IRAK
Les jihadistes s’emparent de Sinjar et jette des milliers de personnes sur les routes.
Le différentiel logistique est en partie dû aux armes américaines saisies par l’Etat Islamique, alors qu’Obama semble avoir mis du temps avant d’équiper les Peshmergas kurdes en conséquence. Aux dernières nouvelles, ce serait choses faites et les Kurdes sont sur le point de passer de la défensive à l’offensive.
Des jihadistes de l’Etat islamique (EI, ex-Daech) se sont emparés dimanche de la ville irakienne de Sinjar, jetant sur les routes jusqu’à 200.000 personnes, selon l’ONU, et infligeant aux forces kurdes leur deuxième revers en deux jours.
La prise de Sinjar, à 50 km de la frontière syrienne, constitue une nouvelle victoire pour les jihadistes qui ont proclamé fin juin un « califat » à cheval sur l’Irak et la Syrie, après s’être emparés d’importants pans de territoires. Elle provoque une vive inquiétude quant au sort des minorités que la ville abrite.
« Les peshmergas (combattants kurdes) se sont retirés de Sinjar, l’EIIL est entré dans la ville », a expliqué à l’AFP Kheir Sinjari, un responsable de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), en désignant l’EI par son ancien acronyme. « Ils ont hissé leur drapeau sur les bâtiments gouvernementaux ».
« Les peshmergas se sont repliés dans les zones montagneuses et reçoivent des renforts », a cependant précisé une source haut-placée au sein des forces kurdes.
Située entre la frontière syrienne et Mossoul, Sinjar comptait 310.000 habitants mais accueille aussi des dizaines de milliers de réfugiés ayant fui devant l’avancée des insurgés sunnites ces dernières semaines dans la région. Une partie de ces réfugiés sont des Turcomans chiites.
La ville est aussi le foyer historique des Yazidis, une minorité kurdophone adepte d’une religion pré-islamique en partie issue du zoroastrisme. Les jihadistes les considèrent comme des adorateurs du diable.
« Des milliers de personnes ont déjà fui (Sinjar), certaines en direction des montagnes avoisinantes qui sont toujours sous contrôle kurde, et également en direction de Dohouk », dans la région autonome du Kurdistan irakien, a indiqué un autre responsable de l’UPK. Selon lui, les combattants de l’EI ont détruit peu après leur arrivée dans la ville le sanctuaire de Sayyeda Zeinab, fille de l’imam Ali et figure vénérée de l’islam chiite.
L’EI a pour sa part publié sur internet des photos de ses membres patrouillant dans la rue principale de Sinjar.
« Tragédie humanitaire »
« Une tragédie humanitaire est en train de se dérouler à Sinjar », a déclaré l’émissaire de l’ONU en Irak, Nickolay Mladenov.
Brendan McDonald, un responsable du bureau de l’ONU pour les affaires humanitaires, a pour sa part évoqué des informations signalant jusqu’à 200.000 personnes déplacées. « Il y a un besoin immédiat en eau, en vivres, en abris et en services médicaux », a-t-il insisté.
La prise de Sinjar intervient au lendemain de celle de Zoumar, une autre ville proche de Mossoul d’où l’EI a chassé les forces kurdes, au prix de combats meurtriers.
Les insurgés se sont emparés en même temps de deux champs de pétrole ayant une production totale de 20.000 barils par jour, Ain Zalah et Batma, et d’une petite centrale électrique.
Zoumar comme Sinjar font partie des zones prises par les peshmergas à la faveur du retrait de l’armée irakienne, complètement dépassée au début de l’offensive des insurgés sunnites en juin.
Considérées comme les plus efficaces et les mieux organisées du pays, les forces kurdes sont toutefois sous pression en raison de difficultés financières et du poids que représente la sécurisation d’un territoire élargi de 40%. La région autonome ne touche plus sa part des recettes pétrolières nationales et peine à écouler sa production d’hydrocarbures.
