L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a appelé vendredi l’Egypte à cesser d’ouvrir le feu sur les migrants qui tentent de pénétrer en Israël, alors que le pays a pris la présidence du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).
Selon l’organisation basée à New York, la police égyptienne aux frontières a tué depuis juillet 2007 au moins 85 migrants non armés qui essayaient de rentrer en Israël. La majorité des victimes sont soudanaises ou érythréennes, selon HRW.
« L’Egypte prend aujourd’hui la présidence du comité exécutif du HCR, alors que chez elle, elle tire sur des migrants désarmés et bloque l’accès du HCR aux détenus qui réclament la protection de l’agence » de l’ONU, a indiqué le directeur adjoint de HRW pour le Moyen-Orient, Joe Stork.
« Pour être cohérent avec sa nouvelle position de président du bureau exécutif, l’Egypte a besoin de mettre de l’ordre dans sa propre maison », ajoute-t-il. Face aux critiques, l’Egypte se défend en soulignant que sa frontière longue de 250 kilomètres avec Israël est particulièrement sensible, et qu’elle est devenue une zone de transit importante pour les migrants et les trafiquants de drogue.
Selon un représentant de HRW au Caire, l’Egypte détient le pire bilan en terme de morts aux frontières. « C’est la pire frontière au monde désormais en terme de tirs mortels visant des migrants désarmés », a dit Heba Morayef à l’AFP. « C’est la seule frontière où autant de migrants meurent ». HRW accuse aussi le Caire d’expulser « illégalement » des personnes ayant obtenu le statut de réfugiés. « L’Egypte devrait également arrêter d’entraver l’accès de l’agence aux étrangers détenus en Egypte qui veulent demander l’asile ». « Si l’Egypte, qui préside le comité exécutif du HCR, continue de tirer sur les étrangers qui essaient de partir et empêche l’agence aux réfugiés de remplir son mandat de protection, elle va non seulement se discréditer mais aussi discréditer le HCR », a avertit M. Stork.
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