Pourquoi le pouvoir et l’administration américains sont-ils aussi rigides et intransigeants dans l’affaire Jonathan Pollard ? Pourquoi celui-ci n’a-t-il jamais  bénéficié de la grâce présidentielle ni même d’une simple permission de sortie lorsque sa mère puis son père furent décédés ?

Il y a 26 ans, ce fonctionnaire juif américain avait transmis à Israël des documents fort importants pour sa sécurité, que son service refusait de lui communiquer.

Il a fauté certes, bien qu’il ait agi sans aucun intérêt personnel, mais uniquement pour l’amour de Sion. S’il méritait d’être sanctionné, il l’a lourdement été puisqu’il fut condamné à la prison à vie avec recommandation pour interdire sa libération sous quelque condition que ce soit, et ce en violant, de façon flagrante, l‘accord qui avait été conclu avec l’accusation et avec laquelle il avait pleinement coopéré.

Il faut rappeler qu’entre temps, le secrétaire d’état à la défense de l’époque, Caspar Weinberger, avait transmis au magistrat un dossier secret auquel ni Pollard ni ses avocats ne purent accéder en temps utile. Du jamais vu dans la justice américaine !

Notons, par ailleurs, que d’habitude dans tous les pays du monde, y compris les Etats-Unis, il  y a toujours eu un échange d’espions et même s’ils sont coupables des plus horribles forfaits, ceux-ci sont généralement libérés après des tractations plus ou moins longues entre leurs deux pays..

Mais les Etat-Unis et Israël sont amis et alliés. Contre qui Pollard aurait-il pu être échangé ? Peut-être qu’en cherchant bien dans les geôles israéliennes on aurait trouvé quelques prisonniers palestiniens auquel les Américains auraient voulu faire une fleur ?

Pourquoi les différents présidents américains, Clinton, puis Bush père et fils et maintenant Obama ont-ils toujours refusé de lui accorder sa grâce malgré les conditions  pour le moins discutables de sa condamnation ?

Ont-ils décidé de le laisser finir ses jours en prison pour en faire un exemple et mettre en garde les Juifs américains ?

Le père de Jonathan Pollard a été inhumé lundi dernier dans un cimetière juif à Southbend dans l’Indiana.

Des personnalités juives américaines et israéliennes dont Shimon Pérès et  Benyamin Nathanyaou étaient intervenues pour permettre à Jonathan d’assister à ces obsèques et dire le Kaddish au cimetière.

Au grand dam de la famille, l’administration pénitentiaire, qui ne l’avait déjà pas autorisé à rendre visite à son père agonisant, n’a pas daigné répondre à cette requête et son refus n’est parvenu qu’après les funérailles.
Cette administration connaît-elle le sens du mot “compassion” ou est-il intraduisible dans sa langue ?

Morris Pollard avait risqué sa vie pour son pays au cours de la dernière guerre. Il méritait bien que son fils, quelque fut sa faute, lui rende les derniers devoirs selon la loi juive..

On ne l’a pas permis.

Alors quoi ? C’est ça, l’Amérique ? C’est ça, le grand pays auquel nous sommes profondément attachés, en n’oubliant jamais qu’il y a soixante dix ans, ses GI nous ont sauvé la vie ? 

C’est ça, la grande nation qui a toujours mis en exergue les valeurs religieuses, le pays de “In God we trust ?  (Littéralement : En Dieu, nous faisons confiance)

Est-ce bien servir Dieu, que de manquer à ce point de générosité et d’humanité  envers un homme qui croupit dans sa geôle depuis 26 ans sans espoir d’en sortir  autrement que mort, même s’il a un jour failli ?

André Nahum

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