Le parlement a destitué le président; prochaine élection présidentielle le 25 mai; Timochenko a été libérée.

La flambée de violence, qui a fait près de 80 morts en trois jours, a fait place à un calme tout relatif ce samedi sur le Maïdan, la place de l’Indépendance à Kiev, emblème de la contestation en Ukraine, au lendemain d’un accord de sortie de crise signé par le président ukrainien Viktor Ianoukovitch et les responsables de l’opposition.

Depuis vendredi soir et la signature d’un accord politique avec ses opposants, personne ne savait où se trouvait précisément Viktor Ianoukovitch. La réponse est finalement arrivée : le président ukrainien a quitté la capitale Kiev pour son fief de Kharkiv, dans l’est du pays. Sa collaboratrice l’a annoncé samedi 22 février à la mi-journée. Dans la capitale, les opposants ont investi les principaux lieux de pouvoir. Voici les dernières informations.

Ioulia Timochenko libérée.

L’opposante ukrainienne et ex-premier ministre Ioulia Timochenko, condamnée en 2011 pour abus de pouvoir, est sortie aujourd’hui de l’hôpital pénitentiaire où elle purgeait sa peine, rapporte un photographe de Reuters et des témoins. L’information avait été annoncée plus tôt par le président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma russe, Alexeï Pouchkov. Battue de justesse par Viktor Ianoukovitch à l’élection présidentielle d’avril 2010, Mme Timochenko a salué ses partisans à sa sortie de l’hôpital de Kharkiv, dans le nord-est du pays. Elle se rend à Kiev, place Maïdan.

Les députés destituent le président. Le parlement ukrainien a destitué samedi le président Viktor Ianoukovitch et fixé au 25 mai la tenue de la prochaine élection présidentielle. Les députés de la Rada ont déclaré le chef de l’Etat, qui a quitté Kiev, dans l’incapacité constitutionnelle d’exercer ses fonctions. Ils se sont ensuite levés pour entonner l’hymne national.

Ianoukovitch exclut de démissionner ou de quitter l’Ukraine. Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a annoncé qu’il n’avait pas l’intention de démissionner, dans une allocution télévisée pour une chaîne régionale de Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine russophone, alors que l’Ukraine traverse une crise politique sans précédent.

« Je n’ai pas l’intention de donner ma démission. Je suis un président élu de manière légitime », a déclaré M. Ianoukovitch, que beaucoup donnaient déjà pour partant au cours de la journée de samedi, marquée par la défection de nombreux de ses partisans.

« Ce qui se passe aujourd’hui est du vandalisme, du banditisme, un coup d’Etat », a-t-il lancé.

« Les décisions que prend le Parlement sont illégitimes. Je ne vais rien signer avec les bandits qui terrorisent le pays », a-t-il poursuivi en commentant la série de résolutions votées au cours de la journée par les députés.

Moscou estime que « l’opposition ukrainienne est aux mains des extrêmistes ». L’opposition ukrainienne est aux mains « d’extrémistes armés » et d' »adeptes des pogroms » dont les actes menacent la souveraineté nationale et l’ordre constitutionnel en Ukraine, a affirmé samedi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Le chef de la diplomatie russe reproche notamment à l’opposition ukrainienne de ne pas respecter l’accord signé vendredi avec Viktor Ianoukovitch. M. Lavrov a également demandé à la France, à la Pologne et à l’Allemagne, la troïka européenne qui a servi de médiateur, de faire pression sur l’opposition pour une application immédiate du plan de sortie de crise.

Berlin et Paris appellent les deux camps à respecter l’accord de sortie de crise. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, et son homologue français Laurent Fabius ont appelé samedi le gouvernement et l’opposition en Ukraine à respecter l’accord de sortie de crise, dans deux déclarations distinctes à Berlin et Paris.

Le Parlement vote la libération de Ioulia Timochenko.

Ianoukovitch a quitté Kiev. Contesté depuis trois mois, le président ukrainien a quitté la capitale. L’une des figures de l’opposition, Vitali Klitschko, l’a annoncé devant les députés au parlement. Les opposants ont en outre pu pénétrer dans le siège de la présidence, d’habitude sous très haute protection. Kiev est entièrement contrôlée par les opposants

La police « au côté du peuple ». Fait inédit depuis le début de la crise, le ministère ukrainien de l’Intérieur a exprimé son soutien à un « changement rapide ». Dans un communiqué, il ajoute que la police est « au côté du peuple ».

L’accord politique mal accueilli par les opposants. L’accord conclu vendredi, qui prévoit notamment une élection présidentielle anticipée, a été fraîchement accueillisur la place Maïdan, épicentre de la contestation. Des dizaines de milliers de personnes s’y trouvent toujours, et les barricades continuent à être érigées.

Démission du président du Parlement. Le président du Parlement ukrainien et proche de Ianoukovitch, Volodymyr Rybak, a annoncé samedi matin sa démission. Le bras droit de l’opposante emprisonnée Ioulia Timochenko a été élu pour le remplacer.

i24news.tv Article original

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