On se souvient que Roger Cukierman s’était fortement insurgé contre les propos « provocateurs » d’Ariel Sharon, en 2004, de passage à Paris, lorsque le Premier Ministre israélien d’alors n’avait pas donné dix ans à la communauté juive pour être débordée par des hordes de Musulmans antisémites nourris à la haine au sein de leur mère, prêts à tout pour occuper les territoires perdus et qui ont, d’ores et déjà, déclenché une guerre civile de conquête, quartier juif par quartier juif. Cette haine islamo- française, cette impuissance des pouvoirs publics face au Jihad urbain, est le quotidien de ces Juifs de France, dix ans plus tard. L’ironie voudra que c’est à cause d’une nouvelle guerre à Gaza, restituée par le même Sharon, puis prise en otage par le Hamas, que ce constat commence à être formulé et repris par les Institutions juives de France…

À l’occasion de la commémoration dimanche à Paris du soixante-douzième anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv’, le Premier ministre Manuel Valls a livré un discours vibrant contre l’antisémitisme, très attendu, alors que des violences ont eu lieu samedi dans le quartier Barbès en marge d’une manifestation anti-israélienne interdite.
Présent aux côtés du chef de l’exécutif, le président du Crif, Roger Cukierman, s’est alarmé des « lourds nuages » qui planent au-dessus de la communauté juive française. Le Monde Juif .info l’a interrogé :
L’importation du conflit du Proche-Orient me gêne beaucoup. Je remarque que c’est le seul conflit dont en parle en France. Pour lequel on manifeste. Personne n’éprouve le besoin de manifester contre ce qui se passe en Syrie où 170 000 civils, musulmans, ont été assassinés, hommes, femmes et enfants. Personne ne s’intéresse à ce qui se passe en Irak, en Afghanistan, au Mali ou au Soudan.
Même chose pour le boycott des produits israéliens. Les seuls produits qui soient boycottés dans ce pays, ce sont les produits israéliens. Personne ne boycotte les produits chinois alors que la Chine occupe le Tibet. Personne ne boycotte la Russie qui occupe la Crimée et ainsi de suite… Tout ça traduit clairement que l’antisionisme, c’est de l’antisémitisme. C’est le nouvel habit de l’antisémitisme.
Ecoutez, moi je ne suis pas compétent en matière d’ordre public mais je constate qu’il y a huit jours, il y a eu une dérive terrible de cette manifestation, puisqu’on a attaqué cinq synagogues, des magasins, rue des Rosiers et rue de Turenne, que je peux comprendre que les autorités aient craint de nouveaux troubles à l’ordre public. Mais c’est au ministère de l’Intérieur de juger de ces problèmes-là.
Je ne crois vraiment pas autre chose, que la communauté juive soit autre chose que très démocratique. Moi, je suis prêt à dialoguer avec qui on veut, y compris sur le conflit du Proche-Orient. On peut avoir des opinions différentes. C’est parfaitement légitime. Que certains trouvent que le Hamas ait raison d’envoyer des missiles sur la population civile israélienne depuis dix ans, moi je veux bien, on peut en discuter. Mais discutons-en, parlons-en, dialoguons. Mais ne venez pas avec des barres de fer. Moi je n’ai jamais attaqué une mosquée, ou un Juif, qu’on accuse d’être liberticide, n’a jamais agressé un Musulman parce que Musulman, ou une mosquée parce qu’on ne partage pas la même religion.
La première chose que j’ai faîte lundi dernier, c’est appeler le recteur de la mosquée de Paris, M. Boubakeur, pour qu’il s’exprime sur ce qui s’est produit. Et il a répondu positivement à cette demande. Donc, je crois qu’on peut vivre ensemble, il faut de la bonne volonté, il ne faut pas laisser les voyous occuper les rues.
Effectivement, il y aurait des rumeurs que la Ligue de défense juive serait responsable de l’attaque de la synagogue de la Roquette.
Propos recueillis par Yohann Taïeb – © Le Monde Juif .info Article original
© Photo : DR
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