Bachar al-Assad a atteint « un point de non retour », a estimé lundi le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, doutant que le président syrien soit en mesure de s’amender après la répression « d’une violence inouïe » imposée à son peuple.
« Certains considèrent qu’il est encore temps pour lui de s’amender et d’engager un processus » de réformes, a souligné le ministre français à l’issue d’une réunion à Luxembourg avec ses homologues européens.

« Pour ma part j’en doute, je crois que le point de non retour a été atteint », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

« En tout cas ce n’est pas la déclaration d’aujourd’hui qui change le contexte », a-t-il commenté en référence au discours de Bachar al-Assad fait lundi à l’Université de Damas, sa troisième intervention publique depuis le début le 15 mars du mouvement de contestation.

M. Assad a promis des réformes susceptibles de mettre fin à l’hégémonie de son parti en Syrie tout en se disant déterminé à faire cesser le « chaos », mais les opposants, loin d’être satisfaits, ont appelé à poursuivre la révolte jusqu’à la chute du régime. M. Assad, qui a aussi parlé de « complot » contre son pays, n’a pas annoncé de mesures concrètes immédiates.

« La répression a fait plus d’un millier de morts (…), elle a été d’une violence inouïe, on ne peut pas l’accepter sans réagir », a souligné M. Juppé.

LUXEMBOURG, 20 juin 2011 (AFP)

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