Le nouveau chef d’Al Qaïda Ayman al-Zawahiri fait presque aussi bien que le président américain Barack Obama auprès des électeurs égyptiens, selon un sondage rendu public avant les élections présidentielle et législatives dans ce pays.
Selon le sondage, organisé par l’Institut international de la paix (IPI), un centre de réflexion basé à New York, Obama est considéré favorablement par 12% des Egyptiens. Zawahiri, un Egyptien qui a été nommé la semaine dernière pour remplacé Oussama Ben Laden à la tête de Al Qaïda, est bien considéré par 11% de ses compatriotes.
Ce sondage a été effectué auprès de 800 électeurs égyptiens avant les élections législatives en septembre et présidentielle plus tard dans l’année.
L’ancien secrétaire général de la Ligue Arabe Amr Moussa demeure en tête du sondage avec 32% d’intentions de vote, selon ce sondage.
S’ils se présentent, le Premier ministre Essam Sharaf se placerait en deuxième avec 16% et le dirigeant militaire Mohammed Tantawi troisième avec 8%. Les chefs de l’opposition Mohammed ElBaradei et Ayman Nour n’auraient que 2% et 3% respectivement.
Le sondage a été réalisé entre le 30 mai et le 4 juin auprès d’un échantillon représentatif de 800 personnes en âge de voter. Sa marge d’erreur est de +/- 4%.
NEW YORK (Nations unies), 20 juin 2011 (AFP)
Malgré les réserves que sa personnalité suscite parmi les djihadistes, l’Egyptien Ayman al-Zawahiri, ex-numéro deux d’Al Qaida, succède à Oussama Ben Laden à la tête de l’organisation terroriste, a annoncé le commandement général de la mouvance.
Aucun détail n’a été donné sur la procédure de désignation « après consultations », qui intervient au terme du traditionnel deuil de quarante jours, après la liquidation de Ben Laden au Pakistan par les Américains. La semaine dernière, Zawahiri avait pris soin de renouveler son allégeance au mollah Omar, le chef suprême des talibans, comme l’avait fait Ben Laden en 1997 à l’égard des protecteurs d’Al Qaida en Afghanistan et au Pakistan.
A 60 ans, l’idéologue d’Al Qaida, qui se cacherait entre ces deux pays, devient l’homme le plus recherché au monde. Le Département d’Etat promet une récompense de 25 millions de dollars à toute personne permettant de « neutraliser » celui que les services secrets bulgares avaient laissé filé en 1995, alors qu’il était en tournée en Europe pour renforcer les cellules du Djihad islamique qu’il dirigeait.
La nomination de Zawahiri montre que les Egyptiens ont réussi à garder le contrôle de la direction d’Al Qaida, du moins ce qu’il en reste après la liquidation de Ben Laden. Mais cet ancien docteur, issu d’une famille bourgeoise du Caire, risque d’être un chef contesté d’une organisation, elle-même affaiblie.
« Al Qaida au Pakistan et en Afghanistan va rester le lieu où les djihadistes européens iront s’entraîner, affirme un expert qui souhaite rester anonyme. Mais contrairement à Ben Laden, Zawahiri aura du mal à fédérer l’ensemble des groupes, qui composent aujourd’hui la nébuleuse al Qaida ».
Dans son communiqué, la nouvelle direction rappelle à ses « frères combattants en Irak, Somalie et dans la Péninsule arabique » qu’elle poursuivra « sur la même voie » son djihad contre les Américains et Israël, mais les leaders de certaines filiales d’Al Qaida – au Yémen en particulier – pourraient passer outre ces assurances pour contester son autorité.
« Zawahiri est loin d’avoir le charisme de Ben Laden, se souvient Nasser al-Bahri l’ancien garde du corps de l’ex chef d’al Qaida. Il est autoritaire, le dialogue avec lui est difficile ».
Ce changement pourrait également impliquer un nouveau modus operandi de la part d’Al Qaida, et pas seulement dans ses bases afghano-pakistanaises. « Contrairement à Ben Laden qui cherchait à se concentrer sur des attaques de grande ampleur contre les Etats-Unis, Zawahiri était conscient de la faiblesse d’Al Qaida et il privilégie des opérations plus modestes, comme des attentats suicides résultant d’initiatives individuelles», ajoute cet expert.
Autre inflexion possible : Zawahiri est perçu par les services de renseignements occidentaux comme l’homme en charge de certains pays du Moyen-Orient (Liban, Syrie et Egypte) dans lesquels la mouvance terroriste compte profiter de l’instabilité, née des changements de régime, pour s’y renforcer.
« C’est Zawahiri qui a reçu en 2009 des membres des brigades Abdallah Azzam du camp de réfugiés libanais d’Ein Héloué venus pour prêter serment auprès de Ben Laden, mais celui-ci avait refusé de les adouber les jugeant pas assez disciplinés », raconte un membre d’un service occidental. Zawahiri se montrera-t-il aussi regardant sur ses futures recrues?
Le nouveau chef d’Al Qaida pourrait également recentrer la guerre sainte contre Israël, pays épargné par Ben Laden.
Georges Malbrunot
Le Figaro.fr
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