Le ministre britannique du Commerce Vince Cable a estimé dimanche que les éventuels avoirs à l’étranger du président égyptien déchu Hosni Moubarak devaient faire l’objet d’une « action internationale concertée ».
« Je ne savais pas qu’il avait d’énormes avoirs ici mais il faut sans aucun doute qu’il y ait une action internationale sur ce sujet », a-t-il déclaré sur la chaîne BBC1, en réponse à une question sur la présence éventuelle de certains de ces avoirs au Royaume Uni, évoquée dernièrement par la presse locale.
« Cela n’a pas de sens pour un gouvernement d’agir tout seul, mais nous devons absolument nous pencher sur la question. Cela dépend aussi de la manière dont ont été acquis ces avoirs », a ajouté le ministre.
La Suisse a décidé vendredi de geler « avec effet immédiat » les avoirs que pourraient détenir dans la confédération le président Moubarak et son entourage.
M. Cable a également averti les banques britanniques que le gouvernement prendrait des mesures contre tout établissement qui aiderait l’ancien président égyptien à transférer des fonds.
« Une des taches auxquelles le gouvernement s’est attelé depuis son arrivée au pouvoir est de mettre fin aux opérations d’évasion fiscale pour le compte de leurs clients, entreprises ou particuliers », a-t-il fait valoir.
« Nous agirions donc en conséquence si quelque chose d’anormal s’était produit », a-t-il conclu.
Le secrétaire d’Etat chargé du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord, Alistair Burt, a pour sa part assuré que le gouvernement britannique ne pouvait rien faire à propos des avoirs de M. Moubarak tant qu’une requête formelle ne lui avait pas été adressée par l’Egypte.
« Il faut qu’une demande ait été formulée avant d’entreprendre quoi que ce soit », a-t-il expliqué à la radio BBC4.
« Il y a des choses qui peuvent être faites, mais pour l’instant il n’y a eu aucune requête adressée (au gouvernement) et par conséquent, il ne faut pas spéculer », a-t-il noté.
Mais l’ancien secrétaire d’Etat travailliste aux Affaires étrangères Mark Malloch-Brown a souhaité que la Grande-Bretagne emboîte le pas à la Suisse et gèle les « comptes suspects » en Grande-Bretagne.
« Il serait prudent de geler les comptes suspects ici car il faudra du temps au nouveau gouvernement (égyptien) pour faire une requête en justice », a-t-il déclaré sur la BBC1.
« Cela serait vraiment navrant que l’argent soit parti au moment où cette demande est faite. Je pense qu’il serait bien pour la réputation de la City (la place financière) de Londres que ces comptes soient gelés maintenant », a-t-il relevé.
L’association britannique « Stop the war Coalition » a également réclamé dimanche « un gel des avoirs de Moubarak au Royaume Uni ».
Interrogé par le Sunday Times, le directeur du service chargé de la lutte contre la fraude en Grande-Bretagne, Richard Alderman, a indiqué que ses équipes s’étaient déjà lancées à la recherche d’éventuels avoirs de Moubarak et de l’ancien président tunisien déchu Ben Ali.
« Les gens attendent de nous que nous cherchions cet argent si nous avons des informations et que nous essayions de le rendre aux peuples de ces pays », a-t-il expliqué dans le journal.
LONDRES, 13 fév 2011 (AFP) –
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