Voilà donc que Bachar Al Assad envoie ses tanks contre les manifestants qui réclament à l’instar des autres peuples  arabes, un peu plus de liberté et un peu plus de pain.
Le jeune ophtalmologiste sur lequel l’Occident avait fondé quelques espoirs lorsqu’il succéda à son père, se montre donc  au moins aussi féroce que son géniteur.   

Tout a été tenté pourtant  pour en faire un  interlocuteur fréquentable, notamment en l’invitant à Paris avec tous les honneurs dus à son rang un certain 14 juillet.

Apparemment  cela a été vain et   Bachar Al Assad  montre son vrai visage, prouvant  par là que “bon sang ne saurait mentir” .
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Alors on s’émeut beaucoup chez ceux qui avaient  souhaité un rapprochement avec la Syrie. Son  récent allié, le premier ministre turc Erdogan, n’a pas hésité à  rappeler  le président à l’ordre conjointement avec Barak Obama. La France, la Grande Bretagne et l’Italie ont exprimé leur préoccupation.
Trois questions  se posent   aujourd’hui  :   

1) Y aura-t-il une action  militaire internationale pour mettre un terme aux massacres en Syrie ?
C’est peu probable.

Après l’Irak,  l’Afghanistan, la Libye, on ne peut pas faire la guerre à tous les tyrans de la terre..

2) Les masses syriennes viendront elles à bout toutes seules, comme le firent les Tunisiens et les Egyptiens de la dictature qui les opprime depuis des décennies ?         C’est possible, mais au prix de quelles pertes humaines ?

3) Et si elles y arrivent, quelle sera la suite ?

En Syrie, comme en Egypte, comme en  Tunisie, comme en  Jordanie, les intégristes, tapis dans l’ombre,  attendent leur heure pour instaurer partout des régimes islamistes

Les peuples arabes vont-ils tomber  de Charybde en Sylla et  passer de la dictature d’un homme à celle de la Charia ?

Les démocrates tunisiens et ils sont nombreux, espèrent qu’avec l’aide politique et  économique de l’Occident, ce danger  pourra être écarté.

Certes, la présence dans les futures Assemblées Nationales  de “Ennahda” à Tunis, des “frères musulmans” au Caire,  leur parait inévitable, mais  tout sera fait  disent-ils pour les empêcher  de s’emparer du pouvoir.

Ils savent  que c’est là  un pari dangereux, mais pensent que puisqu’on ne peut pas éradiquer l’islamisme, autant composer avec lui.

D’autant que les militants intégristes se présentent aujourd’hui  le bec enfariné  et en complet  veston-cravate.

Ils sont  pour le moment la  seule force  politique organisée dans ces pays et ont les moyens, par leur indiscutable action sociale et leurs prêches d’attirer à eux les masses populaires si les nouveaux pouvoirs ne réussissent pas à établir  plus de justice sociale, à endiguer le chômage et leur donner le goût de la démocratie.

Le discours des Islamistes  est aujourd’hui modéré.  Ils promettent tout ce que l’on veut et  rejetant  tout haut le modèle iranien, ils se prévalent  du modèle turc pour assurer que  leur mouvance n’est pas incompatible avec la démocratie, les libertés  et l’alternance au pouvoir par le suffrage universel.

Ce qui reste à démontrer.

On a vu par le passé des partis totalitaires, arriver au pouvoir par des voies légales et instaurer  par la suite un régime dictatorial

Il n’en reste pas moins que la Tunisie est , comme le dit Abdelwabab Meddeb,  que je recevrai le 8 mai à mon émission “l’étoile et le jasmin”, un “laboratoire”  dont le succès ou l’échec retentira inévitablement  sur l’ensemble du monde arabe.

Il faut  donc tout faire pour qu’elle réussisse  à devenir un état véritablement démocratique et

pourquoi pas…laïque ?

Il est de notre intérêt, il est de notre devoir de l’aider.

André Nahum

Radio JudaiquesFM

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