Un responsable militaire du principal parti libanais alaouite, la confession du président syrien Bachar el-Assad, a été assassiné jeudi par des hommes armés à Tripoli dans le nord du Liban, a annoncé un responsable de sécurité à l’AFP.

Reprise des affrontements dans la capitale du Liban-Nord.
OLJ/AFP20/02/2014
« Abdel Rahmane Diab, responsable militaire au Parti arabe démocratique (PAD), a été tué par balles jeudi matin par des hommes armés au passage de sa voiture dans un quartier de Tripoli » dans le nord du Liban, selon cette source. Ces hommes encagoulés circulaient à bord d’une moto et ont touché la victime à la tête et à la poitrine. Selon un responsable du Parti arabe démocratique interrogé par l’AFP, Abdel Rahmane Diab, âgé d’une cinquantaine d’années, avait des « responsabilités militaires » au sein de cette formation et il s’apprêtait à se rendre à Beyrouth.
Selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle) et plusieurs médias libanais, Abdel Rahmane Diab est le père de l’un des suspects du double attentat meurtrier contre des mosquées sunnites à Tripoli en août dernier (45 morts). L’attaque avait été suivie d’affrontements meurtriers entre les quartiers historiquement rivaux de Bab el-Tebbané (sunnite et anti-Assad) et Jabal Mohsen (alaouite, et pro-Damas) à Tripoli.
Le chef du PAD, Ali Eid, est accusé d’avoir caché un homme recherché par la justice, dans l’affaire du double attentat contre les deux mosquées à Tripoli. Il a été convoqué plusieurs fois par la justice libanaise. Son fils, Rifaat Eid, secrétaire général du PAD, avait été interrogé en janvier pour avoir proféré des menaces et des insultes contre les services de renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI). Le secrétaire général du PAD s’en était pris violemment aux services de renseignements des FSI, dont il avait légitimé la liquidation physique.
Jeudi matin, les accrochages ont repris entre les deux quartiers après l’assassinat du responsable alaouite. Au moins trois personnes ont été blessées dans les tirs. L’armée a immédiatement bouclé l’autoroute Tripoli-Akkar, cible de tirs de francs-tireurs.
Les écoles de la région ont fermé leurs portes de peur d’une escalade.
Tripoli, la grande ville du nord du Liban, est régulièrement secouée par des violences meurtrières entre partisans et détracteurs du régime syrien. Avant même le conflit syrien, les flambées de violences étaient fréquentes entre les quartiers de Bab el-Tebbaneh et de jabal Mohsen, et ont fait depuis 2008 plus de 200 morts et 3.000 blessés.
Le Liban est profondément divisé sur le conflit syrien, qui a exacerbé les tensions communautaires entre sunnites, emmenés par l’ex-Premier ministre Saad Hariri, et chiites, emmenés par le puissant Hezbollah. Cette division n’a fait que s’aggraver avec la décision de ce mouvement de combattre en Syrie, où il soutient l’armée contre une rébellion en majorité sunnite.
lorientlejour.com Article original
![]() |
![]() |









































