Des Jordaniens et Palestiniens ont renoncé à participer à une course cycliste pour l’environnement, à laquelle devaient également prendre part des Israéliens, après l’appel au boycott de syndicats professionnels jordaniens, ont indiqué mercredi les organisateurs.
« Nous voulions augmenter la prise de conscience sur les problèmes de changements climatiques dans la région, mais ceux qui s’opposent à la normalisation avec Israël ont fait du sujet un problème politique », a dit à l’AFP le directeur adjoint de l’association « Amis de la terre/Proche-Orient » (FoEME), Abdelrahman Sultan.
FoEME avait prévu d’organiser du 8 au 10 octobre, un événement cycliste transfrontalier pour attirer l’attention sur les effets du changement climatique sur le cours du fleuve Jourdain et la mer Morte. Fin septembre, les syndicats professionnels jordaniens ont appelé au boycott de la course, estimant qu’elle cachait une volonté de « normalisation » avec Israël.
« Nous comprenons que l’évènement puisse provoquer une réaction à cause de la crise liée à la paix au Moyen-Orient et les implantations israéliennes. Les Palestiniens et nous-mêmes avons donc décidé d’annuler notre participation pour éviter toute provocation », a dit M. Sultan. « Notre but n’était pas politique (…) », a-t-il insisté. Le trajet à vélo devait s’effectuer sous forme de course de relais avec des cyclistes jordaniens, israéliens et palestiniens, et débuter en Jordanie dans la partie inférieure du Jourdain, puis se poursuivre de l’autre côté de la rive du fleuve, en Israël et prendre fin dans la partie nord de la mer Morte, en territoire palestinien, selon l’association.
A Jérusalem, la porte-parole de la branche israélienne de FoEME, Mira Edelstein, a précisé de son côté que la décision d’annuler la participation des coureurs jordaniens et palestiniens avait été prise à cause des tensions autour du processus de paix actuellement dans l’impasse. « La randonnée cycliste avait simplement pour but d’éveiller les consciences sur les problèmes du Jourdain dont les ressources sont partagées entre Israël, la Jordanie et la Palestine », a déclaré Mme Edelstein. « Nous traversons des temps très délicats, avec beaucoup de tension dans l’air, nous avons donc pris la décision de ne pas insister sur les problèmes de frontières et d’adopter un profil bas », a-t-elle ajouté.
La mer Morte, l’étendue d’eau la plus salée du monde réputée pour les bienfaits de ses minéraux, pourrait bientôt se réduire à une simple mare, victime de l’activité humaine et d’un conflit régional qui fait obstacle aux mesures de préservation. Le niveau du lac salé, déjà inférieur au niveau de la mer de 395 mètres dans les années soixante, s’établit aujourd’hui à -422 mètres, d’après FoEME.
NDLR – Cela démontre surtout que la paix n’est pas le but recherché par ces Jordaniens et Palestiniens, et qu’ils ne supportent aucune normalisation avec Israël, parce qu’Israël est pour eux hors norme.
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