Plusieurs dirigeants politiques israéliens ont pris leurs marques dimanche en vue d’éventuelles élections anticipées tandis que les critiques très dures d’ex-patrons de la sécurité se multiplient contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Le chef du parti centriste Kadima, Shaoul Mofaz, qui dirige l’opposition, s’est prononcé samedi « pour la tenue d’élections législatives dès que possible, après les vacances parlementaires d’été, soit le mardi 16 octobre ».
Estimant que « les jours du gouvernement sont comptés », il a appelé M. Netanyahu à convenir d’une date pour un scrutin anticipé, faute de quoi il déposerait un projet de loi de dissolution de la Chambre.
La législature actuelle s’achève normalement en novembre 2013.
La chef du parti travailliste Shelly Yacimovich a de son côté appelé dimanche à la radio publique les formations de l’opposition à « s’unir pour renverser ce gouvernement ».

« Je ne crains pas une consultation de l’opinion », a pour sa part déclaré M. Netanyahu dans des propos diffusés dimanche par la radio publique.
Son principal allié au sein de la coalition gouvernementale, le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman, qui dirige le parti Israël Beiteinou (droite nationaliste), a cependant fait planer la menace d’élections anticipées.
Il a fait savoir que sa position sur le sujet dépendrait du vote prévu le 9 mai à la Knesset d’un projet de loi qu’il soutient et qui contraindrait tous les jeunes Israéliens au service militaire ou à un service civil obligatoires.
Ce texte remplacerait la Loi Tal qui permet de facto aux jeunes juifs religieux orthodoxes d’échapper aux obligations militaires.
« Nous n’avons plus d’engagements envers la coalition gouvernementale. Nous avons un engagement envers nos électeurs », a averti M. Lieberman.
Selon Idan Miller, représentant d’un groupe de militants protestant contre l’inégalité face au service militaire ou civil, M. Netanyahu s’est engagé dimanche matin à remplacer la Loi Tal lors de la prochaine session parlementaire, « même au risque d’un éclatement de sa coalition gouvernementale ».
Ce débat intervient alors que l’ex-patron du Shin Beth, le service de sécurité intérieure israélien, Youval Diskin, a accusé M. Netanyahu et son ministre de la Défense Ehud Barak de « tromper » les Israéliens sur l’Iran et de ne pas être « à un niveau suffisant » pour gérer une guerre contre Téhéran.
Ses critiques font écho à celles de l’ancien patron du Mossad, Méir Dagan, et de l’ex-chef d’état-major, le général Gaby Ashkenazi.
AFP
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