La Chine, les Etats-Unis, la Suisse et Israël réfléchissent à l’éventualité de mettre en place dans leur pays un règlement du type de REACH, qui prévoit l’enregistrement en Europe de toutes les substances chimiques, a indiqué vendredi le commissaire européen à l’Industrie Antonio Tajani.
« La Suisse, la Chine, Israël et les Etats-Unis se sont intéressés à ce modèle de REACH. Ils nous demandent de leur expliquer car ils sont en train de réfléchir à savoir s’il faut le faire chez eux », a indiqué Antonio Tajani, en marge de l’assemblée générale du Conseil européen de l’industrie chimique (Cefic).
« REACH peut être un modèle mondial », a estimé le commissaire européen, ajoutant que cela allait apporter aux produits fabriqués dans l’Union européenne « une garantie que l’on a utilisé des substances chimiques sans risque pour la santé ». Adopté en 2006, le règlement REACH (acronyme pour Registration, evaluation and authorisation of chemicals) vise à faire le ménage parmi les quelque 100.000 substances chimiques en circulation libre dans l’UE et à progressivement exclure les plus dangereuses.
Après une phase de pré-enregistrement, la première échéance de REACH arrive le 1er décembre, date à laquelle les industriels devront avoir enregistré toutes les substances produites ou importées au sein de l’UE en quantité supérieure à mille tonnes, sous peine de ne plus pouvoir les mettre sur le marché.
Par ailleurs, Antonio Tajani s’est dit « optimiste » sur le fait que l’industrie européenne était « en train de sortir de la crise ». Il a souhaité le développement d’un nouveau modèle industriel européen « moins polluant », en repoussant toutefois l’idée que l’Union européenne décide seule de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% d’ici 2020, comme l’ont demandé certains ministres, dont le Français Jean-Louis Borloo .
« Il faut s’engager contre le changement climatique, mais il faut être attentif à le faire en défendant en même temps la compétitivité des entreprises », a expliqué M. Tajani.
« Aller au-delà de -20% (engagement de l’Union européenne de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, ndlr), c’est dangereux sans un accord mondial », a-t-il ajouté. Enfin, il a considéré que l’industrie européenne devait miser sur la mise aux points de produits innovants pour résister à la concurrence mondiale. « Il n’y a pas de compétitivité si il n’y a pas d’innovation. Nous ne pouvons pas gagner contre les Chinois ou les Indiens en quantité, mais nous pouvons gagner en qualité », a argumenté le commissaire européen.
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