Isolé et inaudible dans le conflit armé qui oppose Israël au Hamas dans la bande de Gaza, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, partisan d’une solution diplomatique entre les deux parties, apparaît très en retrait depuis juin et le début de la crise.

L’initiative égyptienne de cessez-le-feu n’a pas eu pour effet de le remettre au centre du jeu. Vendredi 18 juillet, le président Abbas a quitté le Caire, pour poursuivre une tournée qui le mènera en Turquie, à Bahreïn et au Qatar. Il cherche à faire pression sur les acteurs régionaux pour qu’ils poussent les mouvements palestiniens à accepter un accord. Sans effet pour l’instant.

« Toute crise à Gaza marginalise Mahmoud Abbas qui se retrouve renvoyé à sa posture de président modéré et à son incapacité à protéger sa population », explique un diplomate occidental. Connu pour sa modération et son rejet de la résistance armée, le président palestinien a adopté un profil bas, condamnant d’abord tout à la fois « l’usage excessif de la force par Israël » et le comportement irresponsable du Hamas. Ses appels répétés à la désescalade n’ont eu aucun effet sur le Hamas, tout en renforçant auprès de la population l’aura du mouvement islamiste, champion de la résistance à Israël. Ils n’ont pas eu plus d’effets sur le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, avec qui les relations s’étaient dégradées depuis l’échec en avril des négociations de paix relancées sous l’égide des Etats-Unis.

Face à l’escalade militaire israélienne à Gaza, le président palestinien a ensuite durci le ton, parlant même de « génocide » de la population palestinienne. Tout comme le Hamas, il appelle de ses voeux un accord qui apportera une solution durable au cycle de violences que subit la population de Gaza. « Nous ne voulons pas d’une trêve qui durera quelques mois. Il faut un cessez-le-feu, la levée du siège et un horizon politique, une perspective vers la fin de l’occupation », indique Majed Bamya, conseiller auprès du ministère des affaires étrangères palestinien. « Nous avons démontré notre volonté politique à parvenir à un accord. Il n’y aura pas d’accord si il n’y a pas assez de pressions internationales sur le gouvernement israélien » pour parvenir à une solution politique durable, poursuit-il.

LE MARÉCHAL SISSI, UN PARTENAIRE DE CHOIX

Mais le président Abbas dispose actuellement de peu de leviers pour peser directement sur le cours des événements. En dépit de ce que prévoit l’accord de réconciliation signé le 23 avril entre le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas, l’Autorité palestinienne n’exerce pas son pouvoir sur Gaza. Elle en avait été chassée par la force lors de la prise de pouvoir du Hamas en juin 2007, et elle n’est toujours pas la bienvenue : le ministre de la santé du gouvernement d’union palestinien a ainsi été attaqué cette semaine lors de sa visite dans l’enclave palestinienne. Les relations avec les mouvements de Gaza sont « froides », indique Ala Rimaoui, président du Centre de Jérusalem sur les études palestiniennes et sympathisant du mouvement islamiste. « Ils ne parlent pas de choses stratégiques, d’autant plus qu’Abbas n’a pas fait ce qu’il a promis dans l’accord de réconciliation. On jugera la position d’Abbas à ses déclarations », poursuit-il.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le 6 juillet à Ramallah.

Au Caire, mercredi, le président palestinien a rencontré le numéro deux du bureau politique du Hamas, Moussa Abou Marzouk, et le vice-secrétaire général du Jihad islamique, Ziyad Al-Nakhalah. Ces contacts n’ont pas permis d’infléchir leur position. Mahmoud Abbas se tourne désormais vers les « parrains » du mouvement, la Turquie et le Qatar, pour qu’ils fassent pression en vue d’un accord de cessez-le-feu. Mais sa capacité à influencer les deux puissances régionales semble très limitée. Vendredi, le président palestinien a demandé au ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, lors de leur rencontre à l’aéroport du Caire, d’intercéder auprès d’Ankara et de Doha pour appuyer sa demande.

Le président palestinien s’est en revanche trouvé un partenaire de choix en la personne du maréchal Sissi. En guerre contre le Hamas et les Frères musulmans égyptiens, le président égyptien multiplie les initiatives pour remettre en selle le président de l’Autorité palestinienne.

NE PAS PERDRE LA FACE

Les deux alliés réfléchissent désormais à une proposition commune visant à rouvrir le poste frontière de Rafah, séparant la bande de Gaza de l’Egypte, et à le placer sous la supervision des forces de sécurité palestiniennes et d’observateurs européens, comme le prévoyait un précédent accord conclu en 2005. Un point déterminant pour l’avancée des négociations de cessez-le-feu.

Les forces de l’Autorité pourraient également se déployer le long de la frontière entre l’Egypte et Gaza, sur le couloir de Philadelphie, ainsi qu’au point de passage d’Erez, à la frontière avec Israël.

Cette proposition pourrait à la fois satisfaire Israël et le Hamas, et permettre à chacun de ne pas perdre la face. « Dès lors que la confiance sera rétablie avec Mahmoud Abbas, le Fatah pourra redéployer ses forces de sécurité à Gaza », a indiqué Ala Rimaoui, un sympathisant du mouvement islamiste. Ce serait une victoire pour l’Autorité palestinienne et un premier pas vers la réinstauration de sa souveraineté sur la bande de Gaza.

Nombre d’experts estiment que le Hamas ne s’opposerait pas à ce que l’Autorité reprenne le pouvoir politique sur la bande de Gaza. Il pourrait même avoir tout intérêt à la laisser assumer la responsabilité du sort des Gazaouis. Car la situation économique de l’enclave reste dramatique, et plusieurs autres questions urgentes restent en suspens. En particulier le paiement des 40 000 fonctionnaires de la bande de Gaza, qui incombe désormais à l’Autorité palestinienne, et la libération de prisonniers palestiniens par Israël.

Hélène Sallon – Le Monde(Gaza, Envoyée spéciale) Article original

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Richard

Abbas a serre les mauvaises mains du hamas, (comme s’il n’avait jamais fait partie d’une bande d’arabe qui ne veulent pas d’Israel) qu’il aille se torcher maintenant, il aura toujours quelques leches cul venu d’Europe pour faire affaire.

yaakova

Abbas a joué avec le feu, il n’a aujourd’hui que « la monnaie de sa pièce », et ce n’est que justice !!!

Franck92

Pas de quoi parler de peuple pour ce type. C’est un arabe qui revendique la terre d’Israel comme ceux qui vivent en Jordanie mais il habite Ramallah comme beaucoup d’entre eux. Il est soutenu par les pays arabes pour délégitimer Israel et son droit sur sa terre historique.

yaacov

ABAS un imbecile avec une tete d idiot
une pleureuse un rate de la semantique un menteur de premier ordre
degage avec ton peuple tu nous les brises