Les critiques provenant de l’UMP se sont multipliées, ce mercredi matin, après la sortie du ministre de l’Intérieur contre Claude Goasguen, la veille, lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée.Les dirigeants de l’UMP ont affiché ce mercredi matin leur solidarité envers leur collègue Claude Goasguen, après les attaques de Manuel Valls qui a accusé mardi le député de Paris d’avoir appartenu à l’«extrême droite». Tous les élus du groupe ont décidé de boycotter cet après-midi la séance de questions au gouvernement, un acte qui ne s’était produit qu’une seule fois, début 2009, à l’initiative des députés socialistes qui entendaient protester contre la réforme du travail législatif.

«Manuel Valls est un petit monsieur qui fait de la polémique», a estimé l’ancien ministre Laurent Wauquiez sur France 2. «Pour moi, Manuel Valls est une déception. C’était quelqu’un pour lequel j’avais une certaine estime. Je pensais que c’était un grand républicain (…) Pour moi, il n’est pas à la hauteur (…) Il fait du cinéma. Je pense que c’est une vieille manière de faire de la politique», a accusé le député UMP de la Haute-Loire.

L’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin a été plus cinglant encore, lançant sur France Inter: «Par cette brutalité, il a raté la marche de Matignon!». Reconnaissant qu’il y a «une tension très sensible» à l’approche des élections municipales, le sénateur UMP de la Vienne a ajouté:

«Quand on est un homme politique responsable, on ne va pas chercher ce que faisaient les gens à dix-huit ans (…) Aller chercher ce type d’argument, c’est que l’on n’en a pas d’autres». Le vice-président du Sénat a poursuivi: «Le gouvernement est faible, il est à bout de souffle (…) Il y a de la nervosité dans l’air».

Interrogé sur RMC, Claude Goasguen a expliqué que le problème n’était pas que Manuel Valls «fasse des excuses» à l’UMP qui les réclame. Plus généralement, le député UMP de Paris a déclaré: «Depuis plusieurs semaines nous nous apercevons que ces questions au gouvernement ne servent plus à rien parce que le gouvernement ne discute plus (…) Il nous annonce en permanence sur nos questions les mêmes réponses “Tout va bien.

Ce qui va mal, c’est de votre faute ”». Goasguen a nommément cité le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, qui dit «depuis le mois de septembre: les finances vont bien», le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon qui dit «les rythmes scolaires, ca se passe bien», et Manuel Valls qui dit qu’à Nantes, «il n’a pas été plus sévère que dans une Manif pour tous».

«Trop c’est trop. Le gouvernement ne veut plus discuter avec l’opposition alors que c’est son devoir», a déclaré Goasguen, concluant par ces mots: «La majorité se prépare à une grosse défaite aux municipales et peut-être que le prochain gouvernement sera plus ouvert à la discussion».

Sur LCP, le patron des députés UMP, Christian Jacob, a expliqué que «Manuel Valls n’en est pas à son coup d’essai». Le ministre de l’Intérieur, a-t-il rappelé, «s’était tourné vers les députés UMP il y a quelques mois en disant “le terrorisme, c’est vous”». Pour le député-maire de Provins (Seine-et-Marne), «il fallait marquer le coup. On n’est pas là pour se faire insulter (…) C’est un rappel à la dignité du gouvernement (…) Se défausser par des insultes, ce n’est pas acceptable».

Sophie huet/ Le Figaro.fr Article original

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