particulièrement pervers d’épuration religieuse » au Moyen-Orient.

Le Caire de son côté a qualifié « d’ingérence inacceptable » les prises de position étrangères en faveur d’un renforcement de la sécurité des chrétiens d’Egypte -pour la plupart des Coptes qui représentent 6 à 10% de la population- estimant que cette question relevait de sa seule souveraineté.

Des appels du pape Benoît XVI à la protection des minorités chrétiennes de cette région ont provoqué le rappel par Le Caire de son ambassadeur au Vatican pour consultations, et au gel du dialogue entre la grande institution sunnite égyptienne d’Al-Azhar et le Saint-Siège.

NDLR : Errare humanum est perseverare diabolicum. Mme Alliot-Marie récidive en voyant une démocratie en Egypte. Décidément l’affaire tunisienne ne lui a pas servie de leçon. Il est plus facile de critiquer la démocratie israélienne qu’une dictature arabe.

LE CAIRE, 22 jan 2011 (AFP)

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