La justice syrienne a émis des mandats d’arrêt contre 33 personnalités libanaises, arabes et étrangères après une plainte d’un ex-général libanais contre de « faux témoins » dans l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, a indiqué lundi son avocat.
Parmi ces personnalités figurent plusieurs proches de Saad Hariri, actuel Premier ministre libanais et fils de Rafic Hariri, accusés par l’ex-général Jamil Sayyed d’avoir « fabriqué » des preuves à partir de faux témoignages dans l’enquête sur l’assassinat survenu le 14 mars 2005 à Beyrouth.
Ces mandats sont « une mesure hostile équivalant à une véritable déclaration de guerre », écrit lundi le quotidien francophone libanais L’Orient Le Jour. « La seule personne visée, c’est le locataire du Sérail », estime le quotidien proche du Hezbollah, Al-Akhbar, en référence au Premier ministre libanais.
M. Sayyed, directeur de la Sûreté générale au Liban du temps de la tutelle syrienne, est l’un des quatre généraux qui avaient été détenus sans charge (août 2005-avril 2009) dans le cadre de cette enquête. Après sa libération, il a intenté un procès à Damas contre des personnalités « impliquées dans l’affaire des faux témoignages ». Il avait alors argué que cinq Syriens en faisaient partie et que la justice libanaise et le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), créé par l’ONU pour enquêter sur l’assassinat, avaient dit qu’ils n’étaient pas habilités à se pencher sur cette affaire.
« Le premier juge d’instruction (à Damas) a émis des mandats d’arrêt contre des personnalités libanaises, arabes et étrangères », a déclaré Me Fassih Achi, l’avocat à Damas de M. Sayyed. Selon un communiqué du bureau de l’ex-général, les « 33 mandats d’arrêt ont été émis à l’encontre de juges, officiers, hommes politiques, journalistes et d’autres personnalités libanaises, arabes et étrangères ».
L’agence de presse libanaise ANI cite les noms de l’ancien chef de la commission d’enquête de l’ONU, l’Allemand Detlev Mehlis, son adjoint Gerhard Lehman, le procureur général libanais Saïd Mirza, le chef des Forces de sécurité intérieures Achraf Rifi, l’ex-ministre de la Justice Charles Rizk et le conseiller de Saad Hariri, Hani Hammoud.
Selon plusieurs observateurs, les mandats d’arrêt n’ont aucun poids légal au Liban puisque le crime a été commis sur le territoire libanais et la plupart des accusés sont de nationalité libanaise.
Le Hezbollah, un allié de Damas qui dit s’attendre à ce que le TSL l’accuse d’implication dans le meurtre, réclame que les personnes impliquées dans l’affaire des « faux témoins » soient traduites en justice. La Syrie, qui a été contrainte après l’assassinat de Hariri de retirer ses troupes du Liban après 30 ans de tutelle, avait été montrée du doigt par le camp de Saad Hariri dans ce meurtre. Mais Saad Hariri, dont les relations se sont améliorées avec la Syrie depuis qu’il est devenu Premier ministre fin 2009, a affirmé en septembre avoir commis une « erreur » en accusant la Syrie.
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