Les réformes proposées par le régime du président égyptien Hosni Moubarak afin de sortir de la crise politique qui secoue le pays sont insuffisantes, ont jugé dimanche les Frères musulmans, première force d’opposition en Egypte.
Le projet de créer un comité comprenant le pouvoir en place et des opposants pour préparer des réformes constitutionnelles est « insuffisant, » a déclaré Mohamed Mursi, haut responsable des Frères musulmans, lors d’une conférence de presse.
Les participants au dialogue entre le régime et l’opposition, incluant les Frères musulmans –le premier contact public entre le pouvoir et la confrérie en plus de 50 ans– ont convenu dimanche de créer un comité pour préparer des amendements à la Constitution d’ici la première semaine de mars, selon le porte-parole du gouvernement Magdi Radi.
D’après M. Radi, les participants se sont mis d’accord sur « une transition pacifique du pouvoir basée sur la Constitution ».
Un communiqué lu par M. Radi propose la levée des restrictions imposées aux médias, l’ouverture d’un bureau destiné à recevoir les plaintes concernant les prisonniers politiques et le rejet de « toute ingérence étrangère dans les affaires égyptiennes ».
« Ce communiqué est insuffisant », a déclaré M. Mursi. « Les demandes sont toujours les mêmes. Ils (le gouvernement) n’ont pas répondu à la majorité des demandes, ils n’ont répondu qu’à certaines, et de manière superficielle », a précisé Essam al-Aryane, un autre haut responsable de la confrérie.
« C’est le début d’un dialogue pour évaluer le sérieux de ceux qui gèrent la crise », a dit M. Mursi laissant entendre que la confrérie poursuivrait le dialogue.
« Ce qui s’est passé aujourd’hui n’est qu’une étape sur un long chemin (qui doit être parcouru) en un court laps de temps », a renchéri M. al-Aryane, en référence à l’échéance de la présidentielle prévue en septembre et avant laquelle l’opposition exige des réformes.
« Nous sommes devant une nouvelle réalité, le régime est tombé, et c’est pourquoi on est allé au dialogue », a justifié M. Mursi.
La confrérie, qui avait d’abord fait du départ de M. Moubarak une condition au dialogue, a affirmé vouloir « faire parvenir directement les revendications (du peuple) pour que l’on puisse tester le sérieux » des dirigeants, dans un communiqué publié quelques heures après la réunion.
Selon ce communiqué, il a notamment été convenu lors de la réunion que la révolte lancée le 25 janvier est « un mouvement national et honorable », que « manifester pacifiquement et à tout moment est un droit pour exprimer des revendications et opinions ».
Il a été également décidé de « lever l’état d’urgence dès que l’état de la sécurité se sera amélioré et avant la tenue de toute élection », « la poursuite des corrompus, l’ouverture d’une enquête sur les responsables du chaos sécuritaire, des commanditaires et des auteurs des tirs sur les jeunes et leur jugement immédiat ».
Le communiqué a par ailleurs fait état de « divergences d’opinion à propos du reste des revendications du peuple », sans préciser lesquelles.
« Nous sommes entrés dans ce dialogue sur un pied d’égalité avec l’autre partie », le pouvoir, « et les manifestations se poursuivront jusqu’à ce que les demandes soient satisfaites », a prévenu la confrérie.
« Toutes les accusations (du régime) contre la confrérie sont tombées après que Omar Souleimane a reçu les Frères avec les autres forces politiques aujourd’hui », a de son côté affirmé M. al-Aryane, qui a tenu à saluer « l’armée, qui n’intervient pas en politique et protège le peuple ».
LE CAIRE, 6 fév 2011 (AFP) –
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