Le président américain Barack Obama a réuni samedi son équipe de sécurité nationale pour faire le point sur la situation en Egypte et exhorté à nouveau le pouvoir à mettre en oeuvre des réformes et à faire preuve de « retenue » envers les manifestants, a indiqué la Maison Blanche.
Outre le président américain, la réunion d’une heure a rassemblé le vice-président Joe Biden, le conseiller pour la sécurité nationale de Barack Obama, Tom Donilon, et de hauts responsables chargés de questions de sécurité et d’affaires étrangères, a précisé la Maison Blanche dans un communiqué.
« Le président a été informé des derniers évolutions de la situation en Egypte », a ajouté la Maison Blanche.
M. Obama a réitéré « l’opposition (des Etats-Unis) à la violence » et a renouvelé son appel « à la retenue, à soutenir les droits universels, et à soutenir des mesures concrètes qui feront avancer les réformes politiques en Egypte », a dit la présidence américaine.
La Maison Blanche n’a pas formellement réagi à la nomination par le président Hosni Moubarak d’un nouveau Premier ministre, et, pour la première fois en 29 ans de règne, d’un vice-président, le chef des Renseignements Omar Souleimane.
Alors que Barack Obama faisait le point sur la crise dans le pays qui est le principal allié de Washington dans la région, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant la Maison Blanche, chantant « Moubarak doit partir ».
L’ambassadeur américain au Caire Margaret Scobey a fait dans la matinée un premier compte-rendu de la situation à plusieurs hauts-responsables de l’administration Obama, parmi lesquels la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, Tom Donilon, et les patrons du renseignement américain.
Dans la matinée également, le porte-parole du département d’Etat Philip Cowley a lui aussi réaffirmé la position américaine visant à convaincre le pouvoir en place de mettre en oeuvre des réformes et d’éviter un bain de sang.
« Avec les manifestants encore dans les rues en Egypte, nous sommes inquiets des risques de violences et appelons à nouveau toutes les parties à la retenue », a-t-il affirmé sur le réseau social Twitter.
Selon M. Crowley, Hosni Moubarak ne peut remanier le gouvernement et « rester inflexible ».
« Les promesses de réforme du président Moubarak doivent être suivies d’effets », a-t-il ajouté, reprenant la mise en garde formulée vendredi par Barack Obama après s’être entretenu une demi-heure par téléphone avec le président égyptien.
Les Etats-Unis laissent planer la menace d’une remise en cause de l’aide apportée à l’Egypte.
« Nous réexaminerons notre assistance (à l’Egypte) en fonction des événements qui auront lieu dans les prochains jours », a prévenu vendredi Robert Gibbs, le porte-parole de la Maison Blanche.
L’armée égyptienne, épine dorsale du régime appelée en renfort par Hosni Moubarak pour venir en aide à une police dépassée par les événements, a bénéficié l’an dernier de subventions américaines à hauteur de 1,3 milliard de dollars.
Des dizaines de milliers d’Egyptiens sont à nouveau descendus samedi dans les rues de nombreuses villes du pays, où des affrontements avec les forces de l’ordre ont provoqué la mort de plusieurs dizaines de personnes et blessé des milliers d’autres.
WASHINGTON, 29 jan 2011 (AFP) –
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