Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, est arrivé vendredi à Beyrouth pour une visite durant laquelle il évoquera notamment la crise en Syrie et le tribunal international qui a mis en cause des membres du Hezbollah chiite dans l’assassinat du dirigeant Rafic Hariri.

Au cours de cette visite de trois jours, M. Ban doit également discuter avec les dirigeants libanais du dossier contentieux de l’arsenal du Hezbollah ainsi que des attaques contre la force des Nations unies au Liban (Finul) perpétrées ces derniers mois.

Il va rencontrer séparément le président Michel Sleimane, le Premier ministre Najib Mikati et le président du Parlement Nabih Berri, un allié du Hezbollah.

Samedi, il passera en revue les troupes de la Finul déployées dans le sud du pays rencontrera des membres de l’opposition libanaise pro-occidentale.

Quelques dizaines de personnes ont manifesté vendredi dans le centre-ville de Beyrouth pour dénoncer sa visite et affirmer leur soutien au Hezbollah et au régime syrien.

Avant sa visite, M. Ban a déclaré dans une interview au quotidien local An Nahar qu’il s’attendait à ce que les dirigeants du pays prennent des « mesures concrètes » en vue du désarmement des groupes armés, en référence au Hezbollah.

L’arsenal du Hezbollah est l’un des principaux dossiers qui divisent au Liban. Le Hezbollah refuse de déposer les armes, arguant qu’elles sont nécessaires pour faire face à une éventuelle attaque israélienne.

Le parti chiite, qui domine le gouvernement avec ses alliés, a d’ores et déjà affirmé que le chef de l’ONU n’était « pas le bienvenu » au Liban.

Le chef du parti, Hassan Nasrallah, doit commenter cette visite lors de discours vendredi et samedi.

M. Ban doit évoquer un autre sujet contentieux impliquant le Hezbollah, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Il a affirmé à An Nahar qu’il allait renouveler prochainement le protocole de coopération entre les Nations unies et le Liban concernant le TSL, accusé par le Hezbollah d’être un complot israélo-américain visant à le détruire. Ce protocole expire en mars.

Par ailleurs, M. Ban a appelé dans son interview la communauté internationale à une « position unie » concernant la Syrie, secouée depuis mars par une révolte réprimée dans la sang.

Il a dit avoir demandé à plusieurs reprises au président Bachar al-Assad de cesser l’effusion de sang mais que ce dernier « n’a pas tenu ses promesses ».

« Il est important que le Conseil de sécurité parle d’une seule voix concernant cette crise », a-t-il jugé, en référence à la position de la Russie qui refuse toute condamnation ou sanction contre Damas.

BEYROUTH, 13 jan 2012 (AFP)

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