Selon un haut responsable, une délégation kurde est actuellement aux Etats-Unis pour tenter d’obtenir un soutien militaire, ce qui devrait nécessiter en théorie l’accord de Bagdad, où les institutions sont pour l’instant quasi-paralysées.
Après des tractations laborieuses pour élire un président du Parlement sunnite et un président de la République kurde, les élus chiites ont normalement jusqu’au 8 août pour désigner leur candidat au poste de Premier ministre. Le sortant Nouri al-Maliki, dont le bloc est arrivé largement en tête lors des élections d’avril, brigue un troisième mandat mais reste vivement critiqué pour son autoritarisme et son choix de marginaliser la minorité sunnite.
Tout comme les peshmergas, les forces gouvernementales sont à la peine face aux jihadistes. Dans la nuit de vendredi à samedi, au moins 23 soldats ont été tués dans une attaque de l’EI à Jourf al-Sakhr, sur la route reliant les bastions insurgés aux villes saintes chiites au sud de Bagdad.
OLJ/ AFP 03/08/2014
lorientlejour.com Article original

SHANGAL – Les forces kurdes des Peshmergas ont lancé des offensives féroces contre l’armée de l’Etat Islamique à Shangal et Zumar, dans la province de Ninive, diamcnhe, après que ces villes soient tombées entre les mains des combattants jihadistes dans les combats de cette nuit.
On rapporte des combats intensifs à Shangal où les forces kurdes ont lancé
une attaque à partir de quatre directions, contre les Jihadistes, dufait de l’inquiétude pour la population Yezidi majoritaire dans la ville, considérée comme infidèle par les zélotes ultra-intégristes.
Des résidents ont affirmé que deux employés municipaux ont été exécutés par les Jihadistes, qui ont pris plusieurs otages civils dont des mineurs – et on craint qu’ils n’aient été également assassinés.
De très nombreuses forces des Peshmergas se sont précipités dans la bataille et d’uatres renforts supplémentaires seraient en route, selon le ministère de la Défense du Gouvernement Régional du Kurdistan.
Les combats ont suivi une escalade, alors que de nouvelles armes avancées sont parvenues à l’aéroport d’Erbil, dimanche, et les responsables des Peshmergas ont dit attendre les ordres de transformer leurs tactiques défensives et de partir à l’offensive contre l’Etat Islamique.
Au cours d’une évolution importante, qui n’a pas encore été vérifiée par le GRK, les Unités de Protection du Peuple Kurde (YPG) a déclaré que ses forces sont arrivées sur le site pour aider les Peshmergas de la Région du Kurdistan dans leur combat.
Fazil Mirani, un natif de Zumar et l’homme fort du Parti Démocratique du Kurdistan, dominant dans la région, a été déployé dans la zone afin de coordonner les contre-attaques contre les Jihadistes, qui ont conquis la ville stratégique de Mossoul, par une attaque-surprise en juin.
Les résidents Yezidi de la région se sont réunis dimanche – la troisième rencontre en 2 jours – pour organiser la défense de leur ville, selon Saïd Mistro, une personnalité locale p^rédominante, au sein de la commùunauté Yezidie.
« La plupart des jeunes d’ici sont prêts à monter au front et à défier l’EI », selon Misto.
Rudaw a appris que les zones voisines autour de Shangal sont devenues des lignes de front contre l’EI, alors que la population locale a combattu les Jihadistes toute la nuit.
Des témoins oculaires ont déclaré que des affrontements violents se sont déroulés entre les hommes armés locaux etl es islamistes assaillants qui sont parvenus, en définitive à prendre la région, alors que les combattants locaux se repliaient vers des lieux sûrs dans les montagnes environnantes.
Les Yezidis, qui sont des Kurdes, sur le plan ethnique, sont, depuis longtemps la cible de voitures piégées et d’attentats des groupes jihadistes, du fait de leurs croyances religieuses différentes.
Par RUDAW le 3 août, 22h.
rudaw.net Article original
Adaptation : Marc Brzustowski.
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